{"id":54505,"date":"2010-02-26T16:32:08","date_gmt":"2010-02-26T15:32:08","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/individuum-und-kollektiv-die-erloesung-gilt-fuer-alle\/54505\/"},"modified":"2010-02-26T16:32:08","modified_gmt":"2010-02-26T15:32:08","slug":"individuum-und-kollektiv-die-erloesung-gilt-fuer-alle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/individuum-und-kollektiv-die-erloesung-gilt-fuer-alle\/54505\/","title":{"rendered":"Individuum und Kollektiv, die Erl\u00f6sung gilt f\u00fcr alle"},"content":{"rendered":"<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><div id=\"attachment_2176\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/02\/ORGANICBEAT-3.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2176\" class=\"size-medium wp-image-2176\" title=\"ORGANICBEAT (3)\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/02\/ORGANICBEAT-3.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\"><\/a><p id=\"caption-attachment-2176\" class=\"wp-caption-text\"><\/strong><\/p><\/div><br \/>\n<strong>\u00ab White feeling \u00bb et \u00ab Organic beat \u00bb de Paulo Ribeiro au Le-Maillon \u00e0 Strasbourg<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab White feeling \u00bb et \u00ab Organic beat \u00bb, les deux cr\u00e9ations propos\u00e9es par Paul Ribeiro, dans\u00e9es par le \u00ab Ballet Lorraine \u00bb sous la direction de Didier Deschamps au M\u00e9daillon \u00e0 Strasbourg, \u00e9taient aux antipodes l\u2019une de l\u2019autre. Voil\u00e0 le d\u00e9fi de la soir\u00e9e, du moins pour le public ! Ces deux \u0153uvres sont bas\u00e9es sur des approches artistiques totalement diff\u00e9rentes tout en portant la m\u00eame signature chor\u00e9graphique.<\/p>\n<p> \u00ab White feeling \u00bb, accompagn\u00e9 par les quatre accord\u00e9onistes du groupe \u00ab Dan\u00e7as Ocultas \u00bb, tente d\u2019exprimer la mentalit\u00e9 des habitants de la ville \u00ab blanche \u00bb de Lisbonne sous la forme de danse contemporaine. Le r\u00e9pertoire musical qui porte les danseurs comme une boucle sans fin est tr\u00e8s vari\u00e9 : il va des \u00e9l\u00e9gies m\u00e9lancoliques jusqu\u2019aux rythmes de tango endiabl\u00e9s. Ce travail de Ribeiro invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019individu et la foule, sur les marginaux et la soci\u00e9t\u00e9 mais aussi sur l\u2019image de groupe et la dynamique de groupe. Mais Ribeiro ne traite pas ces sujets en suivant un fil conducteur ininterrompu. Il se contente d\u2019\u00e9voquer des bribes de souvenirs, des ambiances et des images, le tout nourri par une grande po\u00e9sie narrative.<br \/>\nPar moment, Ribeiro voit ses danseurs comme une entit\u00e9, un organisme collectif, comme par exemple au d\u00e9but, quand les hommes forment une esp\u00e8ce de boule, qui semble respirer en un  mouvement unique et puissant. Comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un \u00eatre amorphe. De cette boule se d\u00e9tachent les uns apr\u00e8s les autres des hommes habill\u00e9s de noir pour s\u2019adonner petit \u00e0 petit \u00e0 leur langage corporel individuel. L\u2019un d\u2019eux se met \u00e0 part et danse la plupart du temps tout seul, selon sa propre chor\u00e9graphie, tout en tournant autour des autres comme s\u2019ils \u00e9taient en quelque sorte son centre de gravitation.  Il se fond dans la masse uniquement quand o\u00f9 il d\u00e9cide de sortir de son isolement. Mais Ribeiro consid\u00e8re la foule ou la masse aussi comme un contrepoids \u00e0 la force d\u2019attraction. Et c\u2019est bien l\u00e0 la partie la plus marquante du spectacle : Les trois danseurs qui, gr\u00e2ce aux effets visuels du th\u00e9\u00e2tre noir s\u2019\u00e9l\u00e8vent  pour \u00ab flotter dans l\u2019air \u00bb, se trouvent tant\u00f4t la t\u00eate en bas, tant\u00f4t en position horizontale, bafouant ainsi les lois de la nature ; c\u2019est le moment fort de cette chor\u00e9graphie : Les danseurs sur fond noir, leurs torses baign\u00e9s dans une lumi\u00e8re chaude, les bras \u00e9cart\u00e9s, c\u2019est une image tr\u00e8s forte, d\u2019une grande plasticit\u00e9 qui permet sans difficult\u00e9 d\u2019\u00e9tablir des parall\u00e8les avec le canon artistique de l\u2019iconographie chr\u00e9tienne. Mais Ribeiro inclut dans son \u0153uvre aussi l\u2019abstraction d\u2019une d\u00e9position de la croix qui change, apr\u00e8s coup, le regard du spectateur sur certaines d\u00e9j\u00e0 sc\u00e8nes dans\u00e9es et les \u00e9claire d\u2019une lumi\u00e8re symbolique diff\u00e9rente. \u00ab White feeling \u00bb demande au public de se laisser guider par des images, des associations, sans se poser de questions en permanence, sans chercher \u00e0 tout prix le message cach\u00e9 dans chacune des formations. Paulo Ribeiro s\u2019autorise un num\u00e9ro de funambule, car \u00e0 notre \u00e9poque o\u00f9 tout n\u2019est que stress et manque de temps, o\u00f9 nous sommes submerg\u00e9s par une multitude d\u2019informations,  cet effet subtile \u00e0 long terme risque de passer inaper\u00e7u.