{"id":54854,"date":"2010-11-30T21:22:42","date_gmt":"2010-11-30T20:22:42","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/la-formation-dacteur-est-un-exercice-dhumilite\/54854\/"},"modified":"2010-11-30T21:22:42","modified_gmt":"2010-11-30T20:22:42","slug":"la-formation-dacteur-est-un-exercice-dhumilite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/la-formation-dacteur-est-un-exercice-dhumilite\/54854\/","title":{"rendered":"La formation d\u2019acteur est un exercice d\u2019humilit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_4322\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/20082009_PortraitJulieBrochen_ChristopheUrbain_02HD-2.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4322\" class=\"size-medium wp-image-4322\" title=\"20082009_PortraitJulieBrochen_ChristopheUrbain_02HD (2)\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/20082009_PortraitJulieBrochen_ChristopheUrbain_02HD-2.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\"><\/a><p id=\"caption-attachment-4322\" class=\"wp-caption-text\">Julie Brochen, directrice de l\u2019\u00e9cole d\u2019art dramatique et du Th\u00e9\u00e2tre National de Strasbourg (c) Christophe Urbain<\/p><\/div>\n<p><em>Une interview avec Julie Brochen, directrice de l\u2019\u00e9cole d\u2019art dramatique et du Th\u00e9\u00e2tre National de Strasbourg (TNS).<\/em><\/p>\n<p>Le TNS, le <a title=\"Th\u00e9\u00e2tre National de Strasbourg\" href=\"https:\/\/www.tns.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Th\u00e9\u00e2tre National de Strasbourg<\/a> est un ensemble architectural du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle qui, vu de l\u2019ext\u00e9rieur, semble aust\u00e8re. Vu de l\u2019int\u00e9rieur on s\u2019aper\u00e7oit que cet endroit est parfaitement fonctionnel et plein de vie. C\u2019est le deuxi\u00e8me th\u00e9\u00e2tre le plus important de l\u2019hexagone apr\u00e8s le th\u00e9\u00e2tre national de Paris. Le TNS\u00a0 poss\u00e8de \u00e9galement sa propre \u00e9cole d\u2019art dramatique et sa particularit\u00e9 est d\u2019\u00eatre dirig\u00e9 par une femme\u00a0! <a title=\"Julie Brochen - Wikip\u00e9dia\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Julie_Brochen\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Julie Brochen<\/a> occupe les postes de directrice du th\u00e9\u00e2tre et de son \u00e9cole depuis deux ans et fait un travail en tous points remarquable.<\/p>\n<p>Il existe un ph\u00e9nom\u00e8ne qui s\u2019explique facilement et qui est bien connu\u00a0: l\u2019esprit d\u2019une institution est d\u00e9termin\u00e9 par sa direction. En revanche que cet esprit ait des r\u00e9percussions sur le public, n\u2019est pas toujours le cas. En ce qui concerne le TNS, c\u2019est pourtant ind\u00e9niable.<\/p>\n<p><em>\u00abBien entendu\u00bb,<\/em> comme disait si gentiment Julie Brochen, elle a pris le temps pour cet entretien. On pourrait penser que la directrice s\u2019est install\u00e9e dans un \u00e9norme bureau o\u00f9 il est possible d\u2019organiser des conf\u00e9rences avec un nombre important de personnes. Mais rien de cela. Son bureau ne se trouve pas non plus \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 d\u2019un long couloir qu\u2019il faut traverser respectueusement d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre avant d\u2019atteindre son \u00abantre\u00bb. Son petit bureau, semblable \u00e0 tous les autres, est coinc\u00e9 entre deux autres petits bureaux et ne consiste en rien d\u2019autre qu\u2019une table, deux chaises et une \u00e9tag\u00e8re pleine de livres. Julie Brochen ne ressemble en rien \u00e0 une directrice et elle ne travaille pas non plus dans un bureau de directrice. Mais elle en est une\u00a0! Et on a envie de rajouter\u00a0: une directrice sortie tout droit d\u2019un livre d\u2019images.