{"id":54778,"date":"2010-10-05T23:06:43","date_gmt":"2010-10-05T21:06:43","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/le-pere-et-que-devient-la-mere\/54778\/"},"modified":"2010-10-05T23:06:43","modified_gmt":"2010-10-05T21:06:43","slug":"le-pere-et-que-devient-la-mere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/le-pere-et-que-devient-la-mere\/54778\/","title":{"rendered":"Le p\u00e8re, et que devient la m\u00e8re ?"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3900\" style=\"width: 209px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Concert-n-%C2%A629-09-%C2%AEPhilippe-Stirnweiss.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3900\" class=\"size-medium wp-image-3900 \" title=\"Concert n-\u00a629 09-\u00aePhilippe Stirnweiss\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Concert-n-%C2%A629-09-%C2%AEPhilippe-Stirnweiss.jpg?resize=199%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"199\" height=\"300\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3900\" class=\"wp-caption-text\">Nicholas Mergenthaler comme le jeune Heiner M\u00fcller au &quot;Le P\u00e8re&quot; (c) Philippe Stirnweiss<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3901\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Concert-n-%C2%A629-21-%C2%AEPhilippe-Stirnweiss.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3901\" class=\"size-medium wp-image-3901 \" title=\"Concert n-\u00a629 21-\u00aePhilippe Stirnweiss\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Concert-n-%C2%A629-21-%C2%AEPhilippe-Stirnweiss.jpg?resize=300%2C199&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"199\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3901\" class=\"wp-caption-text\">&quot;Le P\u00e8re&quot; apr\u00e8s Heiner M\u00fcller (c) Philippe Stirnweiss<\/p><\/div>\n<p>Autant le p\u00e8re en tant que personne est absent dans cette pi\u00e8ce, autant la m\u00e8re, elle, est pr\u00e9sente. Dans cette mise en sc\u00e8ne, son apparition est \u00abtriple\u00bb : Susanne Leitz-Lorey, Raminta Babickaite et Truike van der Poel incarnent le personnage de la m\u00e8re : v\u00eatues de la m\u00eame robe jaune, coiff\u00e9es du m\u00eame bonnet blanc, elles symbolisent le soutien et la protection que M\u00fcller a trouv\u00e9e aupr\u00e8s de sa m\u00e8re tout au long de sa vie. Cette trinit\u00e9, la r\u00e9interpr\u00e9tation d\u2019un des symboles les plus importants de la foi chr\u00e9tienne, accompagne ce fils qui peut \u00e0 tout moment compter sur elle. C\u2019est elle qui cr\u00e9e l\u2019espace n\u00e9cessaire pour qu\u2019il puisse r\u00e9fl\u00e9chir sur son p\u00e8re, cet homme dont il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 vraiment tr\u00e8s proche. Ce sont \u00e9galement des projections freudiennes au meilleur sens du terme. Elle peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e exactement dans ce sens : Intouchable en jupon nuptial blanc et en m\u00eame temps d\u00e9sirable.<br \/>\nLeurs voix respectives, le soprano, le mezzo-soprano et l\u2019alto sont en permanence li\u00e9es les unes aux autres et \u00e9clairent discr\u00e8tement l\u2019action sonore qui est par ailleurs peu accentu\u00e9e. L\u2019utilisation \u00e0 bon escient de l\u2019\u00e9lectronique est la preuve que les compositions de Jarrell sont bel et bien dans l\u2019air du temps. <\/p>\n<p>Quand il \u00e9tait enfant, Heiner M\u00fcller \u00e9tait en col\u00e8re contre son p\u00e8re, car son absence a engendr\u00e9 des privations pour la famille. Plus tard, jeune homme, il a adopt\u00e9 une attitude m\u00e9prisante vis-\u00e0-vis de lui. Quand son p\u00e8re quitta l\u2019Allemagne de l\u2019Est en 1951, l\u2019\u00e9crivain est rest\u00e9. En tant que