{"id":54826,"date":"2010-11-12T17:08:48","date_gmt":"2010-11-12T16:08:48","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/yuri-simonov-et-lops-hissent-les-voiles-dans-des-eaux-tranquilles\/54826\/"},"modified":"2010-11-12T17:08:48","modified_gmt":"2010-11-12T16:08:48","slug":"yuri-simonov-et-lops-hissent-les-voiles-dans-des-eaux-tranquilles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/yuri-simonov-et-lops-hissent-les-voiles-dans-des-eaux-tranquilles\/54826\/","title":{"rendered":"Yuri Simonov et l\u2019OPS hissent les voiles dans des eaux tranquilles"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_4176\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/FROST_Martin_02%C2%A9Mats-B%C3%A4cker.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4176\" class=\"size-medium wp-image-4176\" title=\"Martin Fr\u00c3\u00b6st Kulturhusets tak , Stockholm 07 stylist: Johanna Leifsdotter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/FROST_Martin_02%C2%A9Mats-B%C3%A4cker.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\"><\/a><p id=\"caption-attachment-4176\" class=\"wp-caption-text\">Martin Fr\u00f6st (c) Mats B\u00e4cker<\/p><\/div>\n<p>Le 10 novembre, la grande fr\u00e9gate \u00abOPS\u00bb a fait une travers\u00e9e tranquille : bon vent, mer calme.<br \/>\nLe capitaine Yuri Simonov tenait la barre d\u2019une main s\u00fbre et \u00e9l\u00e9gante, tout mouvement brusque fut \u00e9vit\u00e9, toute d\u00e9rive impossible. Les \u00eeles visit\u00e9es \u00abNikola\u00ef Rimski-Korsakov\u00bb, \u00abCarl Maria von Weber\u00bb et \u00abAlexander Glazounov\u00bb se pr\u00e9sent\u00e8rent sous leur meilleur jour.<br \/>\nQue l\u2019on puisse r\u00e9sumer un concert de musique classique avec une m\u00e9taphore marine montre une chose : l\u2019infinie richesse des couleurs des \u0153uvres dont les m\u00e9lodies se suivent comme les perles qui forment un collier.<br \/>\nLa suite de l\u2019op\u00e9ra \u00abLe conte du Tsar Saltan\u00bb de Rimski-Korsakov a ouvert la soir\u00e9e. Un morceau plein de contrastes musicaux qui d\u00e9borde litt\u00e9ralement de th\u00e8mes charmants et simples qui flattent l\u2019oreille. Le compositeur a r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9sumer de fa\u00e7on magistrale ce conte qui relate l\u2019histoire d\u2019une pauvre fille paysanne qui attend un enfant du tsar. Ce dernier l\u2019abandonne malgr\u00e9 tout \u00e0 son sort et la pauvrette doit traverser de nombreuses aventures et affronter de grands dangers avant d\u2019\u00eatre sauv\u00e9e.<br \/>\nYuri Simonov qui a remplac\u00e9 Meeme J\u00e4rvi au pied lev\u00e9, a choisi cette \u0153uvre \u00e0 la place d\u2019une composition d\u2019Eduard Tubin, initialement pr\u00e9vue. Simonov a assur\u00e9 la direction de cette \u0153uvre scintillante avec verve, un grand savoir-faire et beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9gance. L\u2019orchestre a interpr\u00e9t\u00e9 l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre avec beaucoup de sensibilit\u00e9: aussi bien les passages lyriques que les grands arcs de tension du second mouvement ou encore les passages dramatiques qui incit\u00e8rent les instruments \u00e0 cordes \u00e0 se laisser emporter dans des grognements et des hurlements \u00e0 tel point que l\u2019on avait l\u2019impression que \u00abla fr\u00e9gate\u00bb ne tarderait pas \u00e0 s\u2019envoler dans les airs.<br \/>\n\u00abLe vol du bourdon\u00bb, volontiers interpr\u00e9t\u00e9 en version pour solistes de violon et violoncelle, f\u00fbt jou\u00e9 diff\u00e9remment : chez Simonov ces instruments ont \u00e9t\u00e9 mis sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 avec le reste de l\u2019orchestre. Une exp\u00e9rience auditive suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>Ensuite, Martin Fr\u00f6st, l\u2019un des clarinettistes les plus adul\u00e9s du moment, entra en sc\u00e8ne. On peut dire que sa popularit\u00e9 est totalement justifi\u00e9e. Gr\u00e2ce \u00e0 son interpr\u00e9tation du concerto pour clarinette et orchestre op. 1 de Weber, il a prouv\u00e9 une fois de plus que ce sont les jeunes solistes de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration qui \u00abdonnent le \u2018la\u2019 dans le domaine des concertos classiques pour solistes. Profond\u00e9ment li\u00e9 aux musiciens de l\u2019orchestre, par moment totalement tourn\u00e9 vers eux, il a fait na\u00eetre de son instrument des sons tr\u00e8s diff\u00e9renci\u00e9s. Ils furent davantage nourris par de nouvelles techniques que par un jeu historique et statique.