<\/p>\n<p>D\u2019embl\u00e9e, je lui pose la question si elle dirige sa maison dans un esprit plut\u00f4t amical.<\/p>\n<p><em>\u00abJe l\u2019esp\u00e8re\u00bb<\/em> est la r\u00e9ponse souriante de Julie Brochen.<\/p>\n<p>Quand on assiste aux conf\u00e9rences de presse de la directrice ou quand on \u00e9coute l\u2019un des discours qu\u2019elle prononce dans le cadre de certaines manifestations officielles, on sait et on sent que c\u2019est effectivement le cas. Une autre de mes questions concerne l\u2019amiti\u00e9. J\u2019aimerais savoir si l\u2019amiti\u00e9 a de l\u2019importance pour elle.<\/p>\n<p><em>\u00abBeaucoup\u00bb<\/em> r\u00e9pond-elle au tac au tac. Mais elle relativise rapidement. Elle est parfaitement capable de s\u00e9parer amiti\u00e9 et travail et il arrive parfois que l\u2019un ne soit pas compatible avec l\u2019autre, pr\u00e9cise-t-elle. Elle explique que par le pass\u00e9, elle a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9montr\u00e9 que les limites devaient \u00eatre claires quitte \u00e0 mettre un terme \u00e0 une collaboration. Et s\u2019il fallait, elle recommencerait sans h\u00e9siter. Dans tous les cas, c\u2019est l\u2019un de ses principes fondamentaux.<\/p>\n<p><em>\u00abLes relations que l\u2019on a su cr\u00e9er au cours de sa vie et sur lesquelles on peut compter sont importantes, tr\u00e8s importantes, m\u00eame.\u00bb<\/em> Elle rajoute\u00a0:\u00a0<em>\u00abEn dehors du fait qu\u2019il est difficile de faire du bon travail dans une ambiance conflictuelle.\u00bb<\/em> Que Julie Brochen avoue si ouvertement cette petite faiblesse la rend justement si aimable !<\/p>\n<p>Elle a prouv\u00e9 r\u00e9cemment avec une distribution \u00e9mouvante qu\u2019elle \u00e9tait parfaitement capable de reconna\u00eetre les liens importants pour son entourage. Au cours de la derni\u00e8re saison, Julie Brochen a mis en sc\u00e8ne \u00abLa cerisaie\u00bb de Tchekhov. Elle n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 engager l\u2019octog\u00e9naire Andr\u00e9 Pommarat, le doyen du TNS, qui a pourtant \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 de sa maison-m\u00e8re depuis des ann\u00e9es.\u00a0 Tous ceux qui ont assist\u00e9 \u00e0 cette repr\u00e9sentation ont \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9s par la performance de l\u2019acteur ainsi que par l\u2019id\u00e9e m\u00eame de lui confier ce r\u00f4le.<\/p>\n<p>Une directrice de th\u00e9\u00e2tre, appartenant \u00e0 la jeune g\u00e9n\u00e9ration, qui fait revenir un homme dans un th\u00e9\u00e2tre qu\u2019il a marqu\u00e9 de son empreinte alors qu\u2019elle fr\u00e9quentait encore l\u2019\u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire. Quel geste\u00a0! Quelle poign\u00e9e de main avec le pass\u00e9, une poign\u00e9e de main qui montre le chemin pour l\u2019avenir\u00a0!<\/p>\n<p>Ce qui d\u00e9finit la direction de Julie Brochen, ce qui la distingue aimerais-je savoir\u00a0? Et encore une fois, la r\u00e9ponse ne se fait pas attendre\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00abQue je suis une femme\u00a0!\u00bb <\/em>Voil\u00e0 qui est bien dit\u00a0! Nous sommes en 2010 et on pourrait croire que ce sujet n\u2019a plus lieu d\u2019\u00eatre. Erreur\u00a0!