fonctionnaire, le p\u00e8re de M\u00fcller \u00e9tait en charge du paiement des pensions. Ces montants revenaient en partie \u00e0 des personnes que le fils consid\u00e9rait comme des assassins et qui par cons\u00e9quent \u00e9taient \u00e0 ses yeux indignes de recevoir quoi que ce soit. C\u2019\u00e9tait en quelque sorte une trahison de ses propres id\u00e9aux. <\/p>\n<p>Il a v\u00e9cu la s\u00e9paration d\u2019avec la famille comme une sorte de lib\u00e9ration. Exactement au moment o\u00f9 il a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre ind\u00e9pendant, sa famille a quitt\u00e9 l\u2019Allemagne de l\u2019Est. La derni\u00e8re rencontre que M\u00fcller relate sur sc\u00e8ne, ressemble \u00e0 celle qui a eu lieu en 1934, au camp de concentration Sachsenhausen : A cette \u00e9poque il \u00e9tait s\u00e9par\u00e9 de son p\u00e8re par un grillage. A la fin de la vie de celui-ci, il le voit pale et malade \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u00e0 Charlottenburg  encore une fois \u00e0 distance, isol\u00e9 par une vitre. Une distance qui a parcouru la relation p\u00e8re-fils tout au long de leur vie.<\/p>\n<p>L\u2019ours, la putain, les femmes en jupon blanc aux gants de boxe rouges : tous ces souvenirs proviennent du monde incertain des contes de l\u2019enfance.  Mais ce sont \u00e9galement les perceptions refl\u00e9t\u00e9es des exp\u00e9riences de l\u2019homme. Les femmes sans vie, \u00e9tendues par terre, celles en jupon blanc qui n\u2019ont jamais de vrais rapports avec lui parlent un langage muet mais pourtant tr\u00e8s claire : 4 femmes en tout, avec sa m\u00e8re elles \u00e9taient 5, \u00e9taient \u00e0 ses cot\u00e9s au cours de sa vie. L\u2019une d\u2019elles, l\u2019\u00e9crivain Ingeborg Schwenker, s\u2019est suicid\u00e9e. <\/p>\n<p>La composition de Jarrell rel\u00e8ve d\u2019avantage du th\u00e9\u00e2tre musical que de l\u2019op\u00e9ra. Il vaudrait mieux la d\u00e9finir comme tel pour couper l\u2019herbe sous les pieds des critiques qui manqueraient d\u2019ouverture d\u2019esprit et s\u2019accrocherait \u00e0 une nomenclature encyclop\u00e9dique. Les enregistrements \u00e9lectroniques, soulign\u00e9s par l\u2019ensemble de l\u2019IRCAM de Paris et les brouillards sonores cr\u00e9\u00e9s par \u00ab Les Percussions de Strasbourg \u00bb, ont fait na\u00eetre un espace diffus dans lequel l\u2019action \u00e9tait parfaitement chez elle. Un exemple pour montrer \u00e0 quel point Jarrell sert plut\u00f4t la pi\u00e8ce avec la musique au lieu de la mettre en avant donnant ainsi \u00e0 la parole et aux images de rester ses \u00e9gaux.   <\/p>\n<p>Une \u0153uvre d\u2019art complet qui n\u2019incite pas seulement les \u00e9coliers pr\u00e9sents \u00e0 une r\u00e9flexion plus approfondie.  <\/p>\n<p>\u00ab Le p\u00e8re \u00bb a fait l\u2019objet d\u2019une captation par Arte-live-web et peut \u00eatre visionn\u00e9 pendant les 6 prochains mois.<br \/>\n<br \/>\n<object classid=\"clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000\" codebase=\"https:\/\/download.macromedia.com\/pub\/shockwave\/cabs\/flash\/swflash.cab#version=10,0,0,0\" id=\"playerArteLiveWeb\" width=\"640\" height=\"362\"><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\" \/><param name=\"allowScriptAccess\" value=\"always\" \/><param name=\"quality\" value=\"best\"\/><param name=\"movie\" value=\"https:\/\/liveweb.arte.tv\/flash\/player.swf?eventId=1603&#038;admin=false&#038;mode=prod&#038;priority=one&#038;embed=true\"\/><\/object> <\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autant le p\u00e8re en tant que personne est absent dans cette pi\u00e8ce, autant la m\u00e8re, elle, est pr\u00e9sente. 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