{"id":54650,"date":"2010-05-25T17:54:13","date_gmt":"2010-05-25T15:54:13","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/lart-a-t-il-sa-place-au-musee-ou-dans-la-rue\/54650\/"},"modified":"2010-05-25T17:54:13","modified_gmt":"2010-05-25T15:54:13","slug":"lart-a-t-il-sa-place-au-musee-ou-dans-la-rue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/lart-a-t-il-sa-place-au-musee-ou-dans-la-rue\/54650\/","title":{"rendered":"L\u2019art : A-t-il sa place au mus\u00e9e ou dans la rue?"},"content":{"rendered":"<p><div id=\"attachment_3204\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/Paloma-Calle-2.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3204\" class=\"size-medium wp-image-3204\" title=\"Paloma Calle (2)\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/Paloma-Calle-2.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3204\" class=\"wp-caption-text\">Paloma Calle (c) ohne copyright<\/p><\/div><br \/>\nAvant que le public entre dans la salle on lui remet des audiophones pr\u00e9cisant qu\u2019il ne faut pas mettre le volume trop fort et que les audiophones sont n\u00e9cessaires, car Paloma Calle parle espagnol.<\/p>\n<p>Une fois la lumi\u00e8re \u00e9teinte, une \u00e9criture projet\u00e9e sur l\u2019\u00e9cran nous demande, tout comme nous l\u2019avons l\u2019habitude de l\u2019entendre dans un avion, d\u2019attacher nos ceintures et de remonter nos si\u00e8ges \u2013 et c\u2019est s\u00fbr : Nous allons d\u00e9coller. Nous allons nous envoler dans l\u2019univers d\u2019une artiste qui, pendant les deux heures suivantes, r\u00e9fl\u00e9chira sur toutes sortes de choses : Sur l\u2019art, sur l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, sur des actions artistiques ainsi que sur une partie tr\u00e8s intime de sa propre vie. Dans le cadre du \u00abfestival nouvelles\u00bb, la jeune espagnol montre son travail, une performance sc\u00e9nique qui fait appel \u00e0 la participation du public et qui se situe entre nourriture l\u00e9g\u00e8re et philosophie profonde, au MAMCS, le \u00abMus\u00e9e d\u2019Art Moderne et Contemporain de Strasbourg\u00bb.<\/p>\n<p>Avec ce travail, elle t\u00e2te le pouls \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le c\u0153ur bat pour des projets \u00abcross-over\u00bb tel que celui-ci. Sa performance se compose de trois parties. Pour commencer, elle offre Paloma Calle. Sa personne, en tant que femme, qui perd la voix devant le microphone et qui essaie encore et encore de dire quelque chose pour finalement rester muette. Une inscription sur son  teeshirt, d\u00e9voil\u00e9e au bout d\u2019un certain temps, dit que \u00abC\u2019est une performance ennuyeuse\u00bb. C\u2019est son propre persiflage de son apparition sur sc\u00e8ne, une sc\u00e8ne qu\u2019elle quitte peu de temps apr\u00e8s, toujours muette.<\/p>\n<p>\u00abDu vide\u00bb c\u2019\u00e9tait le titre d\u2019une des performances d\u2019Yves Klein organis\u00e9e en 1958 dans une galerie vide, mis \u00e0 part quelques accessoires lui appartenant. Calle reprend cette expression artistique et la pousse en quelque sorte \u00e0 l\u2019extr\u00eame en cr\u00e9ant le vide sur sc\u00e8ne. Un vide qui exige malgr\u00e9 tout une certaine participation de la part du public, qui per\u00e7oit ses propres pens\u00e9es, qui sont l\u00e9g\u00e8rement canalis\u00e9es \u2013 sans pour autant \u00eatre dirig\u00e9es &#8211; par une voix douce, enregistr\u00e9e, qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Quelques instants plus tard, elle se sert de l\u2019art vid\u00e9o et de ses possibilit\u00e9s magiques, pour para\u00eetre en personne \u00e0 l\u2019\u00e9cran, sur lequel il y avait encore des nuages blancs dans un ciel bleu peu de temps auparavant, pour interpeller nomm\u00e9ment tout un chacun. Elle demande \u00e0 tous de la suivre. Et c\u2019est ainsi que le public accompagn\u00e9 par Calle prend le chemin \u00e0 travers le mus\u00e9e pour finalement le quitter. Elle nous emm\u00e8ne sur un chemin pav\u00e9 d\u2019actions artistiques: Par exemple, elle dessine avec des craies nos silhouettes sur le mur d\u2019une maison, elle fixe des