{"id":54375,"date":"2009-12-10T10:09:25","date_gmt":"2009-12-10T09:09:25","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/strasbourg-pendant-cette-periode-de-noel-autrement\/54375\/"},"modified":"2009-12-10T10:09:25","modified_gmt":"2009-12-10T09:09:25","slug":"strasbourg-pendant-cette-periode-de-noel-autrement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/strasbourg-pendant-cette-periode-de-noel-autrement\/54375\/","title":{"rendered":"Strasbourg pendant cette p\u00e9riode de No\u00ebl \u2013 autrement !"},"content":{"rendered":"<p><strong> <\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_1459\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><strong> <\/strong><strong><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/Tapisserie-Jesu-Geburt.JPG?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1459\" class=\"size-medium wp-image-1459\" title=\"Tapisserie Jesu Geburt\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/Tapisserie-Jesu-Geburt-300x225.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"Tapisserie Jesu Geburt (Photo:MP)\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><\/strong><p id=\"caption-attachment-1459\" class=\"wp-caption-text\">Tapisserie Jesu Geburt (Photo:MP)<\/p><\/div>\n<p>Un bruit de sabots, des clochettes tintinnabulent et le voil\u00e0 le carrosse qui prend le virage. Sur la plateforme \u00e0 l\u2019aire libre se serrent les passagers, tous bien emmitoufl\u00e9s dans leurs manteaux et leurs vestes bien chauds. Les t\u00eates se tournent de droite \u00e0 gauche et vice versa. Le froid ne semble pas g\u00eaner le cocher sur son si\u00e8ge muni d\u2019une cravache d\u2019une longueur exceptionnelle. Avec une voix tonitruante, il raconte \u00e0 chaque halte des faits historiques int\u00e9ressants de la ville, tout en se servant de sa cravache comme pour prolonger son index. Il raconte surtout comment \u00e9tait Strasbourg dans le temps.<\/p>\n<p>Actuellement, la ville distingu\u00e9e de Strasbourg, \u00ab la capitale secr\u00e8te de l\u2019Europe \u00bb &#8211; ainsi elle aime \u00e0 s\u2019intituler &#8211; comme tous les ans au mois de d\u00e9cembre se transforme en un gigantesque th\u00e9\u00e2tre de no\u00ebl vivant. Sur 11 places en tout de petits chalets aux toits pointus se serrent les uns aux autres. On y vend de l\u2019artisanat aussi bien que de petits sabl\u00e9s et du vin chaud. Mais aussi des guirlandes de no\u00ebl multicolores qui clignotent furieusement et des bonnets du p\u00e8re no\u00ebl \u00e9quip\u00e9s d\u2019une \u00e9toile \u00e9lectrique au bout \u2013 un succ\u00e8s \u00e9norme cette ann\u00e9e \u2013 sont propos\u00e9s \u00e0 la vente. Strasbourg semble \u00eatre en \u00e9bullition. Les autochtones r\u00e9fl\u00e9chissent par deux fois en ce qui concerne leurs itin\u00e9raires pour contourner ce fourmillement dans lequel ils risquent de rester bloqu\u00e9s. Apr\u00e8s leur travail en revanche ils aiment se m\u00ealer aux nombreux \u00e9trangers pour se r\u00e9chauffer autour d\u2019un punch. Mais  justement \u00e0 cette \u00e9poque Strasbourg montre un h\u00e9ritage culturel d\u2019un niveau exceptionnel \u00e0 ses visiteurs. Celui-ci est bien moins connu que le \u00ab Christkindelsm\u00e4rik \u00bb le fameux march\u00e9 de no\u00ebl.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas spectaculaire du tout, mais \u00e7a vous coupe le souffle : entre les piliers de la nef de la cath\u00e9drale de Strasbourg sont suspendues les 14 tapisseries baroques qui racontent la vie de la Vierge Marie dans ses \u00e9tapes les plus importantes. Ceux qui connaissent la cath\u00e9drale de Strasbourg et qui voient cet accrochage pour la premi\u00e8re fois peuvent \u00eatre un peu d\u00e9contenanc\u00e9s. Les tapisseries flottent contrairement \u00e0 ce que l\u2019on voit habituellement tr\u00e8s haut au dessus des t\u00eates et  forment une esp\u00e8ce de couloir qui m\u00e8ne de la nef jusqu\u2019au ch\u0153ur. Il faut renverser la t\u00eate compl\u00e8tement en arri\u00e8re pour pouvoir admirer les tissages superbes. Et on en a l\u2019occasion uniquement pendant la p\u00e9riode de l\u2019avent et \u00e0 No\u00ebl. Depuis l\u2019ach\u00e8vement des travaux de restauration en 1999, les tapisseries sont \u00e0 nouveau visibles tous les ans pendant ces quelques semaines.