{"id":54320,"date":"2009-11-17T10:46:13","date_gmt":"2009-11-17T09:46:13","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/interview-avec-timothy-brock\/54320\/"},"modified":"2009-11-17T10:46:13","modified_gmt":"2009-11-17T09:46:13","slug":"interview-avec-timothy-brock","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/interview-avec-timothy-brock\/54320\/","title":{"rendered":"Interview avec Timothy Brock"},"content":{"rendered":"<p><strong>A l\u2019occasion de sa prestation en tant qu\u2019invit\u00e9 par l\u2019OPS en novembre 2009 \u00e0 Strasbourg.<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_1132\" style=\"width: 235px\" class=\"wp-caption alignleft\"><em> <\/em><em><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/BROCK_04.JPG?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1132\" class=\"size-medium wp-image-1132\" title=\"BROCK_04\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/BROCK_04-225x300.jpg?resize=225%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"Timothy Brock (c) Timothy Brock\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><\/em><p id=\"caption-attachment-1132\" class=\"wp-caption-text\">Timothy Brock (c) Timothy Brock<\/p><\/div>\n<p><em>Monsieur Brock, o\u00f9 avez-vous grandi et quel chemin avez-vous parcouru pour arriver \u00e0 la musique?<\/em><\/p>\n<p>Je suis n\u00e9 \u00e0 l\u2019Ohio. Mon p\u00e8re \u00e9tait pr\u00e9dicateur et nous avons fait beaucoup de musique \u00e0 la maison, mais uniquement \u00e0 un niveau amateur. Mais avant m\u00eame de savoir lire, je savais d\u00e9chiffrer une partition et lire les notes des chants que nous chantions. Ceux compos\u00e9s par Charles Ives m\u2019ont particuli\u00e8rement marqu\u00e9.<\/p>\n<p><em>O\u00f9 est-ce que vous avez fait vos \u00e9tudes de musique ?<\/em><\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas fait d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019universit\u00e9, mais j\u2019ai re\u00e7u un enseignement priv\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019\u00e2ge de 16 ans. Bernstein et Copland m\u2019ont beaucoup influenc\u00e9. C\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode difficile pour moi, car quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier la composition, je n\u2019avais que 16 ans, ce qui est tr\u00e8s jeune.<\/p>\n<p><em>Vous avez \u00e9crit vos premi\u00e8res compositions \u00e0 17 ans, entre autres des symphonies, des concerts, un requiem et deux op\u00e9ras. Comment d\u00e9finiriez-vous votre style ?<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est difficile pour moi d\u2019exprimer cela verbalement, mais je dirais que mes compositions ont un son am\u00e9ricain, tout en \u00e9tant influenc\u00e9es par la musique europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><em>Y a-t-il des CDs de ces \u0153uvres ?<\/em><\/p>\n<p>Non, plus maintenant. Ces enregistrements ont effectivement exist\u00e9, mais pour le moment ils ne sont plus disponibles dans le commerce. Mais de nouveaux enregistrements sont pr\u00e9vus dans peu de temps.<\/p>\n<p><em>Avez-vous arr\u00eat\u00e9 de composer ?<\/em><\/p>\n<p>Non, \u00e0 vrai dire, je compose quotidiennement. Un compositeur on ne doit jamais arr\u00eater de travailler la composition. Il faut \u00e9crire un peu tous les jours, ce que je fais. Actuellement je m\u2019 int\u00e9resse  particuli\u00e8rement \u00e0 la musique de chambre.<\/p>\n<p><em>Vous \u00e9tiez directeur musical du \u00ab Olympia Chamber Orchestra \u00bb. Quel \u00e9tait d\u00e9fi pour vous dans l\u2019exercice de cette fonction ?