polaro\u00efds pris du groupe sur le grillage devant une fen\u00eatre ou, ce qui fait une belle peur \u00e0 tout le monde, se fait voler son sac \u00e0 main par un bandit. Seulement quand elle finit par attraper le \u00abvoleur\u00bb pour entonner avec lui la chanson \u00abThere\u2019s no business like show-business\u00bb accompagn\u00e9e par une musique enregistr\u00e9e sur bande, la tension tombe. Peu de temps avant cela, nous \u00e9tions encore en train de nous promener comme sculpture sociale vivante. Serr\u00e9s par une bande semblable \u00e0 celles qui indiquent une zone de travaux, nous avons parcouru quelques m\u00e8tres tels une \u00abcr\u00e9ature-cellule\u00bb. Les \u00abOne minute sculptures\u00bb d\u2019Erwin Wurm sont ici enrichies d\u2019une dimension  collective. Notre chemin mis en sc\u00e8ne par Calle est un parcours d\u2019aventures d\u2019un genre \u00e0 part. Des r\u00e9flexions sur la production artistique, la joie de vivre, des \u00e9tats de choc et celles concernant notre propre disparition se d\u00e9versent sur nous en peu de temps. Et tout cela dans la rue, un milieu social et ouvert, loin de l\u2019art mus\u00e9al.<br \/>\n<div id=\"attachment_3206\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/Paloma.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3206\" class=\"size-medium wp-image-3206\" title=\"Paloma\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/Paloma.jpg?resize=300%2C206&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"206\"><\/a><p id=\"caption-attachment-3206\" class=\"wp-caption-text\">Paloma Calle, Simple present \/ Present de indicativo (c) ohne copyright<\/p><\/div><br \/>\nDe retour dans le milieu prot\u00e9g\u00e9 de l\u2019art, dans l\u2019auditorium du mus\u00e9e, nous d\u00e9posons tous un petit sac en papier, dans lequel nous avons gliss\u00e9 auparavant un petit \u00abcadeau\u00bb : de petites pierres, en passant par des cartes de visites, des  feuilles de papier jusqu\u2019aux cannettes froiss\u00e9es: tous ces objets ont fini lors de la derni\u00e8re heure, trouv\u00e9s dans un sac \u00e0 main ou de la rue, dans un petit sac \u00abcadeau\u00bb. Les objets trouv\u00e9s sont imm\u00e9diatement \u00abd\u00e9class\u00e9s\u00bb pour devenir \u00abaccessoires\u00bb.  Au d\u00e9but euphorique, ensuite ennuy\u00e9e et presque agac\u00e9e, Calle d\u00e9balle tout sur le sol de la sc\u00e8ne et \u00e9voque en quelques phrases des associations concernant un amour passager.<\/p>\n<p>Suit une interrogation du public, \u00e0 laquelle il r\u00e9pond \u00e0 l\u2019aide de petites pancartes \u00aboui\u00bb ou \u00abnon\u00bb. Elle r\u00e9sume encore une fois tout ce que Calle a voulu montrer aux spectateurs : La vie, l\u2019art et les intersections des deux. Il n\u2019y a que plus tard que l\u2019on prend conscience que les diff\u00e9rentes perceptions dans les diff\u00e9rents contextes sociaux et locaux ont agi comme stimulation suppl\u00e9mentaire. Une \u0153uvre vraiment complexe qui occupera notre esprit encore pendant longtemps.<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant que le public entre dans la salle on lui remet des audiophones pr\u00e9cisant qu\u2019il ne faut pas mettre le volume trop fort et que les audiophones sont n\u00e9cessaires, car Paloma Calle parle espagnol. Une fois la lumi\u00e8re \u00e9teinte, une \u00e9criture projet\u00e9e sur l\u2019\u00e9cran nous demande, tout comme nous l\u2019avons l\u2019habitude de l\u2019entendre dans un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[18,4066],"tags":[],"class_list":["post-54650","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles","category-festival-nouvelles-2"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NpeJ-eds","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54650","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54650"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54650\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54650"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54650"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54650"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}