{"id":54370,"date":"2009-12-08T22:03:55","date_gmt":"2009-12-08T21:03:55","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/le-cinema-dans-la-tete-grace-a-la-musique-de-lops\/54370\/"},"modified":"2009-12-08T22:03:55","modified_gmt":"2009-12-08T21:03:55","slug":"le-cinema-dans-la-tete-grace-a-la-musique-de-lops","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/le-cinema-dans-la-tete-grace-a-la-musique-de-lops\/54370\/","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma dans la t\u00eate &#8211; gr\u00e2ce \u00e0 la musique de l\u2019OPS"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les concerts de l\u2019OPS du 3 et 4 d\u00e9cembre \u00e9taient d\u00e9di\u00e9s \u00e0 Hans Werner Henze, Felix Mendelssohn-Bartholdy et Richard Strauss.<\/strong><\/p>\n<p><div id=\"attachment_1429\" style=\"width: 218px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/416px-Honor%C3%A9_Daumier_017.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1429\" class=\"size-medium wp-image-1429\" title=\"416px-Honor\u00e9_Daumier_017\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/416px-Honor%C3%A9_Daumier_017.jpg?resize=208%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"Honor\u00e8 Daumier - Don Quichotte und Sancho Pansa  (1886 \u00d6l auf Leinwand, 51 x 32 cm) Quelle: Wikipedia.org\" width=\"208\" height=\"300\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1429\" class=\"wp-caption-text\">Honor\u00e8 Daumier - Don Quichotte und Sancho Pansa  (1886 \u00d6l auf Leinwand, 51 x 32 cm) Quelle: Wikipedia.org<\/p><\/div><br \/>\nLa musique qu\u2019on \u00e9coutait avait un pouvoir \u00e9vocateur tel, qu\u2019\u00e0 travers elle des associations cin\u00e9matographiques se mettaient en place dans la t\u00eate du public.  Le v\u00e9cu traumatisant du jeune T\u00f6rless prenait vie dans l\u2019imaginaire de l\u2019auditoire. Tout autant que les sc\u00e8nes d\u2019une grande fra\u00eecheur et d\u2019un charme ind\u00e9niable sorties tout droit du \u00ab songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 \u00bb de William Shakespeare. En derni\u00e8re partie de soir\u00e9e, pendant le Don Quichotte de Richard Strauss, on avait les aventures du gentilhomme espagnol avec son Sancho Panso litt\u00e9ralement sous les yeux : Don Quichotte sur le cheval en bois, que son imagination incroyable faisait voler dans les airs, semblait effectivement planer au dessus des spectateurs.<\/p>\n<p>D\u00e8s le premier morceau, la fantaisie pour instruments \u00e0 cordes de Hans Werner Henze, le chef d\u2019orchestre Marc Albrecht montrait clairement, qu\u2019il ne comptait pas surench\u00e9rir sur le cot\u00e9 dramatique inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Il misait plut\u00f4t sur la dynamique et une puissance sonore bien dos\u00e9es. Et ceci valait non seulement pour la composition de Henze mais aussi pour les suivantes. Ce travail d\u2019interpr\u00e9tation est caract\u00e9ristique pour Marc Albrecht, qui  souligne de cette fa\u00e7on les caract\u00e9ristiques des \u0153uvres sans les exag\u00e9rer. Ceci lui permet de mettre en \u00e9vidence les nuances les plus subtiles, qui seraient certainement imperceptibles, si le tempo ou la puissance sonore \u00e9taient utilis\u00e9s diff\u00e9remment.<\/p>\n<p>Le morceau de Henze devenait ainsi un cal\u00e9idoscope de la cruaut\u00e9 et de la mis\u00e8re humaine qui alternait avec des s\u00e9quences plus calmes, pleines de pressentiments et de sentiments de r\u00e9signation. Il n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire d\u2019avoir lu  le roman de Robert Musil, ni indispensable d\u2019avoir vu sa version cin\u00e9matographique de l\u2019ann\u00e9e 1965 pour comprendre le sens que la musique traduisait si clairement.  