<\/p>\n<div id=\"attachment_1460\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/Tapisserie-Darbringung-im-Tempel.JPG?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1460\" class=\"size-medium wp-image-1460\" title=\"Tapisserie Darbringung im Tempel\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/Tapisserie-Darbringung-im-Tempel-300x225.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"Tapisserie Darbringung im Tempel (Foto: MP)\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1460\" class=\"wp-caption-text\">Tapisserie Darbringung im Tempel (Foto: MP)<\/p><\/div>\n<p>Pour en savoir plus sur elles, il faut se plonger dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e ou alors avoir la chance, comme moi, de rencontrer monsieur Xibaut, le chancelier de l\u2019archev\u00eaque et de l\u2019\u00e9couter parler de leur histoire mouvement\u00e9e. \u00ab Pendant longtemps, nous ne savions pas non plus grand-chose concernant le pass\u00e9 des tapisseries \u00bb avoue-t-il ouvertement et sans d\u00e9tour. Ce sont  les travaux et les recherches de ces  derni\u00e8res ann\u00e9es qui ont apport\u00e9 un \u00e9clairage dans ce noir historique. A l\u2019\u00e9poque de l\u2019achat, en l\u2019an 1739, il s\u2019agissait d\u2019une \u0153uvre tr\u00e8s moderne. Aujourd\u2019hui il s\u2019agit d\u2019une raret\u00e9 historique pr\u00e9cieuse. La mode est un ph\u00e9nom\u00e8ne qui a une courte dur\u00e9e de vie. Ce qui est \u00e0 la mode au printemps, passe pour de la ringardise en automne. Au 17e et 18e si\u00e8cle, les choses \u00e9taient diff\u00e9rentes, car, d\u2019apr\u00e8s le chancelier, quand les \u0153uvres tiss\u00e9es sont arriv\u00e9es \u00e0 Strasbourg elles avaient d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u00e2ge plus que respectable d\u2019une centaine d\u2019ann\u00e9es. Et malgr\u00e9 \u00e7a, elles passaient pour \u00eatre modernes. Elles \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme pr\u00e9curseur d\u2019un nouveau style \u2013 parisiennes somme toute. A l\u2019origine, elles ont effectivement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour Paris, plus exactement pour la cath\u00e9drale de \u00ab Notre-Dame \u00bb qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tait LA cath\u00e9drale fran\u00e7aise par excellence. En 1638, trois semaines avant la naissance de son premier enfant, Louis XIII avait fait un serment lourd de cons\u00e9quences : Il voulait d\u00e9dier la France toute enti\u00e8re \u00e0 la Vierge Marie au cas o\u00f9 na\u00eetrait un h\u00e9ritier m\u00e2le pour le tr\u00f4ne. Que c\u2019est effectivement arriv\u00e9 est de notori\u00e9t\u00e9 publique. Que la v\u00e9n\u00e9ration de la Vierge Marie a connu de la sorte son apog\u00e9e en France est moins connu. En son honneur, il y eu un agrandissement du ch\u0153ur de la cath\u00e9drale parisienne avec comme cons\u00e9quence, que les 14 tapisseries n\u2019avaient plus tout \u00e0 fait les dimensions requises par l\u2019architecture du passage. Mais le clerg\u00e9 parisien avait le sens des affaires. De plus, il tenait \u00e0 renforcer le r\u00e8gne du roi b\u00e9ni par l\u2019\u00e9glise, donc approuv\u00e9 par dieu, \u00e0 travers tout le pays. C\u2019est la raison pour laquelle les seigneurs du chapitre de Strasbourg, tous issus de la noble famille des Rohan d\u00e9cid\u00e8rent spontan\u00e9ment d\u2019acheter les tapisseries pour leur propre \u00e9glise. Accessoirement ils avaient l\u2019ambition de faire de Strasbourg la deuxi\u00e8me ville de France apr\u00e8s Paris. Pour y parvenir, suivre le go\u00fbt dominant en mati\u00e8re de culture \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque  indispensable. Peu importe qu\u2019il s\u2019agisse des beaux arts, de litt\u00e9rature ou d\u2019architecture \u2013 les Rohan voulaient \u00e0 tout prix imiter les rois de France. \u00ab Cette acquisition \u00e9tait \u00e9galement motiv\u00e9e par des r\u00e9flexions politiques \u00bb explique Xibaut cet achat quasiment strat\u00e9gique. Les tapisseries n\u2019avaient pas non plus les dimensions id\u00e9ales pour le ch\u0153ur de la cath\u00e9drale de Strasbourg \u2013 celui-ci \u00e9tait trop petit pour contenir les 14 \u0153uvres d\u2019un tr\u00e8s grand format. Mais on a transform\u00e9 cet inconv\u00e9nient en avantage : on mettait les tapisseries, tout comme aujourd\u2019hui dans la longue nef  de la cath\u00e9drale, l\u00e0 ou se rassemblaient les croyants. De cette fa\u00e7on on op\u00e9rait m\u00eame un certain rapprochement avec le peuple, car ce qui \u00e0 Paris n\u2019\u00e9tait visible que pour les dignitaires du clerg\u00e9 pouvait \u00eatre admir\u00e9 par le commun des mortels \u00e0 Strasbourg.<\/p>\n<p>Les courants des diff\u00e9rentes modes n\u2019\u00e9taient pas aussi \u00e9ph\u00e9m\u00e8res que de nos jours,  mais ils \u00e9taient n\u00e9anmoins soumis aux changements tout aussi in\u00e9vitables. Et ainsi, ces images saintes \u00e9taient un jour consid\u00e9r\u00e9es comme surann\u00e9es et peu adapt\u00e9es. On s\u2019est souvenu des beaut\u00e9s architecturales de la cath\u00e9drale et on ne voulait plus les cacher avec les tapisseries baroques. Au moins pendant la plus grande partie de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme l\u2019alsace lui-m\u00eame, ces \u0153uvres voyaient leur appartenance partag\u00e9e entre l\u2019Allemagne, la France, encore l\u2019Allemagne et \u00e0 nouveau la France. Pendant l\u2019occupation par les nazis qui consid\u00e9raient les tapisseries comme un bien culturel de premier ordre, elles couraient le risque d\u2019\u00eatre sorties d\u2019Alsace. Par chance et gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019engagement des chanoines de l\u2019\u00e9poque cela a pu \u00eatre emp\u00each\u00e9. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 entrepos\u00e9es au couvent de Saint Odile sur les hauteurs des Vosges, les tapisseries ont pu r\u00e9int\u00e9grer la cath\u00e9drale de Strasbourg sans encombre. Ainsi on peut \u00e0 nouveau les admirer \u00e0 loisir. Comme l\u2019adoration des rois, par exemple, o\u00f9 on peut apercevoir des rois orientaux dans leur v\u00eatements somptueux ainsi une partie de leur suite \u00e0 dos de cheval avec leurs banni\u00e8res dans le vent. Semblable \u00e0 toutes les tapisseries, l\u2019action est situ\u00e9e au milieu d\u2019un paysage architectural antique d\u00e9labr\u00e9. Ceci constitue d\u00e9j\u00e0 un indice sur le contexte historique de l\u2019\u00e9v\u00e8nement. Au 17e si\u00e8cle on \u00e9tait tr\u00e8s, tr\u00e8s loin d\u2019une interpr\u00e9tation contemporaine.<\/p>\n<p>J\u2019apprends aussi que 2 \u00e0 3 millions de personnes visitent tous les ans la cath\u00e9drale de Strasbourg. Un comptage plus pr\u00e9cis n\u2019existe pas. \u00ab Mais en d\u00e9cembre, la foule est particuli\u00e8rement nombreuse. En janvier, les gens qui s\u2019occupent du ravitaillement en mati\u00e8re de bougies pour la cath\u00e9drale sont \u00e9puis\u00e9s \u00bb remarque Monsieur le chancelier pour clore notre entretien.<\/p>\n<p>Et en effet. Apr\u00e8s le 6 janvier, le jour des rois mages, le calme revient. Les tapisseries sont remis\u00e9es dans l\u2019entrep\u00f4t, les march\u00e9s de no\u00ebl ont disparus et les deux chevaux du carrosse \u00e0 la double-plateforme  peuvent prendre leur repos bien m\u00e9rit\u00e9 \u2013 jusqu\u2019en d\u00e9cembre prochain!<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019Allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un bruit de sabots, des clochettes tintinnabulent et le voil\u00e0 le carrosse qui prend le virage. 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