\u00a0 \u00ab\u00a0<em>Je suis la deuxi\u00e8me femme en France \u00e0 qui on a confi\u00e9 un poste de direction dans un th\u00e9\u00e2tre important. Avant moi, ce fut <a title=\"Muriel Mayette - Wikipedia, the free encyclopedia\" href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Muriel_Mayette\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Muriel Mayette<\/a> que l\u2019on a engag\u00e9 pour diriger\u00a0 la Com\u00e9die fran\u00e7aise. Sur un plan national, nous sommes 5 femmes en tout et pour tout. Juste une poign\u00e9e, pas plus. C\u2019est toujours difficile de remplir cette fonction\u00a0: il faut que nous soyons meilleures que les hommes et que nous travaillions plus dur qu\u2019eux. De plus, dans les n\u00e9gociations, notre position est plus difficile. C\u2019est un l\u2019un des aspects de la situation actuelle. L\u2019autre aspect, c\u2019est que j\u2019ai eu ce poste parce que l\u2019\u00e9poque \u00e9tait propice pour cela et parce qu\u2019on souhaitait justement voir une femme occuper ce poste pour des raisons politico-sociales. J\u2019\u00e9tais la seule femme que l\u2019on a pressentie pour cette responsabilit\u00e9, et c\u2019\u00e9tait une chance pour moi. J\u2019en suis parfaitement consciente.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette bipolarit\u00e9 \u2013 avoir conscience qu\u2019\u00eatre femme peut \u00eatre un inconv\u00e9nient et une chance en m\u00eame temps \u2013 fascine Julie Brochen. Cette fascination vaut aussi pour d\u2019autres domaines\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab<em>L\u2019existence de l\u2019\u00e9cole dont je devais assurer la direction, en plus de mon poste de directrice de th\u00e9\u00e2tre, \u00e9tait pour moi tr\u00e8s motivant.<\/em><\/p>\n<p>Enseigner, guider de jeunes gens, les pr\u00e9parer \u00e0 leur avenir professionnel est visiblement quelque chose que la douce Julie Brochen qui d\u00e9borde en m\u00eame temps d\u2019\u00e9nergie adore. Au cours de notre entretien elle y revient r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p><em>\u00abTout ce que nous faisons ici, que ce soit au th\u00e9\u00e2tre ou \u00e0 l\u2019\u00e9cole est li\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre. Les acteurs, les metteurs en sc\u00e8ne, les d\u00e9corateurs\u00a0: ils travaillent tous avec les \u00e9tudiants et vice versa. Les uns enseignent \u00e0 l\u2019\u00e9cole, les autres participent aux diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations. Le travail qui est fait avec les \u00e9tudiants ne cherche pas \u00e0 apporter des r\u00e9ponses. Il faut plut\u00f4t prendre conscience qu\u2019\u00e0 beaucoup de questions il n\u2019y a tout simplement pas de r\u00e9ponse d\u00e9finitive. Justement, confront\u00e9 au caract\u00e8re en devenir d\u2019une jeune personne, \u00e0 son \u00e9volution, on constate, que l\u2019on est amen\u00e9 \u00e0 se poser beaucoup plus de questions que l\u2019on trouve de r\u00e9ponses. Ce qui est la chose la plus importante pour un jeune acteur, c\u2019est de se conna\u00eetre soi-m\u00eame. La formation n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un exercice d\u2019humilit\u00e9. Elle doit inciter \u00e0 chercher et non pas \u00e0 trouver, elle comporte m\u00eame le risque de ne jamais trouver de r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019une ou l\u2019autre question que l\u2019on pourrait se poser. On peut apprendre \u00e0 jouer d\u2019un instrument ou devenir artisan. En revanche, on ne peut apprendre \u00e0 \u00eatre acteur, metteur en sc\u00e8ne ou d\u00e9corateur.\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Voil\u00e0 les paroles prononc\u00e9es par une femme qui dirige l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure d\u2019art dramatique de Strasbourg.