<\/em><\/p>\n<p>Au niveau du r\u00e9pertoire, l\u2019orchestre se positionnait tout \u00e0 fait au 20e si\u00e8cle. C\u2019\u00e9tait un orchestre en constante progression. Nous jouions beaucoup de premi\u00e8res et nous accompagnions \u00e9galement beaucoup de projections de films. Ou alors, nous nous produisions carr\u00e9ment avec un r\u00e9pertoire de musique de films. A son \u00e9poque, l\u2019OCO \u00e9tait le seul orchestre de ce genre. Quand je l\u2019ai quitt\u00e9, c\u2019\u00e9tait  au moment o\u00f9 le gouvernement George W. Bush est arriv\u00e9 au pouvoir, il commen\u00e7ait \u00e0 p\u00e9ricliter, car sans les subventions que l\u2019administration Bush refusait de continuer \u00e0 verser, il \u00e9tait impossible de le maintenir.<\/p>\n<p><em>Du temps du \u00ab OCO \u00bb, comme vous l\u2019aviez d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, vous vous \u00eates beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la musique du 20e si\u00e8cle. Y avait-il d\u2019autres p\u00f4les d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 part les partitions de film ?<\/em><\/p>\n<p>Vous savez, en Am\u00e9rique, en particulier \u00e0 cette \u00e9poque, un concert sans r\u00e9pertoire classique n\u2019\u00e9tait tout simplement pas un bon concert aux yeux du public. Donc, j\u2019\u00e9tais oblig\u00e9 d\u2019imaginer des combinaisons : Nous jouions par exemple Brahms et un compositeur inconnu. J\u2019ai toujours consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait de mon devoir de faire conna\u00eetre des compositeurs tr\u00e8s peu connus ou inconnus. Il y a tant de compositeurs, comme par exemple Alexander von Zemlinsky que l\u2019on joue beaucoup trop rarement. Nous jouions aussi des pi\u00e8ces de Bartok rest\u00e9es inconnues ou alors des \u0153uvres comme \u00abEgmont \u00bb dans sa totalit\u00e9 et pas seulement l\u2019ouverture. Et j\u2019aime aussi faire entendre de la \u00ab musique d\u00e9natur\u00e9e \u00bb, donc la musique qui \u00e9tait interdite du temps du r\u00e9gime Nazi.<\/p>\n<p><em>Comment trouvez-vous les partitions ? Cela ne doit pas toujours \u00eatre \u00e9vident!<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est exact. Mais de nos jours, la situation s\u2019est bien am\u00e9lior\u00e9e.  Beaucoup de choses ont \u00e9t\u00e9   \u00e9tudi\u00e9es par des chercheurs et sont donc accessibles. Mais quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019y int\u00e9resser, le chemin jusqu\u2019aux partitions \u00e9tait souvent sem\u00e9 d\u2019embuches. J\u2019ai un tr\u00e8s bon ami danois qui est compositeur lui aussi. Je lui ai confi\u00e9 un jour, que j\u2019aimerais beaucoup jouer une certaine \u0153uvre de Leo Schmidt, mais que la partition \u00e9tait introuvable. Il s\u2019est rendu dans le centre culturel juif et en effet, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a mis la main sur le seul exemplaire de cette symphonie en C, que nous avons copi\u00e9e et dont je pouvais me servir par la suite. C\u2019\u00e9tait aussi difficile pour trouver des \u0153uvres de Hans Kr\u00e1sa ou Victor Uhlmann, dont on a jou\u00e9 \u00ab L\u2019empereur d\u2019Atlantis \u00bb. Les deux ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 Theresienstadt, mais quand j\u2019ai fait mes recherches, les archives n\u2019\u00e9taient pas encore totalement explor\u00e9es. Schulhof est \u00e9galement un compositeur totalement oubli\u00e9 de nos jours. Mais \u00e0 mon avis, il faut les faire conna\u00eetre, pour faire savoir ne serait-ce qu\u2019ils ont v\u00e9cu. J\u2019aimerais avoir plus souvent l\u2019occasion de jouer la musique de cette p\u00e9riode et la faire conna\u00eetre aupr\u00e8s d\u2019un large public. Pour le moment, je ne dirige que 25 \u2013 30 % de concerts en dehors de mon activit\u00e9 autour du film muet. Mais j\u2019aimerais que cela change. Peut-\u00eatre aurai-je \u00e0 l\u2019avenir la possibilit\u00e9 de collaborer de fa\u00e7on p\u00e9renne avec un orchestre. De cette fa\u00e7on, je pourrais me concentrer davantage sur cette musique.