{"id":54721,"date":"2010-06-29T19:13:20","date_gmt":"2010-06-29T17:13:20","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/le-plus-curieux-des-classiques-a-lopera-national-du-rhin-carmina-burana\/54721\/"},"modified":"2010-06-29T19:13:20","modified_gmt":"2010-06-29T17:13:20","slug":"le-plus-curieux-des-classiques-a-lopera-national-du-rhin-carmina-burana","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/le-plus-curieux-des-classiques-a-lopera-national-du-rhin-carmina-burana\/54721\/","title":{"rendered":"Le plus curieux des classiques \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra National du Rhin : Carmina Burana"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3590\" style=\"width: 228px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/michel_capperon1241525073.gif?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3590\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/michel_capperon1241525073.gif?resize=218%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"michel_capperon1241525073\" width=\"218\" height=\"300\" class=\"size-full wp-image-3590\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3590\" class=\"wp-caption-text\">Michel Capperon (c) ONR<\/p><\/div>\n<p>En juin 1937, les deux premi\u00e8res ont eu lieu \u00e0 six jours d\u2019intervalle: \u00abLulu\u00bb d\u2019Alban Berg et \u00abCarmina burana\u00bb de Carl Orff.  Pourtant \u00abun monde musical\u00bb s\u00e9pare les deux \u0153uvres jou\u00e9es  avec si peu d\u2019intervalle: d\u2019un cot\u00e9, il y a la technique artificielle des 12 sons de Berg, de l\u2019autre, le monde musical tr\u00e8s particulier d\u2019Orff qui touche les c\u0153urs autant que les oreilles. Un monde compos\u00e9 de plusieurs \u00e9l\u00e9ments : des rythmes entra\u00eenants, des m\u00e9lodies simples,  des solos et des passages de ch\u0153urs, le tout employ\u00e9 avec le meilleur effet.<br \/>\nTous les ans, les deux \u0153uvres sont programm\u00e9es un peu partout. Et m\u00eame a posteriori, Alban Berg serait vert de jalousie, s\u2019il savait la popularit\u00e9 que l\u2019\u0153uvre d\u2019Orff a acquise au cours du dernier si\u00e8cle.<br \/>\nUn indicateur tr\u00e8s simple, voir trivial, nous apprend, si une \u0153uvre a r\u00e9ussi dans le monde de la musique \u00e9lectronique, si elle est adopt\u00e9e pour de bon par les oreilles de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation : C\u2019est son utilisation pour le film, la radio et la t\u00e9l\u00e9vision pour le dire d\u2019une fa\u00e7on un peu d\u00e9mod\u00e9e.  Et dans ce domaine, Carmina Burana d\u00e9tient la palme. Que cette \u0153uvre constitue la coulisse sonore pour vanter les \u00abm\u00e9rites\u00bb d\u2019une barre chocolat\u00e9e ou de v\u00e9hicules utilitaires, ou qu\u2019elle accompagne les prestations de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s diverses et vari\u00e9es du monde de la Pop et du sport sur toutes les sc\u00e8nes du monde.<br \/>\nL\u2019\u00e9dition anglaise de Wikipedia cite \u00e0 elle seule 50 utilisations connues du premier th\u00e8me de la composition \u00abO fortuna\u00bb qui sont- en dehors bien s\u00fbr des sc\u00e8nes de concert &#8211; une source de revenus appr\u00e9ciable pour les h\u00e9ritiers d\u2019Orff et de sa maison d\u2019\u00e9dition.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre la plus jou\u00e9e du 20e si\u00e8cle, selon les dires des \u00e9ditions \u00abSchott\u00bb, a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e de fa\u00e7on concertante le 26 juin dernier \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra National du Rhin. Concertante, dans la version pour deux pianos et percussions avec, en compl\u00e9ment, un petit show de lumi\u00e8re. Ce show a scind\u00e9 la composition en ses trois grandes parties principales. Le vert pr\u00e9dominait dans la premi\u00e8re partie, d\u00e9di\u00e9e au printemps et \u00e0 la nature, le rouge \u00e9clairait la deuxi\u00e8me partie o\u00f9 il \u00e9tait question de joies un peu crues de la vie, chant\u00e9es dans une taverne. Le bleu \u00e9tait la couleur de l\u2019amour et de toutes ses facettes, abord\u00e9s dans la troisi\u00e8me partie.