{"id":54508,"date":"2010-02-28T00:59:07","date_gmt":"2010-02-27T23:59:07","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/alban-gerhardt-un-violoncelliste-qui-ne-laisse-froid-personne\/54508\/"},"modified":"2010-02-28T00:59:07","modified_gmt":"2010-02-27T23:59:07","slug":"alban-gerhardt-un-violoncelliste-qui-ne-laisse-froid-personne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/alban-gerhardt-un-violoncelliste-qui-ne-laisse-froid-personne\/54508\/","title":{"rendered":"Alban Gerhardt \u2013 un violoncelliste qui ne laisse froid personne!"},"content":{"rendered":"<p><div id=\"attachment_2206\" style=\"width: 235px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/02\/Gerhardt_Alban_041.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2206\" class=\"size-medium wp-image-2206\" title=\"Gerhardt_Alban_04\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/02\/Gerhardt_Alban_041.jpg?resize=225%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\"><\/a><p id=\"caption-attachment-2206\" class=\"wp-caption-text\">Der Cellist Alban Gerhardt (c) OPS<\/p><\/div><br \/>\nLa direction de l\u2019OPS a r\u00e9ussi un autre coup de g\u00e9nie en engageant ses deux invit\u00e9s pour le double-concert du 25 et 26 f\u00e9vrier : le chef d\u2019orchestre russe Vassily  Sinaisky et le soliste, le violoncelliste berlinois Alban Gerhardt. Leur interpr\u00e9tation, en collaboration avec l\u2019OPS, du concerto pour violoncelle opus 104 d\u2019Antonin Dvorak a forc\u00e9 le plus grand respect \u00e0 tous.<br \/>\nLe chef d\u2019orchestre, Vassily Sinaisky a ind\u00e9niablement privil\u00e9gi\u00e9 la qualit\u00e9 des rapports qu\u2019il entretenait avec les musiciens : Il les encourageait avec des gestes et des regards cordiaux et chaleureux, voir plus que cela! Devant son pupitre il agissait en quelque sorte comme \u00ab Primus inter pares \u00bb. La prestation extraordinaire que l\u2019OPS a montr\u00e9e \u00e0 cette occasion est tr\u00e8s certainement due \u00e0 son savoir faire, mais aussi, et peut-\u00eatre surtout, \u00e0 son charisme et sa fa\u00e7on de travailler avec les musiciennes et musiciens. Ce soir-l\u00e0, le public a pris conscience, \u00e0 quel point il peut \u00eatre r\u00e9jouissant de faire partie d\u2019un orchestre.<br \/>\nLe concerto pour violoncelle d\u2019Antonin Dvorak a donn\u00e9 l\u2019occasion \u00e0 Alban Gerhardt de montrer ce que \u00e7a veut dire, que de faire de la musique \u00ab corps et \u00e2me \u00bb. Mais Gerhardt n\u2019\u00e9tait pas absorb\u00e9 par son solo. Il semblait plut\u00f4t \u00eatre sous tension de la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re seconde. Ou alors, \u00e9tait-ce son violoncelle ?  Avec son archet puissant et une intensit\u00e9 physique que l\u2019on pouvait ressentir jusqu\u2019aux derniers rangs de la salle, il faisait sortir des sons bouleversants de son superbe instrument, un violoncelle de Matteo Goffriller (1659 \u2013 1742).<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre comporte de toute fa\u00e7on quelques passages tr\u00e8s dramatiques. Mais m\u00eame pendant les parties lyriques, l\u2019instrument du soliste donnait toujours l\u2019impression qu\u2019apr\u00e8s chaque mesure, qu\u2019apr\u00e8s chaque note attendait une surprise \u00e0 laquelle il fallait se pr\u00e9parer en retenant son souffle. Pour r\u00e9ussir \u00e0 d\u00e9finir le jeu d\u2019Alban Gerhardt, il faudrait trouver des mots capables de d\u00e9crire un \u00ab \u00e9tat d\u2019\u00eatre \u00bb contagieux : Son instrument interpelait, il vibrait. Il chantait de fa\u00e7on explosive et intensive les souvenirs qu\u2019avait gard\u00e9s Dvorak de sa patrie, la Boh\u00e8me, tout en vivant aux Etats Unis.<br \/>\nGerhardt emporte l\u2019orchestre litt\u00e9ralement avec lui dans une esp\u00e8ce d\u2019euphorie qui lui convient apparemment tr\u00e8s bien. Les petits dialogues avec la tendre fl\u00fbte et l\u2019attention qu\u2019il porte au chef d\u2019orchestre montrent, que sa sensibilit\u00e9 est autant dirig\u00e9e vers la partie de l\u2019orchestre, que vers son violoncelle.