En racontant l\u2019histoire du jeune T\u00f6rless, le premier film du r\u00e9alisateur Volker Schl\u00f6ndorff traitait des m\u00e9canismes du pouvoir et de l\u2019oppression. Et c\u2019\u00e9tait justement la musique de Henze que Schl\u00f6ndorff avait utilis\u00e9e pour son film. C\u2019est une \u0153uvre que l\u2019on ne joue que  tr\u00e8s rarement et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cette raison qu\u2019on pouvait l\u2019entendre \u00e0 Strasbourg. Il fait partie d\u2019une s\u00e9rie de compositions qu\u2019on a  rarement l\u2019occasion d\u2019\u00e9couter et que Marc Albrecht \u00e0 mis au programme avec l\u2019OPS durant cette saison. C\u2019est donc une pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice de la programmation de la saison en cours, ou l\u2019on pourra red\u00e9couvrir des morceaux anciens et en d\u00e9couvrir de nouveaux.<\/p>\n<p>La fantaisie de Henze est d\u2019un point de vue stylistique une sorte de conglom\u00e9rat bien calcul\u00e9 qui a plusieurs sources : Tant\u00f4t on reconna\u00eet des \u00e9l\u00e9ments qui font r\u00e9f\u00e9rence au romantisme tardif,  tant\u00f4t elle \u00e9voque des souvenirs de Stravinsky. Quand les basses des instruments \u00e0 cordes font un usage rythmique de leurs instruments, elle montre m\u00eame un esprit contemporain. Cette \u0153uvre avec son large spectre de sonorit\u00e9s d\u2019un grand pouvoir d\u2019illustration et d\u2019une grande force d\u2019expression donnait au public strasbourgeois la possibilit\u00e9 d\u2019appr\u00e9cier les instruments \u00e0 cordes de l\u2019OPS, totalement libres de toute autre influence sonore. Un moment merveilleux !<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me \u0153uvre, le \u00ab songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 \u00bb avec son ouverture, le scherzo, le nocturne et la marche nuptiale de F\u00e9lix Mendelssohn-Bartholdy, constituait un contraste \u00e9motionnel total. Mendelssohn a d\u00e9couvert la pi\u00e8ce de Shakespeare en 1826. Dans un premier temps il a \u00e9crit une ouverture qui \u00e0 elle seule repr\u00e9sente la totalit\u00e9 de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, restituant \u00e0 merveille ses impressions enchanteresses. 17 ans plus tard on lui a demand\u00e9 d\u2019\u00e9crire une musique sc\u00e9nique pour la mise en sc\u00e8ne d\u2019une pi\u00e8ce de Ludwig Tieck \u00e0 Berlin. Cette composition est rarement jou\u00e9e dans sa version int\u00e9grale. La plupart du temps cette \u0153uvre ne trouve son chemin dans les salles de concerts que sous une forme abr\u00e9g\u00e9e ou par morceaux choisis ; comme \u00e0 Strasbourg. Le mouvement le plus connu, la marche nuptiale est dans sa version pour orgue d\u2019une certaine fa\u00e7on descendu dans la rue. C\u2019est devenu une sorte de chanson populaire solennelle dont le th\u00e8me principal r\u00e9sonnait et r\u00e9sonne toujours \u00e0 des centaines de milliers de mariages. En 1858, jouissant toujours d\u2019une popularit\u00e9 in\u00e9gal\u00e9e, elle a  m\u00eame \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e au mariage de la princesse Victoria de Grande Bretagne et d\u2019Irlande avec le prince h\u00e9ritier prussien Fr\u00e9d\u00e9ric-Guillaume.