{"id":54750,"date":"2010-09-29T16:41:39","date_gmt":"2010-09-29T14:41:39","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/ictus-dans-livresse-du-son\/54750\/"},"modified":"2010-09-29T16:41:39","modified_gmt":"2010-09-29T14:41:39","slug":"ictus-dans-livresse-du-son","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/ictus-dans-livresse-du-son\/54750\/","title":{"rendered":"Ictus dans l\u2019ivresse du son"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3799\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/09\/Concert-n%C2%B013-04%C2%A9Philippe-Stirnweiss.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3799\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/09\/Concert-n%C2%B013-04%C2%A9Philippe-Stirnweiss.jpg?resize=300%2C199&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"Concert-n\u00b013-04\u00a9Philippe-Stirnweiss\" width=\"300\" height=\"199\" class=\"size-medium wp-image-3799\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3799\" class=\"wp-caption-text\">L\u00b4ensemble belge Ictus au Festival Musica (c) Philippe Stirnweiss<\/p><\/div>\n<p>Le 13e concert dans le cadre du Festival Musica \u00e9tait d\u00e9di\u00e9 \u00e0 deux g\u00e9n\u00e9rations de compositeurs. Ench\u00e2ss\u00e9e entre une \u0153uvre de Yann Robin (n\u00e9 en 1974) et une autre de Rapha\u00ebl Cendo (n\u00e9 en 1975), on a pu entendre la passionnante repr\u00e9sentation du \u00ab Concerto pour un piano-espace n\u00b0 2 \u00bb de Micha\u00ebl Levinas (n\u00e9 en 1949).  <\/p>\n<p>Cette \u0153uvre, retravaill\u00e9e en 2010, est bas\u00e9e sur un concert de 1980. C\u2019est un travail sur la d\u00e9formation \u00e9lectronique des sons des diff\u00e9rents instruments. Le piano, d\u2019une r\u00e9sonnance exceptionnelle, y occupe une place de premier ordre. Dans cette nouvelle mouture, dans laquelle le  part du piano a \u00e9t\u00e9 totalement revu, Levinas a mis \u00e0 profit ses exp\u00e9riences acquises lors de ses derni\u00e8res compositions ainsi que les moyens digitaux sans lesquels la cr\u00e9ation du spectre du son, comme il est pr\u00e9sent\u00e9 aujourd\u2019hui, n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 possible.<br \/>\nC\u2019est un bon exemple pour d\u00e9montrer \u00e0 quel point la technique intervient dans les sch\u00e9mas de composition des compositeurs contemporains et les influence. En plus de cette r\u00e9sonnance cr\u00e9\u00e9e \u00e9lectroniquement, l\u2019artiste utilise simultan\u00e9ment un \u00e9cho, un huiti\u00e8me de ton au dessus. Le son qui en r\u00e9sulte est comme flou et fait penser \u00e0 un piano mal accord\u00e9 dans un espace vide. Ceci  d\u00e9clenche  d\u2019innombrables images dans les t\u00eates du public. <\/p>\n<p>Il faut ajouter \u00e0 cela que Levinas travaille avec des m\u00e9lodies qui entrent facilement dans les oreilles et les souvenirs. Il en r\u00e9sulte un concert qui semble provenir d\u2019un espace temps diff\u00e9rent : des sons scintillants, cr\u00e9\u00e9s avec des fl\u00fbtes, des lignes de ton qui vont en montant et en descendant et le rajout \u00e9lectronique de sensations sonores, comme par exemple le bruit de la pluie battante \u2013 le paroxysme d\u2019une jouissance aussi vari\u00e9e qu\u2019esth\u00e9tique.<\/p>\n<p>La construction sonore complexe de cette \u0153uvre \u00e9tait d\u2019autant plus frappante, que juste avant elle, on pouvait entendre le \u00ab Chants contre champs \u00bb de Yann Robin. Ecrite pour cor anglais, tuba et clarinette-contrebasse, la composition laissait libre cours \u00e0 l\u2019expression musicale des instruments sans avoir recours \u00e0 la d\u00e9formation \u00e9lectronique.  