{"id":54326,"date":"2009-11-18T16:58:39","date_gmt":"2009-11-18T15:58:39","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/le-plus-esthetique-des-mondes\/54326\/"},"modified":"2009-11-18T16:58:39","modified_gmt":"2009-11-18T15:58:39","slug":"le-plus-esthetique-des-mondes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/le-plus-esthetique-des-mondes\/54326\/","title":{"rendered":"Le plus esth\u00e9tique des mondes"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est avec le \u00ab Rameau-Richter-Project \u00bb que le ballet de l\u2019op\u00e9ra national du Rhin  \u00e0 Strasbourg a ouvert la saison 09\/10. Les danseurs et danseuses ont montr\u00e9 comment on peut mettre de la musique classique et contemporaine sur une sc\u00e8ne : Trois pi\u00e8ces diff\u00e9rentes, trois approches chor\u00e9graphiques  distinctes!<\/p>\n<p>Les compositeurs Max Richter et Jean-Philippe Rameau ont donn\u00e9 leur nom \u00e0 ce projet. Huey Benjamin qui a compos\u00e9 la troisi\u00e8me \u0153uvre inspir\u00e9e par Rameau, n\u2019est pas cit\u00e9 au titre.<\/p>\n<div id=\"attachment_1379\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/songs-for-before_photo-jl-tanghe82.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1379\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/songs-for-before_photo-jl-tanghe82.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"songs-for-before (photo: jl-tanghe8)\" title=\"songs-for-before_photo-jl-tanghe8\" width=\"300\" height=\"200\" class=\"size-medium wp-image-1379\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1379\" class=\"wp-caption-text\">songs-for-before (photo: jl-tanghe8)<\/p><\/div>\n<p>La chor\u00e9graphe Lucinda Childs conna\u00eet parfaitement bien l\u2019ensemble de Strasbourg. C\u2019est elle qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation \u00ab Song from Before \u00bb d\u2019apr\u00e8s la musique \u00e9lectronique quoique \u00e9l\u00e9giaque de Max Richter. Le d\u00e9cor \u00e9tait simple, mais efficace: Trois stores \u00e0 lamelles bougeaient d\u2019un cot\u00e9 \u00e0 l\u2019autre de la sc\u00e8ne pendant la repr\u00e9sentation. C\u2019\u00e9tait une sorte de jeu de miroir,  l\u2019expression de la proximit\u00e9 et de l\u2019\u00e9loignement, le symbole du pr\u00e9sent et du pass\u00e9. La chor\u00e9graphe travaille avec les figures du r\u00e9pertoire classique du ballet. Les longs passages de sauts extr\u00eamement pr\u00e9cis sont particuli\u00e8rement impressionnants, car ils sont ex\u00e9cut\u00e9s par l\u2019ensemble de la troupe sous forme de cascades. Une onde de danse sans fin qui pour quelques instants arrive \u00e0 faire oublier que l\u2019homme est li\u00e9 au sol terrestre et emporte le public dans un monde esth\u00e9tique diff\u00e9rent. Le th\u00e8me de Child est l\u2019\u00e9ternel jeu de l\u2019amour, de la solitude, de la plus profonde affection et de la haine la plus sauvage. La rencontre et la s\u00e9paration des diff\u00e9rents couples, ainsi que l\u2019univers de leurs relations sont exprim\u00e9s avec tr\u00e8s peu de figures. Une pi\u00e8ce v\u00e9ritablement charmante avec une musique que l\u2019on aimerait entendre plus souvent.<\/p>\n<div id=\"attachment_1377\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/suite_photo-jl-tanghe21.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1377\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/suite_photo-jl-tanghe21.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"Suite (photo: jo-tanghe2)\" title=\"suite_photo-jl-tanghe2\" width=\"300\" height=\"200\" class=\"size-medium wp-image-1377\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1377\" class=\"wp-caption-text\">Suite (photo: jo-tanghe2)<\/p><\/div>\n<p>Le travail de Jo Str\u03d5mgren \u00abSuite\u00bb, une sorte de  cal\u00e9idoscope de relations de couples \u00e9tait plus que divertissant. Cette danse d\u2019expression avec beaucoup de nouvelles poses et de mouvements inhabituels s\u2019accordait \u00e9tonnamment bien avec la musique baroque de Rameau. Tout tourne autour du centre de la sc\u00e8ne : Un piano \u00e0 queue noir sur lequel le pianiste Maxime George joue une suite de Rameau. Son jeu a un effet quasi hypnotique sur les danseuses, ce qui ne pla\u00eet gu\u00e8re \u00e0 leurs partenaires. Ceux-ci essaient par tous les moyens d\u2019attirer les femmes, de les accaparer, de les charmer ou alors de les emp\u00eacher par la force d\u2019appr\u00e9cier la musique qu\u2019elles \u00e9coutent. Mais sans succ\u00e8s. Aucune relation ne r\u00e9siste. Str\u03d5mgren livre un travail truff\u00e9 d\u2019humour. Les danseuses s\u2019accrochent litt\u00e9ralement au piano noir et leurs partenaires ont toutes les peines du monde \u00e0 les en faire partir. Il ne s\u2019agit non seulement d\u2019une id\u00e9e dr\u00f4le, mais \u00e9galement  d\u2019une performance de danse de haut vol. De plus, cette sc\u00e8ne porte la signature inimitable de son cr\u00e9ateur. Avec \u00ab Suite \u00bb Jo Str\u03d5mgren a cr\u00e9\u00e9 une pi\u00e8ce dans laquelle le plus haut niveau artistique et une bonne dose d\u2019humour coexistent en parfait \u00e9quilibre.  