<\/p>\n<p>Au cours de notre entretien, elle complimente \u00e0 plusieurs reprises l\u2019un ou l\u2019autre de ses collaborateurs qu\u2019elle consid\u00e8re tous comme exceptionnels, tr\u00e8s comp\u00e9tents et hautement qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p>Julie Brochen accorde beaucoup d\u2019importance \u00e0 la pr\u00e9sence du public allemand. A ses yeux, cette pr\u00e9sence est primordiale pour la ville de Strasbourg et pour son th\u00e9\u00e2tre, m\u00eame si les abonnements des spectateurs allemands ne sont pas si nombreux que cela\u00a0:<em> <\/em><\/p>\n<p><em>\u00abNotre th\u00e9\u00e2tre est g\u00e9ographiquement celui qui est le plus proche de l\u2019Allemagne. Nous sommes \u00e0 la fronti\u00e8re et il est important de franchir cette fronti\u00e8re en permanence. Oui, il faut que nous la c\u00e9l\u00e9brions, m\u00eame\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Faire les choses ensemble, \u00e9changer, d\u00e9passer les fronti\u00e8res, c\u00e9l\u00e9brer la fronti\u00e8re\u00a0! \u00ab\u00a0La c\u00e9l\u00e9bration de la fronti\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0 il est impossible d\u2019exprimer la relation entre deux r\u00e9gions frontali\u00e8res de fa\u00e7on plus po\u00e9tique que cela.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e en tout d\u00e9but de saison, Julie Brochen a franchi les fronti\u00e8res au sens propre du terme: Elle a fait baptiser le lieu de repr\u00e9sentations d\u00e9localis\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre qui se trouve Rue Jacques Kabl\u00e9. Ce lieu, mis \u00e0 disposition aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations d\u2019acteurs porte dor\u00e9navant le nom de <a title=\"Klaus Michael Gr\u00fcber \u2013 Wikipedia\" href=\"https:\/\/de.wikipedia.org\/wiki\/Klaus_Michael_Gr%C3%BCber\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Klaus Michael Gr\u00fcber<\/a>, l\u2019homme de th\u00e9\u00e2tre charismatique allemand. Dans les ann\u00e9es\u00a0 80 et 90, certaines de ses mises en sc\u00e8ne ainsi que ses travaux \u00e0 la Com\u00e9die fran\u00e7aise ont fait grand bruit. Julie Brochen avait tout juste15 ans quand elle a d\u00e9couvert les travaux de Gr\u00fcber.<\/p>\n<p><em>\u00abC\u2019\u00e9tait une sorte de r\u00e9volutionnaire du th\u00e9\u00e2tre qui a \u00e9clair\u00e9 la sc\u00e8ne europ\u00e9enne.\u00bb<\/em> expliquant son point de vue sur le travail de Gr\u00fcber. En donnant son nom \u00e0 ce lieu qu\u2019elle consid\u00e8re comme un lieu de rencontre, elle voulait \u00e9mettre un signal fort.<\/p>\n<p>La soir\u00e9e inaugurale a prouv\u00e9 que ce f\u00fbt effectivement un signal tr\u00e8s fort, puisque les invit\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas les moindres\u00a0: Bruno Ganz, Michel Piccoli, Hanna Schygula, Angela Winkler et Jean Pierre Thibaudat pour ne nommer que quelques-uns uns. Mais il ne faut pas croire qu\u2019on avait d\u00e9roul\u00e9 le tapis rouge pour f\u00eater la participation de ces \u00abpoids lourds\u00bb du monde du th\u00e9\u00e2tre, s\u00fbrement pas\u00a0! On a assist\u00e9 \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie simple au cours de laquelle on s\u2019est souvenu des travaux de Gr\u00fcber et chacun des invit\u00e9s c\u00e9l\u00e8bres a contribu\u00e9 \u00e0 sa fa\u00e7on \u00e0 ce travail de m\u00e9moire\u00a0: Schygula a racont\u00e9 tr\u00e8s simplement comment elle a fait connaissance avec Gr\u00fcber, Angela Winkler a \u00e9voqu\u00e9 un souvenir mis en musique. Bruno Ganz s\u2019est simplement inclin\u00e9 devant ce grand homme de th\u00e9\u00e2tre \u2013 tous les gestes, toutes les performances faisaient passer la personnalit\u00e9 des artistes en arri\u00e8re plan\u00a0; elles avaient comme seul et unique but de c\u00e9l\u00e9brer dignement la m\u00e9moire de Klaus Michael Gr\u00fcber. Une soir\u00e9e touchante, sign\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s personnelle et typique par l\u2019inimitable Julie Brochen. Ce geste a certainement fait r\u00e9aliser aux voisins allemands que le bon th\u00e9\u00e2tre est effectivement capable de franchir les fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>La directrice de th\u00e9\u00e2tre raisonne par p\u00e9riodes de trois ans.