{"id":54299,"date":"2009-11-09T19:13:52","date_gmt":"2009-11-09T18:13:52","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/les-critiques-de-concert-bientot-au-chomage-la-faute-a-lops\/54299\/"},"modified":"2009-11-09T19:13:52","modified_gmt":"2009-11-09T18:13:52","slug":"les-critiques-de-concert-bientot-au-chomage-la-faute-a-lops","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/les-critiques-de-concert-bientot-au-chomage-la-faute-a-lops\/54299\/","title":{"rendered":"Les critiques de concert bient\u00f4t au ch\u00f4mage \u2013 la faute \u00e0 l\u2019OPS !"},"content":{"rendered":"<p><strong>La prestation de l\u2019OPS lors du concert du 6 novembre, met les critiques de concert devant un probl\u00e8me insoluble\u00a0: Qu\u2019\u00e9crire quand il n y a rien, mais alors rien \u00e0 critiquer\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Que doivent penser les lectrices et les lecteurs\u00a0 quand il n\u2019y rien d\u2019autre \u00e0 publier \u2013 comme dans les articles pr\u00e9c\u00e9dents &#8211; que des louanges dithyrambiques\u00a0?<\/p>\n<p>Dans ces cas-l\u00e0, une seule solution s\u2019impose: La fuite en avant\u00a0! D\u00e9crire et faire savoir ce qui \u00e9tait beau ainsi que d\u00e9montrer ce qu\u2019est l\u2019OPS\u00a0: Un orchestre qui n\u2019a rien \u00e0 envier aux meilleures formations du monde\u00a0!<\/p>\n<p>La saison 09\/10 est une saison particuli\u00e8re. Marc Albrecht, le directeur musical de l\u2019OPS s\u2019est mis comme objectif de faire jouer des morceaux \u00e0 \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb orchestre, que l\u2019on n\u2019a pas entendus \u00e0 Strasbourg depuis bien longtemps. Et il est ais\u00e9 de constater apr\u00e8s les premiers concerts organis\u00e9s dans cet esprit, que c\u2019estait une excellente id\u00e9e\u00a0! Le dernier en date a en plus r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir deux contrastes aux\u00a0 antipodes.<\/p>\n<div id=\"attachment_1048\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/Viviane-Hagner-061-Please-credit-Marco-Borggreve.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1048\" class=\"size-medium wp-image-1048\" title=\"Viviane Hagner-061 Please credit Marco Borggreve\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/Viviane-Hagner-061-Please-credit-Marco-Borggreve.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"Viviane Hagner (Foto: Marco Borggreve)\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1048\" class=\"wp-caption-text\">Viviane Hagner (Foto: Marco Borggreve)<\/p><\/div>\n<p>La violoniste Viviane Hagner conviait dans la premi\u00e8re partie au concerto n\u00b0 3 pour violon et orchestre \u2013 nomm\u00e9 \u00ab\u00a0La symphonie strasbourgeoise\u00a0\u00bb par le compositeur en personne. La jeune violoniste native de Munich avait \u00e0 sa disposition une Sasserno-Stradivarius, un pr\u00eat de la \u00ab\u00a0Nippon Music Foundation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Sasserno\u00a0\u00bb, selon son ancien propri\u00e9taire, le comte Sassnero qui avait fait l\u2019acquisition de cet instrument unique en 1845. Des violons de cette cat\u00e9gorie sont trait\u00e9s comme d\u2019authentiques \u0153uvres d\u2019art historiques. Ceci\u00a0 signifie que leur tra\u00e7abilit\u00e9 depuis l\u2019origine se doit \u00eatre sans faille, comme dans le cas pr\u00e9sent. La qualit\u00e9 du Stasserno-Stradivarius m\u00e9rite d\u2019\u00eatre mise en exergue, car Viviane Hagner faisait sortir un son d\u2019une amplitude telle de cet instrument fragile, que m\u00eame dans les passages les plus tendres, il \u00e9tait parfaitement audible jusqu\u2019au dernier recoin da la salle. Ce violon poss\u00e8de une puissance de r\u00e9sonnance incomparable et convainc avec ce son clair et en m\u00eame temps incroyablement volumineux. Que Viviane Hagner joue de cet instrument d\u2019une fa\u00e7on magistrale avec un doigt\u00e9 invraisemblable et qu\u2019elle manie son archet avec une extr\u00eame subtilit\u00e9 ne soit dit qu\u2019en passant.