On ne peut imaginer danse contemporaine plus complexe. Et tout ceci accompagn\u00e9 par de la musique baroque. Un chef d\u2019\u0153uvre ! Et comme cerise sur le g\u00e2teau, ce ballet initialement cr\u00e9e pour la troupe de Str\u03d5mgren en Norv\u00e8ge \u00e9tait id\u00e9alement interpr\u00e9t\u00e9 par l\u2019ensemble de Strasbourg.<\/p>\n<div id=\"attachment_1378\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/un-black-de-garry-stewart.-ballet-du-rhin-.-photo-jl.-tanghe.-091022_dr_893731.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1378\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/un-black-de-garry-stewart.-ballet-du-rhin-.-photo-jl.-tanghe.-091022_dr_893731.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"un-black de Garry Stewart (fphoto:jl.tanghe.-091022_dr_89373\" title=\"un-black-de-garry-stewart.-ballet-du-rhin-.-photo-jl.-tanghe.-091022_dr_89373\" width=\"300\" height=\"200\" class=\"size-medium wp-image-1378\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1378\" class=\"wp-caption-text\">un-black de Garry Stewart (fphoto:jl.tanghe.-091022_dr_89373<\/p><\/div>\n<p>La troisi\u00e8me partie de la soir\u00e9e, \u00abUn-black\u00bb du chor\u00e9graphe australien Gary Stewart \u00e9tait une sorte de contre-point par rapport aux deux pi\u00e8ces pr\u00e9c\u00e9dentes. Ce n\u2019est pas le cot\u00e9 a\u00e9rien de la danse, l\u2019esth\u00e9tique diaphane et l\u00e9g\u00e8re qui l\u2019int\u00e9ressent, mais une sorte de vision d\u2019avenir utopique de l\u2019homme-travailleur robotis\u00e9 qui pourrait presque faire peur.<\/p>\n<p>Ils se d\u00e9tachent du noir de la sc\u00e8ne et apparaissent les uns apr\u00e8s les autres en uniforme de travail gris. Accompagn\u00e9s par les rythmes de percussions forts de Huey Benjamin, qui a bas\u00e9 la structure de cette composition sur la rythmique exacte de Rameau. Suivant un sch\u00e9ma de composition minimaliste, la musique se contente tout au long de l\u2019\u0153uvre de quelques sons seulement, mais dispose malgr\u00e9 tout d\u2019une certaine progression et de dynamisme. Stewart utilise la musique pour mettre les danseurs dans une esp\u00e8ce de transe de mouvements rapides, dont les changements de direction brusques sont totalement  impr\u00e9visibles pour le public. Il utilise aussi bien les \u00e9l\u00e9ments de style de la techno, que ceux du yoga, du tai-chi, de la danse classique ou alors de la danse contemporaine. Le r\u00e9sultat est une sorte de suite de mouvements totalement in\u00e9dite. L\u2019homme tel qu\u2019il semble le percevoir n\u2019a pas d\u2019\u00e2me, pas de volont\u00e9. Il ob\u00e9it sans opposer de r\u00e9sistance \u00e0 un pouvoir sup\u00e9rieur, qui ne s\u2019int\u00e9resse apparemment qu\u2019aux unit\u00e9s de production en parfait \u00e9tat de marche. La plus grande difficult\u00e9 pour la troupe est l\u2019ex\u00e9cution synchrone des mouvements dont la rapidit\u00e9 est extr\u00eame, ce qui implique une certaine approximation.  Les pi\u00e8ces techniques du d\u00e9cor renforcent cette impression d\u2019un monde de travail technologique, qui ne tient plus compte des \u00eatres humains. Et comme suite logique, les hommes s\u2019effondrent dans une esp\u00e8ce de collapse collectif.<\/p>\n<p>Une soir\u00e9e de ballet qui gr\u00e2ce \u00e0 ces trois approches diff\u00e9rentes montre de fa\u00e7on merveilleuse le large spectre de la danse contemporaine et donne envie de voir les autres repr\u00e9sentations  qui vont suivre durant cette nouvelle saison.<\/p>\n<p>Traduction de l\u00b4allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est avec le \u00ab Rameau-Richter-Project \u00bb que le ballet de l\u2019op\u00e9ra national du Rhin \u00e0 Strasbourg a ouvert la saison 09\/10. Les danseurs et danseuses ont montr\u00e9 comment on peut mettre de la musique classique et contemporaine sur une sc\u00e8ne : Trois pi\u00e8ces diff\u00e9rentes, trois approches chor\u00e9graphiques distinctes! 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