{"id":54698,"date":"2010-06-07T18:19:23","date_gmt":"2010-06-07T16:19:23","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/les-exaltes-pouce-vers-le-haut-des-gouttes-dans-locean-pouce-vers-le-bas\/54698\/"},"modified":"2010-06-07T18:19:23","modified_gmt":"2010-06-07T16:19:23","slug":"les-exaltes-pouce-vers-le-haut-des-gouttes-dans-locean-pouce-vers-le-bas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/les-exaltes-pouce-vers-le-haut-des-gouttes-dans-locean-pouce-vers-le-bas\/54698\/","title":{"rendered":"Les exalt\u00e9s \u2013 pouce vers le haut, des gouttes dans l\u2019oc\u00e9an \u2013 pouce vers le bas"},"content":{"rendered":"<p>Deux \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es dans le cadre du \u00ab festival premi\u00e8res \u00bb \u00e0 Strasbourg illustrent parfaitement, comment on peut mettre un texte historique sur une sc\u00e8ne avec succ\u00e8s \u2013 et le contraire !<br \/>\n<div id=\"attachment_3419\" style=\"width: 309px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/Gouttes-dans-loc%C3%A9an_hochformat_%C2%A9-Laquerelle_02.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3419\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/Gouttes-dans-loc%C3%A9an_hochformat_%C2%A9-Laquerelle_02.jpg?resize=299%2C448&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"Gouttes dans l&#039;oc\u00e9an_hochformat_\u00a9 Laquerelle_02\" width=\"299\" height=\"448\" class=\"size-full wp-image-3419\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3419\" class=\"wp-caption-text\">Gouttes dans l'oc\u00e9an (c) Laquerelle <\/p><\/div><br \/>\nPour pr\u00e9senter l\u2019exp\u00e9rience rat\u00e9e : L\u2019\u0153uvre de jeunesse \u00abDes gouttes dans l\u2019oc\u00e9an\u00bb de Rainer Werner Fassbinder, mise en sc\u00e8ne par Matthieu Cruciani, parle d\u2019un sujet r\u00e9current de l\u2019auteur : De l\u2019amour entre deux personnes bisexuelles et de ses p\u00e9rip\u00e9ties.<br \/>\nFassbinder, en son temps un personnage culte, n\u2019a jamais mis en sc\u00e8ne lui-m\u00eame cette \u0153uvre \u00e9crite en 1964. Cruciani s\u2019est attaqu\u00e9 \u00e0 une th\u00e9matique encore br\u00fblante il y a 40 ans. Mais non seulement que celle-ci a perdu tout son mordant \u00e0 l\u2019heure actuelle, mais en plus, le metteur en sc\u00e8ne a situ\u00e9 l\u2019action de cette pi\u00e8ce \u00e0 l\u2019\u00e9poque de sa cr\u00e9ation : Et en ce qui concerne l\u2019interpr\u00e9tation, et d\u2019un point de vue visuel. Dans un d\u00e9cor au look des ann\u00e9es 70 \u2013 un appartement avec des meubles en verre et en tubes m\u00e9talliques &#8211; les deux acteurs principaux ont bien sagement d\u00e9clam\u00e9 le texte original. R\u00e9sultat des courses : Une succession interminable de dialogues, r\u00e9cit\u00e9s dans des \u00e9tats d\u2019\u00e2me divers et vari\u00e9s. La mise en sc\u00e8ne n\u2019exigeait aucune r\u00e9f\u00e9rence au pr\u00e9sent, abstraction faite des spots publicitaires projet\u00e9s sur un \u00e9cran g\u00e9ant pendant les changements de costumes. Les acteurs des spots arboraient eux aussi le look des ann\u00e9es 70 !<br \/>\nCette mise en sc\u00e8ne est all\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ignorer le petit jeu de Fassbinder qui aurait fait un v\u00e9ritable scandale \u00e0 l\u2019\u00e9poque : Ce jeu qui consistait \u00e0 changer de partenaire, jusqu\u2019\u00e0 ce que, \u00e0 la fin, tout le monde ait envie de coucher avec tout le monde.