\u00a0 On n\u2019offre un violon magique qu\u2019\u00e0 une violoniste magicienne\u00a0!<\/p>\n<p>En plus de cette distribution id\u00e9ale, l\u2019invit\u00e9, le chef d\u2019orchestre Petri Sakari, qui dirige la philharmonie de Turku a contribu\u00e9 de fa\u00e7on significative pour promouvoir cette \u0153uvre musicale au chef-\u0153uvre enchanteur: Il r\u00e9duisait la puissance sonore de l\u2019orchestre \u2013 quelques rares passages particuli\u00e8rement dynamiques mis \u00e0 part \u2013 de telle sorte, que l\u2019on aurait pu d\u00e9signer ce concerto comme \u00ab\u00a0concerto de violon avec accompagnement orchestral\u00a0\u00bb. Sakari\u00a0 est rest\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 ce concept du d\u00e9but \u00e0 la fin et on ne peut que l\u2019approuver dans son choix, car sa fa\u00e7on d\u2019interpr\u00e9ter cette \u0153uvre \u00e9tait plus que s\u00e9duisante. Elle permettait au\u00a0 public de profiter pleinement du duo \u00ab\u00a0Hagner\/Stradivarius\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les instruments de l\u2019orchestre tout en retenue, tendrement, donnaient comme dans un souffle une place majeure \u00e0 la soliste. Et les instruments \u00e0 cordes et les cuivres r\u00e9ussirent tellement bien dans cet exercice que la valse \u00e0 la fin du deuxi\u00e8me mouvement flottait au dessus de la salle comme un nuage pour finalement s\u2019\u00e9vaporer. Petri Sakari faisait honneur au Mozart jeune et sensible et non pas au compositeur classique et incontestable au dessus de tous et de tout.<\/p>\n<p>Dans son bis, le \u00ab\u00a0paganiniana\u00a0\u00bb de Nathan Milstein, Viviane Hagen donnait libre cours \u00e0 toute sa virtuosit\u00e9. Le d\u00e9but sombre, empreint de deuil basculait dans le deuxi\u00e8me mouvement dans un tempo rapide, virtuose m\u00eame, o\u00f9 il fallait faire face \u00e0 toutes les difficult\u00e9s qu\u2019un\u00a0 violoniste peut rencontrer: Les accords doubles \u00e9tait \u00ab\u00a0assaisonn\u00e9s\u00a0\u00bb avec des pizzicati. Des glissandi claires alternaient avec des ricochets, des passages o\u00f9 l\u2019archet rebondit plusieurs fois rapidement sur la corde. Le choix de ce suppl\u00e9ment \u00e9tait une pure merveille car il introduisait en plus magnifiquement bien la deuxi\u00e8me partie.<\/p>\n<div id=\"attachment_1047\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/Sakari_Petri.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1047\" class=\"size-medium wp-image-1047\" title=\"Sakari_Petri\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/Sakari_Petri.jpg?resize=300%2C187&#038;ssl=1\" alt=\"Petri Sakari (C) OPS\" width=\"300\" height=\"187\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1047\" class=\"wp-caption-text\">Petri Sakari (C) OPS<\/p><\/div>\n<p>Comme d\u00e9j\u00e0 exprim\u00e9 dans l\u2019introduction, il n\u2019y avait pas de contraste plus grand possible pour la suite que la symphonie n\u00b0 11 en sol-mineur de Dimitri Chostakovitch, \u00ab\u00a0L\u2019ann\u00e9e 1905\u00a0\u00bb. Petri Sakari, le rempla\u00e7ant de Yakov Kreizberg, malade, avait beaucoup de chance, car les chefs d\u2019orchestre r\u00e9coltent aussi les applaudissements concernant la qualit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre, c\u2019est bien connu.\u00a0 Ceci s\u2019av\u00e9rait une fois de plus: Le public strasbourgeois lui offrait une ovation enthousiaste. Mais c\u2019est bien lui, qui a su faire sortir l\u2019aspect dramatique inh\u00e9rent\u00a0\u00e0 cette composition. Cette \u0153uvre raconte le soul\u00e8vement des ouvriers moscovites\u00a0 pendant l\u2019hiver 1905 o\u00f9 il y a eu de nombreux morts, victimes des unit\u00e9s cosaques fid\u00e8les au tsar. Chostakovitch, qui a souffert lui-m\u00eame toute sa vie de la r\u00e9pression du r\u00e9gime stalinien a fait en sorte, que gr\u00e2ce \u00e0 son \u0153uvre, cette journ\u00e9e de l\u2019horreur reste \u00e0 tout jamais grav\u00e9e dans la m\u00e9moire collective.