<\/p>\n<p><em>Vous avez fait des allusions \u00e0 la musique que l \u00bbLCO \u00bb a jou\u00e9e pour accompagner des films. De quelle fa\u00e7on \u00eates-vous entr\u00e9 en contact  pour la premi\u00e8re fois avec la musique de films ?<\/em><\/p>\n<p>Ca s\u2019est pass\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t. A partir de l\u2019\u00e2ge de 10 ans, j\u2019accompagnais des films muets tous les samedis au piano. Il s\u2019agissait souvent de films de Stan Laurel et Oliver Hardy, ou alors de Buster Keaton. J\u2019\u00e9tais \u00e9galement en charge du choix des films, ce qui n\u2019\u00e9tait pas chose facile \u00e0 cet \u00e2ge-l\u00e0. Je n\u2019\u00e9tais pas tr\u00e8s organis\u00e9, et j\u2019allais souvent emprunter des films \u00e0 la vid\u00e9oth\u00e8que municipale au tout dernier moment. Mais parfois ils ne restaient que des films que personne n\u2019avait envie de regarder. Et dans la mesure o\u00f9 nos projections du samedi apr\u00e8s-midi devaient avoir lieu, quoi qu\u2019il arrive, j\u2019\u00e9tais bien oblig\u00e9 de prendre ce qui restait. Et du coup, il m\u2019arrivait d\u2019accompagner des documentaires sur les castors sauvages au piano !  A 22 ans j\u2019ai \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 pour la premi\u00e8re fois avec la restauration de partitions de films, gr\u00e2ce \u00e0 un vieil historien. Il avait des contacts dans l\u2019industrie du film et connaissait beaucoup de monde. Dans les ann\u00e9es quarante, il avait rencontr\u00e9 David Raskin par exemple.  Raskin  avait assist\u00e9 Chaplin pour la partition du film \u00ab Les temps modernes \u00bb. Et en 1998, les Chaplin ont fait appel \u00e0 moi pour que j\u2019apporte ma contribution \u00e0 la restauration de la partition des \u00ab Temps modernes \u00bb.<\/p>\n<p><em>Comment peut-on imaginer la restauration d\u2019une partition ?<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est un processus tr\u00e8s long. Chaplin jouait du violon et du piano, mais seulement \u00e0 l\u2019oreille. Il aimait beaucoup chanter aussi. Quand il avait une m\u00e9lodie en t\u00eate, il avait besoin de quelqu\u2019un \u00e0 cot\u00e9 de lui, capable de noter ses id\u00e9es. Les diff\u00e9rentes parties \u00e9taient ensuite orchestr\u00e9es et enregistr\u00e9es par petit bout sur des rouleaux. Chaplin \u00e9coutait ensuite le r\u00e9sultat  et changeait les choses qui ne lui convenaient pas. Tout ce qui a jamais \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 ou not\u00e9 est archiv\u00e9, mais pour une partition existent parfois 5 \u2013 6 boites d\u2019archives dans lesquelles on trouve non seulement le mat\u00e9riel de son mais aussi des factures ou des sous-verres sur lesquels on avait not\u00e9 des id\u00e9es. Apr\u00e8s avoir tout vu et entendu une premi\u00e8re fois, je d\u00e9cide quelles versions me semblent les meilleures et je fais les arrangements musicaux \u2013 de la flute \u00ab piccolo \u00bb jusqu\u2019\u00e0 la contrebasse. Ensuite je r\u00e9fl\u00e9chis sur l\u2019interpr\u00e9tation et j\u2019appose les indications ad\u00e9quates : glissando, vibrato ou alors l\u2019usage de la sourdine pour les tromp\u00e8tes. Ce n\u2019est pas \u00e9vident, car dans le temps on travaillait avec toute une panoplie de sourdines, une quinzaine. De nos jours, on se contente en g\u00e9n\u00e9ral de trois. Bien entendu, j\u2019essaie de rendre la partition aussi \u00ab jouable \u00bb que possible et il peut arriver que je proc\u00e8de au changement d\u2019un instrument. Par exemple, pour \u00ab Lumi\u00e8res de la ville \u00bb, j\u2019ai chang\u00e9 un  saxophone-basse  contre une clarinette-basse.