<br \/>\nIci, l\u2019action \u00e9tait si monotone que, malgr\u00e9 quelques vocif\u00e9rations, on pouvait tranquillement faire un petit tour au pays des songes \u2013 tout comme le jeune homme assis juste devant moi. Les disputes auxquelles se sont livr\u00e9s Yann M\u00e9tiver et Julien Geskoff dont les performances d\u00e9passaient de loin celle de la mise en sc\u00e8ne, semblaient interminables.<br \/>\nMais ce qui manquait \u00e0 Cruciani ce n\u2019\u00e9tait pas seulement une prise de position personnelle. L\u2019autre manquement \u00e9tait la non-application des r\u00e8gles artisanales les plus \u00e9l\u00e9mentaires du th\u00e9\u00e2tre. Rien que cela aurait pu contribuer \u00e0 fasciner le public d\u2019avantage. Adress\u00e9e \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la sc\u00e8ne, la parole de L\u00e9opold, assis pratiquement le dos tourn\u00e9 au public, \u00e9tait perdue pour celui-ci. C\u2019\u00e9tait un peu aga\u00e7ant. Tout ce qui pouvait ressembler \u00e0 une action compr\u00e9hensible, \u00e9tait mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart. C\u2019\u00e9tait plut\u00f4t d\u00e9rangeant: Qu\u2019est-ce qui a fait en sorte que l\u2019ex-ma\u00eetresse de Franz se soit tourn\u00e9e vers L\u00e9opold ? Rien ! Quelle \u00e9tait la raison pour simplifier le caract\u00e8re de l\u2019ancienne compagne de L\u00e9opold \u00e0 l\u2019extr\u00eame pour en faire finalement une marionnette simplette ? Il n\u2019y en avait pas : cela n\u2019a ni montr\u00e9 son vrai caract\u00e8re, ni ses v\u00e9ritables ambitions et encore moins les secrets de son \u00e2me. La seule chose, qui ait travers\u00e9 le foss\u00e9 entre la sc\u00e8ne et le public de fa\u00e7on compr\u00e9hensible, c\u2019\u00e9tait le don d\u2019amour de Franz  \u00e0 L\u00e9opold.  Par cons\u00e9quent, le suicide de Franz, repouss\u00e9 par son amant qui le trompe avec son ancienne ma\u00eetresse, est compr\u00e9hensible, lui aussi.<br \/>\nL\u2019\u0153uvre de Fassbinder est bien plus que du th\u00e9\u00e2tre de poche superficiel avec des moments \u00abon allume et on \u00e9teint la lumi\u00e8re\u00bb ainsi que des entr\u00e9es et des sorties de sc\u00e8ne pr\u00e9visibles. Dans cette \u0153uvre on trouve des passages psychologiquement passionnants \u2013 mais Cruciani ne les a pas trouv\u00e9s ! Il semblait s\u2019\u00eatre endormi \u2013 tout comme le jeune homme assis devant moi.<br \/>\n<div id=\"attachment_3420\" style=\"width: 458px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/Sanjari-Les-R%C3%AAveurs-%C2%A9-Emma-Szabol-01.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3420\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/Sanjari-Les-R%C3%AAveurs-%C2%A9-Emma-Szabol-01.jpg?resize=448%2C311&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"Sanjari  Les R\u00eaveurs \u00a9 Emma Szabol 01\" width=\"448\" height=\"311\" class=\"size-full wp-image-3420\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3420\" class=\"wp-caption-text\">Sanjari (c) Emma Szabol<\/p><\/div><br \/>\nUne nouvelle adaptation des \u00abExalt\u00e9s\u00bb de Robert Musil prouve, que les choses peuvent \u00eatre diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne Milos Lolic, form\u00e9 \u00e0 Belgrade, a pr\u00e9sent\u00e9 cette pi\u00e8ce pauvre en action mais riche en moments psychologiques dramatiques. Et il a r\u00e9ussi  gr\u00e2ce \u00e0 un pari os\u00e9 : Dans la premi\u00e8re, comme dans la derni\u00e8re partie de la pi\u00e8ce, il a fait en sorte que toutes les actrices et tous les acteurs sur sc\u00e8ne \u00e9quip\u00e9s d\u2019un microphone, s\u2019adressent directement au public. De cette fa\u00e7on, la communication \u00e9tait sur des rails et ne pouvait, comme on pouvait le voir, se m\u00ealer des \u00e9motions des acteurs. Ils \u00e9taient trop occup\u00e9s par la profondeur de leurs \u00e2mes, ils \u00e9taient trop occup\u00e9s \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir pour agir.