<\/p>\n<p>Les quatre mouvements \u2013 lent \u2013 rapide \u2013 lent \u2013 rapide \u2013 qui portent les titres \u00ab\u00a0La place du palais\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le 9 janvier\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0M\u00e9moire \u00e9ternelle\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Tocsin\u00a0\u00bb\u00a0 illustrent de fa\u00e7on panoramique les \u00e9v\u00e8nements et l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des protagonistes, ponctu\u00e9s par de nombreux points culminants. Mais m\u00eame dans ce morceau monumental, Sakari montre qu\u2019il n\u2019est pas l\u2019homme \u00e0 la baguette brachiale. Il dose plut\u00f4t savamment dans la premi\u00e8re partie la fanfare pour ne pas mettre en p\u00e9ril avant l\u2019heure le suspense quasi palpable en cette journ\u00e9e hivernale enneig\u00e9e. L\u00e0, par contre, o\u00f9 dans le deuxi\u00e8me et quatri\u00e8me mouvement l\u2019aspect dramatique atteint des sommets, les cuivres ne hurlent pas assez fort \u00e0 son go\u00fbt, ils sont \u00e0 peine suffisamment incisifs pour lui. Les percussionnistes r\u00e9ussissent \u00e0 peine \u00e0 faire r\u00e9sonner leurs\u00a0 instruments de fa\u00e7on assez terrifiante pour contenter le chef d\u2019orchestre. Jusqu\u2019\u00e0 la\u00a0 fin du deuxi\u00e8me mouvement \u2013 o\u00f9 au paroxysme du fortissimo \u2013 tout s\u2019arr\u00eate brutalement pour trouver une esp\u00e8ce d\u2019\u00e9cho imm\u00e9diat dans une oscillation nerveuse des violons. Les ouvriers ont \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9s. Le deuil recouvre la place. La marche funeste du troisi\u00e8me mouvement initi\u00e9e par les cuivres et reprise par les instruments \u00e0 cordes se propage petit \u00e0 petit dans tout l\u2019orchestre. Mais ce ne serait gu\u00e8re Chostakovitch, s\u2019il n y avait pas de point culminant en fortissimo. Dans le mouvement final c\u2019est surtout la partie captivante des instruments \u00e0 cordes qui impressionne. Elle traverse tous les niveaux et demande un effort physique \u00e9norme aux musiciens. La finale est l\u2019expression du deuil, mais aussi celle de l\u2019espoir qu\u2019envers et malgr\u00e9 tout l\u2019homme met dans l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Dans les passages \u00ab\u00a0tutti\u00a0\u00bb d\u2019une puissance sonore inou\u00efe, Sakari \u00e9tait litt\u00e9ralement enivr\u00e9. Tout comme le ma\u00eetre de concert, Vladen Chernomor, qui par moment avait du mal \u00e0 rester assis sur sa chaise. Le sch\u00e9ma de composition tr\u00e8s clair illustr\u00e9 par les motifs r\u00e9currents dans les diff\u00e9rents mouvements, et beaucoup de chants populaires et ouvriers tiss\u00e9s dans cette \u0153uvre en font tout son charme.<\/p>\n<p>Ce sont sans aucun doute des r\u00e9flexions d\u2019ordre id\u00e9ologique qui sont responsable du fait que cette \u0153uvre est si rarement jou\u00e9 en Europe de l\u2019ouest.<\/p>\n<p>Une fois de plus, les musiciens de l\u2019OPS ont montr\u00e9 leur flexibilit\u00e9 et leur adaptabilit\u00e9 remarquables. Ils se sont gliss\u00e9s avec une apparente facilit\u00e9 dans les r\u00f4les que leur avait destin\u00e9s Petri Sakari dans ces deux \u0153uvres fondamentalement diff\u00e9rentes. Visiblement ravi de leur\u00a0 prestation, le chef d\u2019orchestre remerciait son public en mettant en avant les musiciens, quand retentissaient les applaudissements finaux.<\/p>\n<p>Traduit de l\u00b4allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La prestation de l\u2019OPS lors du concert du 6 novembre, met les critiques de concert devant un probl\u00e8me insoluble\u00a0: Qu\u2019\u00e9crire quand il n y a rien, mais alors rien \u00e0 critiquer\u00a0? 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