<\/p>\n<p>A juste titre c\u2019\u00e9taient surtout les cuivres qui pouvaient tirer l\u2019attention sur eux: Leurs rentr\u00e9es et leur interpr\u00e9tation bien dos\u00e9es accompagnaient les personnages f\u00e9\u00e9riques et enchant\u00e9s \u00e0 travers  les for\u00eats d\u2019\u00e9t\u00e9 du premier au dernier mouvement, sans qu\u2019Albrecht leur permette de reprendre leur souffle. Il emmenait les couples amoureux \u00e0 l\u2019autel non pas au pas lent et soporifique mais il les y faisait courir dans la joie. Une preuve que la marche nuptiale de Mendelssohn peut se passer d\u2019un pathos exag\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_1425\" style=\"width: 232px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/SOMOV-Alexander1.JPG?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1425\" class=\"size-medium wp-image-1425\" title=\"SOMOV Alexander\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/SOMOV-Alexander1-222x300.jpg?resize=222%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"Alexander Somov (Foto: OPS)\" width=\"222\" height=\"300\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1425\" class=\"wp-caption-text\">Alexander Somov (Foto: OPS)<\/p><\/div><br \/>\nDeux musiciens attendaient le point culminant de la soir\u00e9e avec une impatience fi\u00e9vreuse \u2013 Alexander Somov et Harold Hirtz. Somov est premier violoncelliste de l\u2019orchestre, Hirtz est premier altiste. Ils incarnaient le \u00ab couple \u00bb litt\u00e9raire de Don Quichotte et de Sancho Pansa, les personnages du roman de Miguel de Cervant\u00e8s. Bien accompagn\u00e9s ils n\u2019agissaient pas seuls mais ils r\u00e9agissaient aux rentr\u00e9es courtes et brillantes comme celles du violon ou des bassons. Et l\u00e0 aussi, Marc Albrecht s\u2019effor\u00e7ait \u00e0 ne pas laisser sombrer le romantisme dans un kitsch path\u00e9tique. Il y arrivait gr\u00e2ce au tempo soutenu et aux transitions rapides. Selon le r\u00f4le qu\u2019il avait endoss\u00e9, Somov devenait sauvage, enrageant sur son violoncelle, en opposition \u00e0 Hirtz, qui de toute \u00e9vidence cherchait dans les passages lyriques l\u2019aide d\u2019un vibrato tout en sensibilit\u00e9 \u00e0 calmer son ma\u00eetre au caract\u00e8re volcanique. Mais le beau violon de Vladen Chernomor avait aussi son part \u00e0 jouer et compl\u00e9tait tout en brillance le spectre musical du violoncelle et de l\u2019alto. Somov n\u2019impressionnait pas seulement dans les passages techniquement tr\u00e8s difficiles. Il r\u00e9ussissait surtout dans les derni\u00e8res mesures \u00e0 transmettre  merveilleusement les sentiments de Don Quichotte qui, revenant \u00e0 lui, sombrait dans une profonde m\u00e9lancolie. Tant et si bien qu\u2019apr\u00e8s avoir per\u00e7u la derni\u00e8re note, le public dans la salle gardait  un silence \u00e9mu. Hirtz a jou\u00e9 l\u2019un des plus beaux soli jamais \u00e9crit pour l\u2019alto tout en \u00e9tant en fusion musicale totale avec son r\u00f4le. Celui du serviteur et fid\u00e8le compagnon de route de son ma\u00eetre.<\/p>\n<p>Pendant cette soir\u00e9e sous la direction de Marc Albrecht il devenait tr\u00e8s clair pourquoi l\u2019OPS est actuellement d\u2019une qualit\u00e9 si exceptionnelle. De toute \u00e9vidence, chaque voix instrumentale est id\u00e9alement distribu\u00e9e, Somov et Hirtz en ont donn\u00e9 une preuve impressionnante.<\/p>\n<p>Que tous les responsables des modalit\u00e9s de s\u00e9lection passent devant le rideau !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les concerts de l\u2019OPS du 3 et 4 d\u00e9cembre \u00e9taient d\u00e9di\u00e9s \u00e0 Hans Werner Henze, Felix Mendelssohn-Bartholdy et Richard Strauss. La musique qu\u2019on \u00e9coutait avait un pouvoir \u00e9vocateur tel, qu\u2019\u00e0 travers elle des associations cin\u00e9matographiques se mettaient en place dans la t\u00eate du public. 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