<br \/>\nLes micros tombent seulement quand des sc\u00e8nes dramatiques se d\u00e9roulent sous nos yeux : Par vengeance, Joseph assomme brutalement Anselm qui avait essay\u00e9 de s\u00e9duire la femme de celui-ci. Et c\u2019est \u00e0 ce moment que se forme un groupe soud\u00e9. Avant, on avait eu \u00e0 faire \u00e0 des individus fluctuants, prenant garde \u00e0 tout moment de garder leur propre position, m\u00e9ticuleusement analys\u00e9e, sous contr\u00f4le.<br \/>\nUn pianiste, dos au public, accompagne la pi\u00e8ce. Sa musique refl\u00e8te parfaitement les diff\u00e9rentes ambiances cr\u00e9\u00e9es par tous les protagonistes au cours des dialogues. La musique ne s\u2019arr\u00eate qu\u2019une fois : Pendant la sc\u00e8ne de violence. Quand les poings parlent, la musique se tait.<\/p>\n<p>Le d\u00e9cor de ce lieu retir\u00e9 consiste en un int\u00e9rieur sobre, lambriss\u00e9, comme c\u2019\u00e9tait la mode dans les ann\u00e9es 70 et 80. Les pr\u00e9tendus amis s\u2019y sont retrouv\u00e9s pour un week-end pendant lequel les cartes de leurs relations sont m\u00e9lang\u00e9es de nouveau. Les costumes et les coiffures des femmes indiquent la p\u00e9riode de cr\u00e9ation de la pi\u00e8ce. L\u2019utilisation des microphones reconnecte Lolic avec le pr\u00e9sent. Reste \u00e0 mentionner que cette fa\u00e7on d\u00e9tach\u00e9e de jouer, sans qu\u2019il y ait d\u2019interaction entre les actrices et les acteurs a justement demand\u00e9 beaucoup de concentration et toute leur pr\u00e9sence aux protagonistes. La troupe \u00e9tait parfaitement \u00e0 la hauteur de ces exigences. L\u2019interpr\u00e9tation de \u00ab Sanjari \u00bb (en serbe) par Lolic fonctionne gr\u00e2ce \u00e0 son analyse de texte personnelle. Elle est donc bas\u00e9e sur un travail en profondeur autour de cette pi\u00e8ce ce qui permet finalement sa transposition concluante.<br \/>\nDe cette fa\u00e7on, le metteur en sc\u00e8ne rajoute une nouvelle dimension \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Musil \u2013 c\u2019est indiscutablement un signe de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es dans le cadre du \u00ab festival premi\u00e8res \u00bb \u00e0 Strasbourg illustrent parfaitement, comment on peut mettre un texte historique sur une sc\u00e8ne avec succ\u00e8s \u2013 et le contraire ! Pour pr\u00e9senter l\u2019exp\u00e9rience rat\u00e9e : L\u2019\u0153uvre de jeunesse \u00abDes gouttes dans l\u2019oc\u00e9an\u00bb de Rainer Werner Fassbinder, mise en sc\u00e8ne par Matthieu Cruciani, parle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-54698","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NpeJ-eee","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54698","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54698"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54698\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54698"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54698"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54698"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}