Le principe d\u2019entrelacer les diff\u00e9rentes voix entre elles, de cr\u00e9er des rapports entre elles, de les faire monter par une sorte de surench\u00e8re entre elles pour les faire descendre ensuite, c\u2019est un principe que l\u2019on trouve \u00e9galement chez Levinas. Mais Robin l\u2019a \u00e9largi \u00e0 une dimension quasi-psychologique : les interd\u00e9pendances porteuses de hauteurs comme de profondeurs clairement audibles dans son \u0153uvre et qui sont \u00e0 l\u2019origine de sa particularit\u00e9, valent \u00e9galement pour les relations humaines.<\/p>\n<p>Le dernier morceau, \u00ab Introduction aux t\u00e9n\u00e8bres \u00bb de Rapha\u00ebl Cendo \u00e9tait une sorte d\u2019entrelacs des exp\u00e9riences auditives d\u00e9crites pr\u00e9c\u00e9demment. Tout y \u00e9tait : aussi bien la d\u00e9formation des sons, que l\u2019exp\u00e9rience sonore directe qui, \u00e0 travers une voix chant\u00e9e et narratrice, a fait de l\u2019effet aupr\u00e8s du public.<br \/>\nUne interpr\u00e9tation furieuse de cette ambiance de fin du monde qui s\u2019appuie sur 3 passages de l\u2019apocalypse d\u2019apr\u00e8s Jean. Elle \u00e9tait propos\u00e9e par Ictus, un ensemble belge qui se voue \u00e0 la musique contemporaine.<\/p>\n<p>Comme l\u2019a constat\u00e9 le directeur du festival, Dominique Marco, cette composition contemporaine \u00e9tait v\u00e9ritablement une \u0153uvre pour les oreilles ET les yeux. La d\u00e9formation \u00e9lectronique rendait parfois l\u2019identification des instruments impossible et les visiteuses et visiteurs du concert devaient rep\u00e9rer visuellement les instruments \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation des diff\u00e9rentes structures sonores. <\/p>\n<p>L\u2019ambiance de fin du monde \u00e9voqu\u00e9e dans cette \u0153uvre par Cendo \u00e9tait, comme son exemple litt\u00e9raire, tr\u00e8s structur\u00e9e.<br \/>\nA aucun moment, George-Elie Octors qui a dirig\u00e9 l\u2019ensemble, n\u2019a laiss\u00e9 \u00e9chapper le rythme impos\u00e9 : Le baryton croass\u00e9, gargaris\u00e9, hurl\u00e9 et press\u00e9 de Romain Bischoff a fait frissonner l\u2019auditoire. Dans le troisi\u00e8me mouvement, l\u2019illustration de la b\u00eate f\u00e9roce par Cendo \u00e9tait plus que r\u00e9ussie. Les hurlements de dragon de cette cr\u00e9ature, un croisement entre panth\u00e8re, ours et lion se rependaient dans la salle de telle mani\u00e8re qu\u2019aucune fuite ne paraissait possible. <\/p>\n<p>Tout comme Bach, Cendo met dans sa technique de composition les mots importants du texte en exergue, de sorte que \u00ab bestiam \u00bb \u00e9tait plus d\u2019une fois tr\u00e8s distinctement audible, aussi bien que le chiffre 666, attribu\u00e9 au diable.<br \/>\nCette \u0153uvre montre clairement \u00e0 quel point Cendo se situe dans le contexte historico-musical qui ne se contente pas uniquement d\u2019un certain choix de texte. Ses allusions \u00e0 l\u2019histoire de la musique sont plut\u00f4t une prise de position vivante de son propre point de vue. Il se pr\u00e9sente donc comme un compositeur qui utilise les moyens modernes \u00e0 sa disposition pour rompre avec les traditions. Mais on ne peut rompre avec les traditions qu\u2019\u00e0 la seule condition d\u2019en \u00eatre conscient &#8211; il en a fait la d\u00e9monstration magistrale !  <\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 13e concert dans le cadre du Festival Musica \u00e9tait d\u00e9di\u00e9 \u00e0 deux g\u00e9n\u00e9rations de compositeurs. 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