{"id":54766,"date":"2010-10-04T01:18:07","date_gmt":"2010-10-03T23:18:07","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/xenakis-energie-pure\/54766\/"},"modified":"2010-10-04T01:18:07","modified_gmt":"2010-10-03T23:18:07","slug":"xenakis-energie-pure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/xenakis-energie-pure\/54766\/","title":{"rendered":"Xenakis = \u00e9nergie pure"},"content":{"rendered":"<p><strong>Konzert Xenakis #4<\/strong><br \/>\n<div id=\"attachment_3874\" style=\"width: 232px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/1Xenakis9GilbertRancy-2.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3874\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/1Xenakis9GilbertRancy-2.jpg?resize=222%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"1Xenakis9GilbertRancy\" width=\"222\" height=\"300\" class=\"size-medium wp-image-3874\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3874\" class=\"wp-caption-text\">Le compositeur Iannis Xenakis (c) Gilbert Rancy<\/p><\/div><br \/>\nConcert Xenakis # 4<\/p>\n<p>Le concert du 2 octobre, le dernier de trois concerts jou\u00e9s dans le cadre du Festival Musica \u00e0 Strasbourg \u00e9tait, comme l\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 les deux pr\u00e9c\u00e9dents, enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Iannis Xenakis. Gr\u00e2ce \u00e0 une distribution de premier ordre &#8211; Les Percussions de Strasbourg , la Philharmonie de Bruxelles, l\u2019Orchestre Flamand, le Ch\u0153ur de la Radio Flamande et le Ch\u0153ur de la Radio Lettonne &#8211; cette soir\u00e9e fut l\u2019un des points culminants du festival.<\/p>\n<p>Imm\u00e9diatement en d\u00e9but de soir\u00e9e, les 6 percussionnistes strasbourgeois -dont 2 femmes- ont prouv\u00e9 qu\u2019Iannis Xenakis savait orchestrer leurs instruments de fa\u00e7on \u00e0 cr\u00e9er tout un concert. \u00ab Persephassa \u00bb, \u00e9crite en 1969, fait allusion \u00e0 Pers\u00e9phone, la reine des morts qui est la fille magnifique de Zeus et D\u00e9m\u00e9ter. Xenakis plonge le public, fort de ce savoir, dans un spectre sonore rythmique qui joue avec le temps et l\u2019espace. Les 6 musiciens \u00e9taient plac\u00e9s de telle sorte qu\u2019ils encerclaient pratiquement leur public. Le r\u00e9sultat \u00e9tait \u00e9tonnant : du Dolby-Surround cr\u00e9\u00e9 en direct. En particulier les passages qui parcouraient tour \u00e0 tour toutes les unit\u00e9s de percussion, offraient une exp\u00e9rience auditive tridimensionnelle au public.  Les coups \u00abuni sonos\u00bb faisaient penser \u00e0 des coups de fusil. Ils \u00e9taient en opposition totale avec les passages aux petits sons de clochette, qui pourtant faisaient monter la tension encore davantage. Apr\u00e8s ces sonorit\u00e9s tendres, une longue pause permet de donner libre cours aux r\u00e9flexions sur la notion de temps. Xenakis utilise les cuivres, les timbales et les grandes caisses, des wood blocks, des carillons et des maracas: dans cette \u0153uvre, le compositeur \u00ab n\u2019\u00e9pargne \u00bb pratiquement aucun instrument rythmique.  La densit\u00e9 et la couleur du son changent en permanence, elles sont totalement contrast\u00e9es ou alors se compl\u00e8tent harmonieusement. A l\u00e0 fin de cette exp\u00e9rience sonore de 35 minutes arrive le final qui fait sonner tout ce qui peut \u00e9mettre un son: le volume se situait tout juste en dessous du seuil de la douleur. Le tout r\u00e9sonnait dans les oreilles jusqu\u2019\u00e0 ce que les applaudissements, en cr\u00e9ant un spectre sonore totalement diff\u00e9rent, prennent la rel\u00e8ve.<br \/>\n<br \/>\n<div id=\"attachment_3872\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/MADGE_1%C2%A9Muller.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3872\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/MADGE_1%C2%A9Muller.jpg?resize=200%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"MADGE_1\u00c2\u00a9Muller\" width=\"200\" height=\"300\" class=\"size-medium wp-image-3872\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3872\" class=\"wp-caption-text\">Le pianiste Geoffrey Madge (c) Muller<\/p><\/div><br \/>\nLe deuxi\u00e8me concert de la soir\u00e9e, \u00ab Synaphai \u00bb, un concerto pour piano et orchestre, regorgeait de la m\u00eame \u00e9nergie. Geoffrey Madge, sous la direction de Michel Tabachnik, \u00e9tait au piano. Il a jou\u00e9, comme si sa vie en d\u00e9pendait. Cette part extr\u00eamement difficile demande au pianiste non seulement  un savoir-faire et une technique hors pair, mais exige aussi pers\u00e9v\u00e9rance et puissance. Maintenir la cadence et la densit\u00e9 sonore pendant les passages