<\/p>\n<p>\u00ab Organic beat \u00bb d\u2019apr\u00e8s la musique de John Cage \u00e9tait certainement le choix parfait pour rendre les intentions de Ribeiro encore plus claires.<br \/>\nJohn Cage a \u00e9crit le cr\u00e9do en 3 mouvements \u00ab Credo in us \u00bb en 1942. Il a cr\u00e9\u00e9 cette \u0153uvre, dont on n\u2019entend ici que les deux derniers mouvements, pour son ami Merce Cunningham et le chor\u00e9graphe Jean Erdmann. A Strasbourg, le groupe \u00ab Les Percussions de Strasbourg \u00bb a jou\u00e9 ce morceau exactement selon les instructions de Cage, ce qui implique en plus des parties \u00e9crites pour les instruments \u00e0 percussion l\u2019inclusion de clusters des clusters de son. Cette fois-ci, de la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re seconde, Paul Ribeiro n\u2019a pas interrompu le fil conducteur. En plus il a ajout\u00e9 \u00e0 son travail de chor\u00e9graphe une dimension d\u2019interpr\u00e9tation suppl\u00e9mentaire. L\u2019Internationale qu\u2019il fait chanter aux danseuses et danseurs au tout d\u00e9but du spectacle et \u00ab Bella ciao \u00bb qu\u2019ils chantent \u00e0 la fin,  donnent une sorte d\u2019universalit\u00e9 \u00e0 sa cr\u00e9ation: L\u2019hymne socialiste d\u2019un cot\u00e9 et le chant populaire chant\u00e9 par les r\u00e9sistants pendant la p\u00e9riode fasciste en Italie de l\u2019autre, indiquent que l\u2019artiste porte son regard sur le pouvoir de la foule; il \u00e9voque la possibilit\u00e9 de la r\u00e9bellion et de la r\u00e9sistance et parle de la victoire sur l\u2019oppression \u2013 m\u00eame si cette victoire devait faire des victimes. <\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 \u00ab White feeling \u00bb faisait allusion \u00e0 cette th\u00e9matique, mais celle-ci trouvait une expression beaucoup plus forte dans \u00ab Organic beat \u00bb &#8211; peut-\u00eatre \u00e0 cause du nombre impressionnant (31 !) de danseurs. De nouveau, l\u2019\u0153uvre du chor\u00e9graphe tournait autour de la cr\u00e9ation d\u2019entit\u00e9s importantes en faisant abstraction de l\u2019individu. Comme par exemple dans la s\u00e9quence o\u00f9 il fait se r\u00e9unir tous les danseurs au centre de la sc\u00e8ne \u2013 sauf deux. Ils se couchent sur le dos et se serrent les uns contre les autres, les jambes repli\u00e9es. De cette fa\u00e7on  ils r\u00e9ussissent \u00e0 transporter un homme et une femme par la force de leurs bras tendus d\u2019un cot\u00e9 \u00e0 l\u2019autre de ce tapis humain. Les interpr\u00e9tations de caract\u00e8res particuliers comme celle de l\u2019homme fou en tenue de jogging qui frappe l\u2019air autour de lui et qui ne r\u00e9colte rien d\u2019autre que l\u2019indiff\u00e9rence des autres sont moins impressionnantes que les sc\u00e8nes que les danseurs ex\u00e9cutent ensemble et parfaitement synchrone. Leurs costumes jouent aussi un \u00ab r\u00f4le \u00bb important, car les pantalons et soutiens-gorges couleur peau \u00e9voquent la nudit\u00e9. L\u2019id\u00e9e de Ribeiro de filmer ses danseurs qui rampent par terre pour en projeter les images en m\u00eame temps sur le mur vid\u00e9o derri\u00e8re sa sc\u00e8ne est tout bonnement g\u00e9niale. Les hommes au sol semblent bouger avec beaucoup de difficult\u00e9. Sur les images projet\u00e9es, en revanche, la d\u00e9marche \u00e9trange des danseurs semble bizarrement fluidifi\u00e9e. Ils semblent m\u00eame, comme dans la sc\u00e8ne finale, s\u2019envoler vers le ciel, les bras \u00e9cart\u00e9s. Un geste de r\u00e9surrection collective qui \u00e0 lui tout seul justifierait toute cette soir\u00e9e. <\/p>\n<p>Une source suppl\u00e9mentaire de r\u00e9flexion est la comparaison entre \u00ab White feeling \u00bb et ses m\u00e9taphores de la vie, de la souffrance et de la r\u00e9demption qui sont port\u00e9es par quelques rares individus et \u00ab Organic beat \u00bb qui accorde la r\u00e9demption collective.<\/p>\n<p>Dr. Michaela Preiner<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab White feeling \u00bb et \u00ab Organic beat \u00bb de Paulo Ribeiro au Le-Maillon \u00e0 Strasbourg \u00ab White feeling \u00bb et \u00ab Organic beat \u00bb, les deux cr\u00e9ations propos\u00e9es par Paul Ribeiro, dans\u00e9es par le \u00ab Ballet Lorraine \u00bb sous la direction de Didier Deschamps au M\u00e9daillon \u00e0 Strasbourg, \u00e9taient aux antipodes l\u2019une de l\u2019autre. 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