<\/p>\n<p><em>Mais est-ce que cela ne signifie pas en m\u00eame temps un changement de son ?<\/em><\/p>\n<p>Bien sur. Aujourd\u2019hui, le son est diff\u00e9rent par rapport \u00e0 celui des ann\u00e9es vingt ou trente. Les musiciens de l\u2019\u00e9poque qui sont encore en vie aujourd\u2019hui se plaignent souvent en disant : Vous ne le jouez pas comme on l\u2019a jou\u00e9, nous. Mais il faut prendre plusieurs choses en consid\u00e9ration : Les enseignants de l\u2019\u00e9poque n\u2019existent plus, et la fa\u00e7on dont on pratique la musique a chang\u00e9 elle aussi. Le suis convaincu, que nous ne jouons pas non plus le requiem de Verdi comme il a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 en son temps. Naturellement, j\u2019essaie de coller autant que possible au son original, mais je suis conscient, que ce n\u2019est que partiellement possible.<\/p>\n<p><em>Avez-vous le sentiment d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de passer outre votre propre musicalit\u00e9 quand vous restaurez une partition?<\/em><\/p>\n<p>Non, en fait, pas du tout. J\u2019aime ce travail. Il est exigeant, il faut \u00eatre pr\u00e9cis et j\u2019adore \u00e7a. Je trouve cette obligation d\u2019\u00eatre si pr\u00e9cis merveilleuse.<\/p>\n<p><em>Combien de temps mettez-vous pour la restauration totale d\u2019une \u0153uvre ?<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est variable. Ca peut aller de 8 mois \u2013 c\u2019est le temps que j\u2019ai mis pour \u00ab Lumi\u00e8res de la ville \u00bb &#8211; jusqu\u2019\u00e0 14 mois.<\/p>\n<p><em>Du temps du film muet, il y avait beaucoup de musiciens, qui accompagnaient les films au cin\u00e9ma, dont des pianistes. Est-ce que l\u2019accompagnement orchestral \u00e9tait encore d\u2019usage, \u00e0 partir du moment o\u00f9 la \u00ab bande son \u00bb a fait son entr\u00e9e ?<\/em><\/p>\n<p>Oui, absolument. Dans les grandes villes am\u00e9ricaines c\u2019\u00e9taient m\u00eame de grands orchestres qui \u00e9taient charg\u00e9s de l\u2019accompagnement musical des films. A Chicago par exemple, certains membres de l\u2019orchestre symphonique jouaient aussi au cin\u00e9ma. Pour donner un exemple,  le \u00abRoxy Theater \u00bb \u00e0 New York employait 45 musiciens. Un accompagnateur au piano qui faisait l\u2019illustration sonore notamment des films de Chaplin \u00e9tait Chostakovitch. Mais pas pour tr\u00e8s longtemps, car le directeur du cin\u00e9ma l\u2019a mis \u00e0 la porte. Tout en jouant, Chostakovitch a \u00e9clat\u00e9 de rire \u00e0 plusieurs reprises, ce qui n\u2019a pas plu du tout au directeur, qui d\u00e9clara qu\u2019il le payait pour jouer et non pas pour rire\u2026.. Chostakovitch prenait les choses avec beaucoup de d\u00e9tachement et constata : \u00ab Ce n\u2019est pas plus mal. Ce job n\u2019\u00e9tait pas pour moi de toutes les fa\u00e7ons\u2026 ! \u00bb<\/p>\n<p><em>Auriez-vous envie d\u2019\u00e9crire de la musique de film pour une \u0153uvre contemporaine ?<\/em><\/p>\n<p>Non, pas du tout !<\/p>\n<p><em>Et pourquoi ?