<br \/>\nLes merveilleuses cantil\u00e8nes  qui traversent toute cette composition \u00e9taient si tendrement accompagn\u00e9es par les basses et les violoncelles, qu\u2019\u00e0 aucun moment il y a eu comp\u00e9tition entre eux et l\u2019instrument du soliste. Mais une partie du m\u00e9rite revient au chef d\u2019orchestre Vassily Sinaisky, bien sur.  Cette \u0153uvre \u00e9crite par Dvorak, qui savait sa belle-s\u0153ur condamn\u00e9e par la maladie, est certainement l\u2019un des concertos pour violoncelles les plus touchants qui existent. Le d\u00e9fi qu\u2019a relev\u00e9 Alban Gerhardt consistait \u00e0 laisser un souvenir imp\u00e9rissable de ce concerto si souvent jou\u00e9 et rejou\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 sa touche personnelle.  Mission accomplie sans aucun probl\u00e8me! Dans son suppl\u00e9ment, un mod\u00e9rato de Mstsislaw Rostropovitch, le soliste imite toutes les couleurs des sonorit\u00e9s de l\u2019orchestre et il d\u00e9montre \u00e9galement avec quel brio il ma\u00eetrise toutes les exigences techniques. Encore une fois il fait r\u00e9sonner une lyrique qui semble toujours passionnante, jamais douce. Il reste \u00e0 esp\u00e9rer que cet artiste reviendra tr\u00e8s bient\u00f4t \u00e0 Strasbourg !<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre suivante, la symphonie n\u00b0 2 opus 42 de Sibelius \u00e9tait un choix parfait pour succ\u00e9der au concerto de Dvorak et aussi au suppl\u00e9ment de Gerhardt. Cette \u0153uvre puissante qui explore la totalit\u00e9 des sonorit\u00e9s de l\u2019orchestre, semble au d\u00e9but un peu encombr\u00e9e, tant les id\u00e9es et les sonorit\u00e9s fusent. Sa logique ne devient compr\u00e9hensible qu\u2019au cours du premier mouvement. L\u2019orchestration du mythe de Don Juan auquel Jean Sibelius fait allusion au deuxi\u00e8me mouvement, o\u00f9 il fait s\u2019entretenir le coureur de jupons avec la mort, fait effectivement penser \u00e0 des histoires mythologiques tr\u00e8s anciennes.<br \/>\nPendant de longs passages, les pizzicati des violoncelles, les basses et les timbales accompagnent  la sc\u00e8ne de loin. Les longues histoires racont\u00e9es par les bassons, l\u2019utilisation intensive des instruments \u00e0 vent et la mise en opposition des diff\u00e9rents groupes d\u2019instruments : toute cette diversit\u00e9 finit par former une belle unit\u00e9 \u00e0 la fin du mouvement. Ne seraient-ce que les indications de tempo qui structurent le mouvement, il y en a 12 !, montrent le travail tr\u00e8s diff\u00e9renci\u00e9 de Sibelius qui est en m\u00eame temps d\u2019une tr\u00e8s grande exigence pour l\u2019orchestre. Sinaisky encha\u00eene le troisi\u00e8me et le quatri\u00e8me mouvement avec sa finale puissante sans marquer de transition. Cette symphonie se montre tr\u00e8s exigeante pour les instruments \u00e0 vent, car elle les met souvent en avant. Mais cette exigence vaut aussi pour les instruments \u00e0 cordes : les quelques longs d\u00e9buts \u00ab tutti \u00bb font na\u00eetre des vagues qui emportent l\u2019auditoire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019ambiance sonore de ces instruments, qui, une fois \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, continue \u00e0 le porter pendant de longues minutes. Ce sont des m\u00e9lodies tellement flatteuses \u00e0 l\u2019oreille qu\u2019on souhaiterait qu\u2019elles ne s\u2019arr\u00eatent jamais.<br \/>\nIl serait injuste de souligner la performance de l\u2019un ou de l\u2019autre en particulier. Ce soir-l\u00e0, la grande beaut\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation de cette musique fut l\u2019\u0153uvre de tous!<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La direction de l\u2019OPS a r\u00e9ussi un autre coup de g\u00e9nie en engageant ses deux invit\u00e9s pour le double-concert du 25 et 26 f\u00e9vrier : le chef d\u2019orchestre russe Vassily Sinaisky et le soliste, le violoncelliste berlinois Alban Gerhardt. 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