qui secouent et bousculent, assurer leurs mouvements oppos\u00e9s ou parall\u00e8les qui durent de longues minutes est un exercice comparable \u00e0 ceux que l\u2019on fait dans une salle de musculation. Le pianiste originaire d\u2019Australie a travaill\u00e9 pendant tr\u00e8s longtemps avec Xenakis en personne. Une collaboration qui garantit d\u2019une certaine fa\u00e7on l\u2019authenticit\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation. Pendant de tr\u00e8s longs passages, le piano s\u2019est int\u00e9gr\u00e9 tout naturellement dans les ph\u00e9nom\u00e8nes sonores de l\u2019orchestre. Il y a  m\u00eame partiellement disparu, pour revenir ensuite et se voir attribuer encore une fois une part exceptionnelle, virtuose.<\/p>\n<p>Michel Tabachnik \u00e9tait l\u2019un des interpr\u00e8tes favoris de Xenakis. Tabachnik s\u2019est av\u00e9r\u00e9 un chef orchestre exceptionnel, dans tous les concerts jou\u00e9s au cours de cette soir\u00e9e. Ses entr\u00e9es justes ajout\u00e9es \u00e0 une \u00e9nergie d\u00e9bordante ont permis une transposition 1:1 des \u0153uvres dirig\u00e9es. Des nuages de sons, des bruissements et des roulis, des \u00e9l\u00e9ments de composition parfois compr\u00e9hensibles, parfois inexplicables ont fait de Synaphai une v\u00e9ritable aventure.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019entre-acte, la soir\u00e9e continuait avec \u00ab Metastaseis \u00bb et \u00ab Cendr\u00e9es \u00bb, des \u0153uvres annonc\u00e9es dans le programme comme embl\u00e9matiques. Metastaseis est une \u0153uvre d\u00e9bordante pendant laquelle aucun des musiciens ne joue la m\u00eame part que son coll\u00e8gue : Un monde sonore  hypertrophi\u00e9, ind\u00e9chiffrable et imp\u00e9n\u00e9trable est peupl\u00e9 par des accumulations et des nuages. Ce monde est furtivement accentu\u00e9 par un quartet d\u2019instruments \u00e0 cordes, qui finit par \u00eatre absorb\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 par les autres instruments. Ce morceau passe pour \u00eatre la premi\u00e8re \u0153uvre pour orchestre de Xenakis. En comparaison avec les autres, elle est avec sa dur\u00e9e de 7 minutes plut\u00f4t courte.<\/p>\n<p>En revanche \u00ab Cendr\u00e9es \u00bb, l\u2019\u0153uvre pour ch\u0153ur et orchestre<br \/>\ncens\u00e9e clore cette soir\u00e9e, a atteint avec ses 25 minutes une dur\u00e9e \u00e0 la hauteur de sa dimension sonore. Apr\u00e8s les glissandi montants des violons et les violoncelles d\u00e9croissant si typiques pour Xenakis, se font entendre une \u00e0 une les voix du ch\u0153ur. On comprend tr\u00e8s vite que Xenakis ne cherche pas \u00e0 utiliser la voix humaine mais qu\u2019il la d\u00e9finit comme quelque chose de diff\u00e9rent, presque d\u00e9shumanis\u00e9, quelque chose qui forme une part oppos\u00e9e \u00e0 l\u2019orchestre tout en \u00e9tant son \u00e9gal.<br \/>\nL\u2019\u0153uvre ne comporte pas de rep\u00e8res m\u00e9lodiques, ce qui pr\u00e9sente pour les chanteuses et chanteurs une difficult\u00e9 majeure. Tous disposent d\u2019un diapason qui leur permet de trouver le ton juste pendant la repr\u00e9sentation. Des vagues sonores de taille in\u00e9gale, \u00e9galement une caract\u00e9ristique de l\u2019\u0153uvre de Xenakis, donnent l\u2019impression d\u2019une musique abstraite. Le solo d\u2019une fl\u00fbte traversi\u00e8re est suivi de fa\u00e7on impr\u00e9visible par un duo, auquel viennent s\u2019ajouter des instruments \u00e0 vent. A peine a-t-on l\u2019impression d\u2019avoir d\u00e9cel\u00e9 la structure, le ch\u0153ur se d\u00e9cha\u00eene \u00e0 nouveau avec une force quasi brachiale. A ce moment pr\u00e9cis, plus aucun doute ne subsiste, c\u2019est clair comme de l\u2019eau de roche: L\u2019\u00e9quation pour la musique de Xenakis est : l\u2019\u00e9nergie pure !<br \/>\nLes passages qui glissent vers le piano sont l\u00e0 pour que chacun puisse reprendre son souffle et que tout reparte encore plus fort !<\/p>\n<p>C\u2019est une excursion dans un univers de sons unique dans la sc\u00e8ne musicale du 20e si\u00e8cle. Et ces quelques rares occasions qui permettent d\u2019y participer sont encore et toujours des exp\u00e9riences fascinantes.<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n<p>[:]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Konzert Xenakis #4 Concert Xenakis # 4 Le concert du 2 octobre, le dernier de trois concerts jou\u00e9s dans le cadre du Festival Musica \u00e0 Strasbourg \u00e9tait, comme l\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 les deux pr\u00e9c\u00e9dents, enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Iannis Xenakis. 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