{"id":54380,"date":"2009-12-14T14:17:46","date_gmt":"2009-12-14T13:17:46","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/printemps-ete-mer-et-pays-lointains\/54380\/"},"modified":"2009-12-14T14:17:46","modified_gmt":"2009-12-14T13:17:46","slug":"printemps-ete-mer-et-pays-lointains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/printemps-ete-mer-et-pays-lointains\/54380\/","title":{"rendered":"Printemps, \u00e9t\u00e9, mer et pays lointains"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_1511\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/uria-Monzon-B%C3%A9atrcie-74.JPG?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1511\" class=\"size-medium wp-image-1511\" title=\"uria-Monzon B\u00e9atrcie 7\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/uria-Monzon-B%C3%A9atrcie-74-200x300.jpg?resize=200%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"B\u00e9atrice Uria-Monzon (c: OPS)\" width=\"200\" height=\"300\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1511\" class=\"wp-caption-text\">B\u00e9atrice Uria-Monzon (c: OPS)<\/p><\/div>\n<p>Le 9 d\u00e9cembre, le concert de l\u2019Orchestre Philharmonique de Strasbourg a fait voyager son public dans des contr\u00e9es chaudes. Avec \u00abImages pour Orchestre \u00bb de Claude Debussy et \u00ab Sh\u00e9h\u00e9razade \u00bb de Maurice Ravel, Marc Albrecht avait port\u00e9 son choix sur deux morceaux peu connus. Seulement la fin de la composition de Debussy \u00ab la mer \u00bb fait partie du r\u00e9pertoire que r\u00e9sonne dans toutes les salles de concert du monde.<\/p>\n<p>Le directeur musical de l\u2019OPS est rest\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 sa ligne de conduite pour cette saison : Il veut mettre des \u0153uvres au programme, qui ont rarement \u00e9t\u00e9 jou\u00e9es \u00e0 Strasbourg, voir jamais. \u00ab Images pour Orchestre \u00bb de Debussy est une \u0153uvre tr\u00e8s complexe qui demande \u00e0 ceux et \u00e0 celles qui l\u2019\u00e9coutent une grande exp\u00e9rience musicale pour l\u2019appr\u00e9cier dans son int\u00e9gralit\u00e9. Une id\u00e9e de composition chasse l\u2019autre, des changements rapides de rythme et d\u2019ambiance demandent la plus grande concentration non seulement \u00e0 l\u2019orchestre mais aussi \u00e0 son public.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre de Debussy est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre difficile \u00e0 comprendre. Il est pr\u00e9conis\u00e9 de l\u2019\u00e9couter plusieurs fois pour la saisir totalement. Mais malgr\u00e9 tout, le charme de la composition fait aussi son \u0153uvre chez ceux qui ne sont pas vraiment fins connaisseurs. Le traitement \u00e0 minima que Marc Albrecht \u00e0 la baguette avait r\u00e9serv\u00e9 au  premier mouvement emp\u00eachait de trop grandes \u00e9motions. Mais d\u2019un autre cot\u00e9, cette interpr\u00e9tation permettait de percevoir les nombreuses voix instrumentales clairement et distinctement. Les mouvements suivants avec comme th\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral \u00ab Iberia \u00bb formaient un contraste d\u2019autant plus saisissant. Les castagnettes qui \u00e0 travers tout le deuxi\u00e8me mouvement accentuaient le rythme et les soli tr\u00e8s propres des trompettes faisaient ressentir les pulsations de la vie des villes espagnoles aussi bien que l\u2019ondoiement de l\u2019air printanier du dernier mouvement.<\/p>\n<p>Avec Sh\u00e9h\u00e9razade de Maurice Ravel, la mezzo-soprano fran\u00e7aise B\u00e9atrice Uria-Monzon s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e au public. Sa voix pleine et chaude \u00e9tait en parfaite harmonie avec l\u2019ensemble. Maurice Ravel \u00e0 travers sa musique mettait l\u2019orient lointain \u00e0 l\u2019honneur en trois couplets. Le point de d\u00e9part de la composition \u00e9tait un po\u00e8me de L\u00e9on Lecl\u00e8re (1874 \u2013 1966). Lecl\u00e8re qui v\u00e9n\u00e9rait Wagner avait choisi en l\u2019honneur de celui-ci \u00ab Tristan Klingsor \u00bb pour pseudonyme.