{"id":54702,"date":"2010-06-09T10:29:33","date_gmt":"2010-06-09T08:29:33","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/sig-sauer-pro-de-la-vie-desillusionnee-a-la-campagne\/54702\/"},"modified":"2010-06-09T10:29:33","modified_gmt":"2010-06-09T08:29:33","slug":"sig-sauer-pro-de-la-vie-desillusionnee-a-la-campagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/sig-sauer-pro-de-la-vie-desillusionnee-a-la-campagne\/54702\/","title":{"rendered":"SIG Sauer Pro \u2013 de la vie d\u00e9sillusionn\u00e9e \u00e0 la campagne."},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3461\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/SIG-Sauer-Pro-%C2%A9-Vinciane-Verguethen.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3461\" class=\"size-medium wp-image-3461\" title=\"SIG Sauer Pro \u00a9 Vinciane Verguethen\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/SIG-Sauer-Pro-%C2%A9-Vinciane-Verguethen.jpg?resize=300%2C199&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"199\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3461\" class=\"wp-caption-text\">SIG Sauer Pro \u00a9 Vinciane Verguethen<\/p><\/div>\n<p><em>Une Mise en sc\u00e8ne montr\u00e9e dans le cadre du \u00abFestival Premi\u00e8res\u00bb \u00e0 Strasbourg.<\/em><\/p>\n<p>Film et th\u00e9\u00e2tre, danse et litt\u00e9rature \u2013 rien ne reste seul, tout s\u2019entrelace, tout reste pur.<\/p>\n<p>SIG Sauer Pro \u2013 un projet de th\u00e9\u00e2tre du collectif fran\u00e7ais \u00abLe Plateau\u00bb r\u00e9unit dans cette mise en sc\u00e8ne unique tout ce que proposent th\u00e9\u00e2tre, film et litt\u00e9rature. De cette fa\u00e7on, ce projet est plus pr\u00e8s de la vie qu\u2019aucune autre forme artistique. SIG Sauer Pro \u2013 c\u2019est le nom d\u2019un certain mod\u00e8le de r\u00e9volver semi-automatique qui, charg\u00e9  \u00e0 blanc, est utilis\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises au cours de la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Sur la sc\u00e8ne, un \u00e9cran g\u00e9ant. Devant l\u2019\u00e9cran une table avec trois chaises et encore devant, au bord de la sc\u00e8ne, plusieurs moniteurs.<br \/>\nTrois jeunes femmes avec des micros \u00e0 la main pr\u00eatent leurs voix aux personnages du film projet\u00e9 sur l\u2019\u00e9cran. A l\u2019aide des techniques informatiques, leurs voix sont d\u00e9form\u00e9es en direct et on comprend qu\u2019elles joueront les r\u00f4les f\u00e9minins et masculins du film. Sur les moniteurs en avant-plan est affich\u00e9e l\u2019image de celui dont on entend la voix. Mais on lit aussi des explications sc\u00e9niques,  comme si les images montr\u00e9es avaient besoin d\u2019explications compl\u00e9mentaires. Un entrelacs dans l\u2019entrelacs de l\u2019entrelacs \u2013 et qui fonctionne !<\/p>\n<p>Le film, r\u00e9alis\u00e9 par Keren Ben Rafa\u00ebl, ce sont des gros plans d\u2019un petit village quelque part dans les Pyr\u00e9n\u00e9es au milieu d\u2019un paysage d\u00e9sol\u00e9. Rien n\u2019est joli. Tout est froid et gris. Un chien aboie, on entend la d\u00e9tonation d\u2019un tir. Une voiture appara\u00eet et se gare devant une petite maison de ferme. A l\u2019int\u00e9rieur de la maison, un vieil homme assis dans un fauteuil est en train de se saouler. Il appuie le canon d\u2019un fusil contre son menton &#8211; et tire. La main du grand-p\u00e8re montr\u00e9e en gros plan est inond\u00e9e de sang. En vain ! On apprend que le grand-p\u00e8re n\u2019atterrit pas du tout l\u00e0, o\u00f9 il avait imagin\u00e9 atterrir, mais qu\u2019il tombe \u00abseulement\u00bb dans le coma. <\/p>\n<p>On fait ses courses dans une petite \u00e9picerie \u2013 on n\u2019ach\u00e8te pas de pastis, mais des cigarettes et du whisky am\u00e9ricain. On ne pr\u00e9pare pas de cassoulet, on fait plut\u00f4t des frites dans la friteuse. On conduit comme dans des films de gangsters am\u00e9ricains : Les policiers s\u2019amusent, le gyrophare allum\u00e9 sur le toit de la voiture, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019un de leurs coll\u00e8gues ait un accident mortel.  