<\/em><\/p>\n<p>Parce que dans ce cas-l\u00e0 vous \u00eates en contact avec beaucoup de gens qui ne connaissent rien \u00e0 la musique et qui veulent tous avoir leur mot \u00e0 dire. Je trouve ce genre de travail tr\u00e8s ennuyeux. Cela n\u2019est pas un d\u00e9fi pour moi. Quand j\u2019\u00e9tais jeune, j\u2019ai fait une fois une musique horrible pour la maison Disney. Cela m\u2019a suffi. J\u2019ai \u00e9galement collabor\u00e9 avec Bertolucci, sans que mon nom soit cit\u00e9. Je l\u2019ai conseill\u00e9 pour lui \u00e9viter de commettre des erreurs.<\/p>\n<p><em>Les films muets de Chaplin connaissent un succ\u00e8s qui va en crescendo. Cela signifie que vous \u00eates de plus en plus pr\u00e9sent dans ce cr\u00e9neau ?<\/em><\/p>\n<p>Oui, c\u2019est juste. J\u2019aimerais bien diriger autre-chose de temps \u00e0 autre. Mais j\u2019ai la chance d\u2019\u00eatre invit\u00e9 par les orchestres avec lesquels j\u2019ai travaill\u00e9 sur les films muets pour d\u2019autres concerts. Ce qui est passionnant, c\u2019est de voyager \u00e0 travers le monde entier. Je fais des exp\u00e9riences int\u00e9ressantes, comme par exemple en Cor\u00e9e, o\u00f9 l\u2019on a projet\u00e9 un film de Chaplin pour la toute premi\u00e8re fois, ou alors aussi \u00e0 Moscou, en Nouvelle Z\u00e9lande ou \u00e0 Abu Dhabi. Il y a quelques ann\u00e9es, nous avons accompagn\u00e9  une projection d\u2019un film de trois heures au Caire. Ce genre de spectacle ram\u00e8ne de public dans les salles de concert. C\u2019est la raison pour laquelle les organisateurs programment de plus en plus souvent ces \u00e9v\u00e8nements musicaux. Ils offrent tout simplement la possibilit\u00e9 aux gens d\u2019\u00e9couter un orchestre en esp\u00e9rant que ce spectacle leur donne envie d\u2019assister \u00e0 d\u2019autres concerts.<\/p>\n<p><em>Avez-vous constat\u00e9 des diff\u00e9rences entre les diverses formations que vous dirigez pour les m\u00eames \u0153uvres ?<\/em><\/p>\n<p>Oui, imm\u00e9diatement apr\u00e8s les premi\u00e8res mesures j\u2019entends le positionnement de l\u2019orchestre. Il y a d\u2019\u00e9normes diff\u00e9rences qui peuvent \u00eatre d\u2019ordre national voir international. Ma r\u00e9sidence principale est \u00e0 Bologne, o\u00f9 l\u2019on restaure justement les films de Chaplin. Je constate, qu\u2019il y a des diff\u00e9rences notables entre les orchestres du nord et ceux du sud \u2013 parfois ces diff\u00e9rences sont affreuses !<\/p>\n<p><em>Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez dire \u00e0 nos lecteurs ?<\/em><\/p>\n<p>Oui, volontiers : Si vous allez voir une projection de film avec un accompagnement orchestral, ne portez pas votre attention sur la musique. La musique ne sert qu\u2019\u00e0 emmener le spectateur plus loin dans le film. Mais vous constaterez que le son que nous produisons \u00e0 cette occasion est incroyable. Il faut se laisser emporter et simplement profiter du spectacle.<\/p>\n<p><em>Merci infiniment pour cette interview !<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est moi qui vous remercie.<\/p>\n<p>Cette interview du 13 novembre 2009 \u00e9tait accord\u00e9e \u00e0 Michaela Preiner<\/p>\n<p>Traduit de l\u00b4allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion de sa prestation en tant qu\u2019invit\u00e9 par l\u2019OPS en novembre 2009 \u00e0 Strasbourg. Monsieur Brock, o\u00f9 avez-vous grandi et quel chemin avez-vous parcouru pour arriver \u00e0 la musique? Je suis n\u00e9 \u00e0 l\u2019Ohio. Mon p\u00e8re \u00e9tait pr\u00e9dicateur et nous avons fait beaucoup de musique \u00e0 la maison, mais uniquement \u00e0 un niveau amateur. 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