<\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re partie l\u2019\u0153uvre fait r\u00e9f\u00e9rence au d\u00e9sir de vivre des aventures dans un pays \u00e9tranger. Uria-Monzon exprime ceci d\u2019un point de vue musical tr\u00e8s profond\u00e9ment. Les mots \u00ab je voudrais voir \u00bb qui reviennent sans cesse le disent aussi tr\u00e8s clairement.<\/p>\n<p>Dans le deuxi\u00e8me mouvement, sa r\u00e9ponse charmante \u00e0 la voix de la fl\u00fbte fait part des pens\u00e9es qu\u2019elle a pour son amour, tout en faisant voyager \u00e0 nouveau l\u2019auditoire dans des paysages superbes, baign\u00e9s par le soleil et peupl\u00e9s par de nombreux oiseaux. Le dernier mouvement, tr\u00e8s beau et lyrique dans lequel Klingsor parle d\u2019un jeune homme aux yeux aussi beaux que ceux d\u2019une jeune fille, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9texte pour un certain nombre de sp\u00e9culations du temps de Ravel. Rien de tout cela ne transpara\u00eet dans la musique, qui transmet le sentiment d\u2019un souvenir nostalgique, souffle des sentiments amoureux et raconte un espoir d\u00e9\u00e7u. Ce passage montre \u00e0 quel point la musique est universelle, comme c\u2019est facile pour elle de passer par-dessus les conventions et de se lib\u00e9rer de toute contrainte pour parler directement au c\u0153ur de l\u2019\u00eatre humain \u2013 quelque soit son sexe.<\/p>\n<p>\u00ab La mer \u00bb de Claude Debussy est un morceau qui correspond parfaitement \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019en fait  Marc Albrecht. Cette \u0153uvre d\u00e9crivant \u00e0 l\u2019aide de beaucoup d\u2019astuces  de composition les \u00e9v\u00e8nements sensoriels de la mer, demande une \u00e9tude tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e de la partition. Ceci pour permettre de faire entendre tous les d\u00e9tails, si cach\u00e9s soient-ils. Debussy a mis en musique aussi bien l\u2019eau qui se ride, une mer calme, le bruit doux des petites vagues qui \u00e9chouent \u00e0 la plage ou alors l\u2019\u00e9claboussure de l\u2019embrun. Et les musiciens de l\u2019OPS interpr\u00e8tent le tout avec beaucoup de sensibilit\u00e9. Des constructions presque organiques qui enflent et d\u00e9senflent soulign\u00e9s par l\u2019ondulation des instruments \u00e0 cordes, qui trouvent leur point culminant dans les trompettes sont aussi bien perceptibles que les sc\u00e8nes d\u2019une eau profonde et calme dont la surface scintille et brise les rayons du soleil. La finale charg\u00e9e d\u2019une grande tension exprime \u00e0 travers les basses \u00e0 cordes mena\u00e7antes et les roulis des timbales qui montent en crescendo jusqu\u2019\u00e0 la fin fulminante le dialogue entre le vent et la mer.<\/p>\n<p>L\u2019enchantement ressenti par le public qui avait \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 dans des pays \u00e9trangers et dans l\u2019immensit\u00e9 des mers a agi encore pendant longtemps apr\u00e8s cette soir\u00e9e. Y a-t-il une plus belle raison pour assister \u00e0 un concert ?<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019Allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 9 d\u00e9cembre, le concert de l\u2019Orchestre Philharmonique de Strasbourg a fait voyager son public dans des contr\u00e9es chaudes. Avec \u00abImages pour Orchestre \u00bb de Claude Debussy et \u00ab Sh\u00e9h\u00e9razade \u00bb de Maurice Ravel, Marc Albrecht avait port\u00e9 son choix sur deux morceaux peu connus. Seulement la fin de la composition de Debussy \u00ab la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2622,3720],"tags":[],"class_list":["post-54380","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-konzert"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NpeJ-e96","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54380","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54380"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54380\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54380"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54380"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}