<\/p>\n<p>La direction artistique a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 Michel Capperon. Dans le premier th\u00e8me o\u00f9 l\u2019on conjure l\u2019instabilit\u00e9 de \u00abfortuna\u00bb, Capperon a l\u00e9g\u00e8rement l\u00e2ch\u00e9 la bride. Il a fait amorcer un galop l\u00e9ger aux interpr\u00e8tes, facilement identifiable au tempo. Pourtant, qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un moyen stylistique sciemment employ\u00e9, ne devenait une \u00e9vidence qu\u2019en fin de soir\u00e9e, quand \u00abfortuna\u00bb  fit un autre \u00abpied de nez\u00bb \u00e0 la m\u00e9trique stricte de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>Les membres du ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra, comme ceux du ch\u0153ur d\u2019enfants, \u00abLes petits chanteurs de Strasbourg\u00bb \u00e9taient v\u00eatus d\u2019un noir \u00e9l\u00e9gant, tout comme les solistes.<\/p>\n<p>La prestation de Dylan Ayata avec son soprano clair de la femme amoureuse avait des allures d\u2019op\u00e9ra. Xin Wang, le cygne r\u00f4ti, g\u00e9missait \u00e0 faire fondre une pierre, et comme tout cygne mort et bien mort, il \u00abofficiait\u00bb sans \u00e9motion aucune. Gabriel Saint-Martin a plac\u00e9 son baryton entre la puissance tout en volume et des envol\u00e9es lyriques, en fonction des r\u00f4les que lui attribuait le texte.  Avec son interpr\u00e9tation \u00ab mimico-th\u00e9\u00e2trale \u00bb de l\u2019ivrogne sauvage aux yeux furieusement brillants, il a r\u00e9ussi \u00e0 donner  un aper\u00e7u des intentions de Carl Orff : moyennant d\u00e9cors, costumes opulents, danseuses et danseurs, le compositeur a cherch\u00e9 \u00e0 renforcer la perception du public par des effets visuels.<\/p>\n<p>La composition d\u2019Orff semble arr\u00eat\u00e9e et insaisissable \u00e0 la fois, puisqu\u2019elle occupe une place \u00e0 part dans la tradition musicale du 20e si\u00e8cle. L\u2019interpr\u00e9tation strasbourgeoise \u00e9tait particuli\u00e8rement claire et concluante l\u00e0, o\u00f9 la part musicale s\u2019\u00e9panouit en dehors des sonorit\u00e9s pseudo-m\u00e9di\u00e9vales : Les sons \u00ab jazzy \u00bb, les br\u00e8ves satires d\u2019Orff  imitant la musique de vari\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s simple, les longs passages faisant penser \u00e0 des ch\u0153urs sacr\u00e9s, mais aussi des m\u00e9lodies imitant les arias de l\u2019op\u00e9ra italien du 19e si\u00e8cle flattant l\u2019oreille \u2013 tout ceci, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019excellente interpr\u00e9tation musicale, se distinguait merveilleusement du fond tiss\u00e9 par les ch\u0153urs.<br \/>\nUne excellence atteinte gr\u00e2ce aux percussionnistes du conservatoire de Strasbourg, qui ont relev\u00e9 avec joie, pr\u00e9cision et brio tous les d\u00e9fis : ils ont tenu compte des plus petites nuances, aussi bien concernant le tempo que la dynamique. A Yolande Uytter, qui pr\u00e9pare les chanteurs solistes et artistes des Ch\u0153urs et qui accompagne les r\u00e9p\u00e9titions et participe \u00e0 la formation de L\u00b4Op\u00e9ra Studio , revient \u00e9galement une bonne partie du succ\u00e8s. De plus, elle a pris en charge une petite part au piano. Son toucher puissant formait un beau contraste avec la technique de Cordelia Huberti qui brillait plut\u00f4t dans les passages chantants et lyriques.<\/p>\n<p>Carl Orff a trouv\u00e9 les textes de \u00ab Carmina Burana \u00bb dans des manuscrits m\u00e9di\u00e9vaux d\u2019un clo\u00eetre des b\u00e9n\u00e9dictins. Il les a chang\u00e9s et adapt\u00e9s selon ses envies, en toute libert\u00e9. D\u2019ailleurs, ni les textes ni la musique ne pr\u00e9tendent \u00e0 une quelconque authenticit\u00e9 historique.<br \/>\nLes plus jeunes des \u00ab Petits chanteurs de Strasbourg \u00bb, filles et gar\u00e7ons, ont chant\u00e9 ces textes par c\u0153ur, for\u00e7ant ainsi l\u2019admiration du public. Une performance remarquable si l\u2019on prend en consid\u00e9ration que la plupart d\u2019entre eux  n\u2019ont que peu \u2013 ou pas &#8211; \u00e9tudi\u00e9 le latin, et le moyen-haut allemand encore moins !<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00abCarmina Burana\u00bb a \u00e9t\u00e9 toujours aussi efficace \u00e0 Strasbourg, comme ailleurs. Les applaudissements longs et enthousiastes, destin\u00e9s en particulier \u00e0 Yolande Uytter, ont incit\u00e9 Michel Capperon \u00e0 reprendre la baguette pour remercier le public avec un bis du th\u00e8me du d\u00e9but \u00abO fortuna \u00bb.<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<br \/>\n[:]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En juin 1937, les deux premi\u00e8res ont eu lieu \u00e0 six jours d\u2019intervalle: \u00abLulu\u00bb d\u2019Alban Berg et \u00abCarmina burana\u00bb de Carl Orff. 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