On tue un poulet, on le plume, ensuite il reste suspendu tout nu dans le garde-manger.<br \/>\nUne femme d\u2019un certain \u00e2ge se maquille juste avant d\u2019aller au lit, se couche et lit un peu. La cam\u00e9ra se trouve tout pr\u00e8s d\u2019elle. La coulisse sonore monte en puissance, on sait, se rappelant les films d\u2019Hitchcock, que quelque chose se pr\u00e9pare. On aimerait \u00eatre moins pr\u00e8s de l\u2019action. Un jeune homme arrive en voiture devant la maison dont quelques fen\u00eatres sont encore \u00e9clair\u00e9es. On entend une voix f\u00e9minine : \u00ab C\u2019est toi ? Qu\u2019est-ce que tu fais ? \u00bb \u00ab J\u2019ai besoin d\u2019argent ! \u00bb Le dialogue d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en dispute, jusqu\u2019\u00e0 ce que le jeune homme quitte la maison et s\u2019en va au volant de sa voiture. Le gar\u00e7on dont le p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans cet accident de voiture et dont la m\u00e8re partage sa vie avec un nouveau compagnon, se plante un clou dans l\u2019orteil : Il ne sera plus oblig\u00e9 de s\u2019entra\u00eener dur \u00e0 la course \u00e0 pied avec son beau-p\u00e8re pendant quelques semaines ! Sa m\u00e8re apprend que l\u2019accident de feu son mari a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9 par l\u2019un de ses coll\u00e8gues policiers. Elle fait du chantage, et explique \u00e0 la fin du film \u00e0 son fils, qu\u2019elle est devenue riche : Elle a gagn\u00e9 12.500 \u20ac !<\/p>\n<p>Le fil conducteur de cette histoire, constitu\u00e9e de destin\u00e9es isol\u00e9es, sans que l\u2019on r\u00e9ussisse \u00e0 reconstituer le puzzle, est tr\u00e8s r\u00e9ellement compr\u00e9hensible. Des drames, identiques ou diff\u00e9rents, se jouent des centaines, des milliers fois \u00e0 la campagne. On a \u00e0 faire \u00e0 des gens, qui vivent tout pr\u00e8s les uns des autres, s\u2019aimant ou se ha\u00efssant. Des gens pour qui la vie \u00e0 la campagne n\u2019est pas idyllique, mais si dure qu\u2019elle est \u00e0 peine supportable. Coup\u00e9s de la vie palpitante des grandes villes que leur montrent les m\u00e9dias, ils cherchent par tous les moyens de rester dans la course. Ils courent apr\u00e8s une vie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e qui leur est devenue plus famili\u00e8re que leur propre vie. Attir\u00e9s par un mouvement qui emporte tout et qui s\u00e9vit jusqu\u2019aux derniers recoins du plus petit village, ils se sont \u00e9loign\u00e9s de plus en plus de la vie r\u00e9gionale, traditionnelle.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux effets sonores, aux s\u00e9quences de film poignants et gr\u00e2ce aux acteurs sur la sc\u00e8ne, le metteur en sc\u00e8ne Jacques Albert r\u00e9ussit \u00e0 faire rentrer le public litt\u00e9ralement au c\u0153ur de l\u2019action. Le public devient la partie d\u2019un tout et se sent concern\u00e9, m\u00eame s\u2019il reste passif. Comme tous ceux dans le petit village qui ne font que regarder, qui restent passifs, qui ne bougent pas et qui restent sans jamais rien dire. <\/p>\n<p>SIG Sauer Pro est plus qu\u2019un projet exp\u00e9rimental : il s\u2019agit bel et bien d\u2019une mise en sc\u00e8ne passionnante, d\u2019une maturit\u00e9 incontestable. Une \u0153uvre qui emprunte de nouveaux chemins artistiques et qui montre comment des mises en sc\u00e8ne contemporaines peuvent fonctionner.<\/p>\n<p>Vie et fiction, d\u00e9sir et r\u00e9alit\u00e9 : rien ne reste seul, tout s\u2019entrelace, tout reste pur.<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une Mise en sc\u00e8ne montr\u00e9e dans le cadre du \u00abFestival Premi\u00e8res\u00bb \u00e0 Strasbourg. Film et th\u00e9\u00e2tre, danse et litt\u00e9rature \u2013 rien ne reste seul, tout s\u2019entrelace, tout reste pur. 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