<\/p>\n<p>\u00ab<em>A la fin de chaque ann\u00e9e, le programme complet de l\u2019ann\u00e9e suivante est fix\u00e9. En m\u00eame temps il faut tenir compte des concours pour les admissions \u00e0 l\u2019\u00e9cole, qui demandent beaucoup de travail en amont. Chaque saison a en quelque sorte son propre \u00abgo\u00fbt\u00bb, d\u00e9termin\u00e9 par diff\u00e9rents \u00abplats\u00bb. Il faut avoir d\u00e9gust\u00e9 le menu en entier pour \u00eatre capable de juger de sa composition.\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Une jolie m\u00e9taphore de la part de Julie Brochen pour d\u00e9finir le cot\u00e9 unique de chacune des saisons. Ce qui m\u2019emm\u00e8ne tout naturellement \u00e0 se poser la question quant au \u00abgo\u00fbt\u00bb de la saison 2010\/2011.<\/p>\n<p><em>\u00abBonne question\u00a0! Je pense qu\u2019on pourrait dire en r\u00e9sum\u00e9 que nous cherchons la modernit\u00e9 dans le r\u00e9pertoire classique. Je trouve que c\u2019est une erreur de d\u00e9battre autour du vieux et du nouveau. Nous voulons montrer l\u2019actualit\u00e9 et d\u00e9montrer que des pi\u00e8ces historiques connues comportent elles aussi justement cette dimension actuelle. Alain Fran\u00e7on qui met en sc\u00e8ne les trois pi\u00e8ces de Feydeau, va travailler pendant les trois prochaines ann\u00e9es avec les \u00e9l\u00e8ves du groupe 40 qui viennent\u00a0 d\u2019int\u00e9grer l\u2019\u00e9cole. Et bien entendu, il y aura beaucoup d\u2019autres connexions entre les diff\u00e9rentes mises en sc\u00e8ne et l\u2019\u00e9cole.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>J\u2019aimerais savoir ce qui rend le TNS unique par rapport aux autres th\u00e9\u00e2tres\u00a0?<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je crois que le th\u00e9\u00e2tre se distingue non seulement par son pass\u00e9 si important mais aussi par le travail exceptionnel que fournit son \u00e9cole. La moiti\u00e9 de notre public a moins de 26 ans. C\u2019est consid\u00e9rable. Je pense vraiment que le travail que nous faisons ici est un travail d\u2019\u00e9quipe et que chacun y contribue avec beaucoup d\u2019enthousiasme. Que le programme soit tr\u00e8s contrast\u00e9 est \u00e0 mes yeux \u00e9galement tr\u00e8s important, puisque de cette fa\u00e7on tout le monde peut y trouver des sujets qui l\u2019int\u00e9ressent\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Ma derni\u00e8re question concerne d\u2019\u00e9ventuels d\u00e9sirs que Julie Brochen pourrait avoir ou r\u00eaverait pour sa maison. La r\u00e9ponse vient imm\u00e9diatement\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00abBien sur\u00a0! Un budget sans restriction serait fantastique et la possibilit\u00e9 d\u2019avoir notre propre troupe. Un vrai ensemble compos\u00e9 d\u2019au moins 15 personnes, y compris des \u00e9l\u00e8ves issus de notre \u00e9cole. Un ensemble qui pourrait \u00eatre dirig\u00e9 par diff\u00e9rents metteurs en sc\u00e8ne et non pas uniquement par moi-m\u00eame.\u00bb <\/em> Et apr\u00e8s un tout petit moment de r\u00e9flexion elle rajoute en riant mais de fa\u00e7on d\u00e9termin\u00e9e\u00a0:<em> <\/em><\/p>\n<p><em>\u00abC\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cela\u00a0 que je suis l\u00e0\u00a0!\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une interview avec Julie Brochen, directrice de l\u2019\u00e9cole d\u2019art dramatique et du Th\u00e9\u00e2tre National de Strasbourg (TNS). Le TNS, le Th\u00e9\u00e2tre National de Strasbourg est un ensemble architectural du 19e si\u00e8cle qui, vu de l\u2019ext\u00e9rieur, semble aust\u00e8re. Vu de l\u2019int\u00e9rieur on s\u2019aper\u00e7oit que cet endroit est parfaitement fonctionnel et plein de vie. 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