<br \/>\nSes pianissimos \u00e9taient chaleureux mais, quand le contexte l\u2019exigeait, ils pouvaient aussi bien \u00eatre empreints d\u2019une sombre complexit\u00e9.<br \/>\nC\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette richesse de nuances qui rend son jeu aussi passionnant. Son costume de sc\u00e8ne \u00e9voqua plut\u00f4t un cowboy chic qu\u2019un soliste de concert et contribua \u00e0 cr\u00e9er un certain d\u00e9calage avec le cot\u00e9 classique de l\u2019interpr\u00e9tation. Lors du 2e mouvement, les cors form\u00e8rent un quartet avec le clarinettiste. (J\u00e9r\u00f4me Hanar, Renaud Leipp et Patrick Cailleiret) Gr\u00e2ce \u00e0 eux, ce passage fut l\u2019un des plus \u00e9mouvants du concert. Pourtant, \u00e0 cet endroit, la moindre impuret\u00e9 d\u2019un son pouvait faire des ravages. Mais il n\u2019en fut rien, loin de l\u00e0 : l\u2019\u00e9cho de cet enchantement \u00e9tait encore perceptible longtemps apr\u00e8s que la derni\u00e8re note fut jou\u00e9e.<br \/>\nLe petit morceau de Kletzmer \u00abLet\u2019s be happy\u00bb que Martin Fr\u00f6st a jou\u00e9 accompagn\u00e9 par l\u2019orchestre en guise de bis est la preuve que le jeune soliste n\u2019a pas de d\u2019id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues concernant les diff\u00e9rents genres musicaux. Le grand jeune homme blond et malicieux \u00e0 la technique \u00e0 couper le souffle a offert \u00e0 profusion des passages vertigineux qui ont d\u00e9chain\u00e9 le public. Ce musicien a d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 et jouera encore dans toutes les grandes salles de concert du monde. Quelle merveille d\u2019avoir pu l\u2019entendre \u00e0 Strasbourg !<\/p>\n<p>La 5e symphonie d\u2019Alexander Glazounov devait clore la soir\u00e9e. Le th\u00e8me \u00e9tait en accord total avec les morceaux qui l\u2019avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Dans ce concert, des moments tout \u00e0 fait dramatiques succ\u00e8dent \u00e0 une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 sans \u00e9gal, une id\u00e9e musicale ravissante chasse l\u2019autre et des m\u00e9lodies harmonieuses font la jonction entre les diff\u00e9rents passages. Le dernier mouvement montre encore plus clairement que les deux pr\u00e9c\u00e9dents que Glazounov a bien v\u00e9cu les 36 derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie au 21e si\u00e8cle. Si vous \u00eates fatigu\u00e9, cette musique remplace avantageusement n\u2019importe quelle tasse de caf\u00e9 cors\u00e9 : la nervosit\u00e9 des instruments \u00e0 cordes, la forte utilisation des instruments \u00e0 vent et des timbales et l\u2019immense bouillonnement qui finit par emporter tout l\u2019orchestre, ne permettent pas \u00e0 la fatigue de s\u2019installer. M\u00eame \u00e0 une heure tardive.<br \/>\nUn programme merveilleusement con\u00e7u, un soliste exceptionnel et une solide direction d\u2019orchestre de la vieille \u00e9cole , c\u2019est un vent qui permet, \u00e0 la plus grande joie du public, de naviguer en toute s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 10 novembre, la grande fr\u00e9gate \u00abOPS\u00bb a fait une travers\u00e9e tranquille : bon vent, mer calme. Le capitaine Yuri Simonov tenait la barre d\u2019une main s\u00fbre et \u00e9l\u00e9gante, tout mouvement brusque fut \u00e9vit\u00e9, toute d\u00e9rive impossible. Les \u00eeles visit\u00e9es \u00abNikola\u00ef Rimski-Korsakov\u00bb, \u00abCarl Maria von Weber\u00bb et \u00abAlexander Glazounov\u00bb se pr\u00e9sent\u00e8rent sous leur meilleur jour. 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