{"id":54294,"date":"2009-10-30T09:36:06","date_gmt":"2009-10-30T08:36:06","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/lenjoleur-emmanuel-pahud\/54294\/"},"modified":"2009-10-30T09:36:06","modified_gmt":"2009-10-30T08:36:06","slug":"lenjoleur-emmanuel-pahud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/lenjoleur-emmanuel-pahud\/54294\/","title":{"rendered":"L&rsquo;enj\u00f4leur Emmanuel Pahud"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_888\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/PAHUD-Emmanuel_02c-Thomas-Rabsch.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-888\" class=\"size-medium wp-image-888\" title=\"PAHUD Emmanuel_02(c) Thomas Rabsch\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/PAHUD-Emmanuel_02c-Thomas-Rabsch.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"Emmanuel Pahud (Foto: Thomas Rabsch)\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-888\" class=\"wp-caption-text\">Emmanuel Pahud (photo: Thomas Rabsch)<\/p><\/div>\n<p><strong>Le fl\u00fbtiste Emmanuel Pahud, le chef d&rsquo;orchestre finlandais John Storg\u00e5rds et l\u2019OPS \u00e9clairaient une sombre nuit d&rsquo;automne \u00e0 Strasbourg.<\/strong><\/p>\n<p>A l&rsquo;occasion du concert  de l&rsquo;orchestre philharmonique de Strasbourg, la ville de Strasbourg  vivait un soir de musique qui faisait rentrer la belle ambiance automnale, qui r\u00e8gne actuellement  en ville, dans la salle de concert. Un choix peu banal, fait d\u2019un commun accord entre l\u2019invit\u00e9, le chef d&rsquo;orchestre  finlandais John Storg\u00e5rds et les organisateurs, faisait plonger le public dans une ambiance qui refl\u00e9tait \u00e0 merveille  le caract\u00e8re de la  nature  en automne. D\u00e8s le premier  morceau  d&rsquo;Alfred Alessandrescu \u00ab\u00a0un  automne tardif\u00a0\u00bb compos\u00e9 pour instruments \u00e0 cordes en  1910 et tr\u00e8s rarement jou\u00e9, faisait d\u00e9ambuler l\u2019auditoire  dans des paysages  disparaissant derri\u00e8re d\u2019\u00e9pais brouillards.  L\u2019imaginaire sentait glisser l\u2019eau d\u2019une rivi\u00e8re paisible   et se r\u00e9jouissait de voir \u00e9tinceler un rayon de soleil solitaire qui avait r\u00e9ussi \u00e0 percer les nappes de brouillard pour un court instant. Cette musique faisant appel aux sens, n\u2019\u00e9tait qu\u2019un faible avant-go\u00fbt compar\u00e9 \u00e0 ce qu\u2019attendait le publique en derni\u00e8re partie de soir\u00e9e avec la sixi\u00e8me symphonie de Bruckner. John Storgards dirigeait cette petite \u00e9l\u00e9gie avec une  sensibilit\u00e9 telle que les images invoqu\u00e9es \u00e9taient pour ainsi dire  de qualit\u00e9 cin\u00e9matographique.<\/p>\n<p>Dans le premier mouvement du concerto pour fl\u00fbte et orchestre de Jacques Ibert (compos\u00e9 entre 1932 et 1933), Emmanuel Pahud  et sa fl\u00fbte traversi\u00e8re misaient sur le  contraste. D\u00e8s le d\u00e9but Pahud proposait un babillage dansant, gai  et sautillant, interpr\u00e9t\u00e9 avec une telle joie et virtuosit\u00e9 que le public \u00e9tait imm\u00e9diatement captiv\u00e9. Les passages brillants du d\u00e9but  trouvaient une belle r\u00e9ponse dans le basson profond qui avec des clins d\u2019\u0153il r\u00e9ussissait \u00e0 ancrer la fl\u00fbte qui elle \u00e9tait tout \u00e0 fait pr\u00eate \u00e0 s\u2019envoler. Le deuxi\u00e8me mouvement, tr\u00e8s calme, rappelait les impressions automnales \u00e9voqu\u00e9es par Alessandrescu. Les accords plus sombres, quelque peu inqui\u00e9tants, trouvaient apr\u00e8s \u00eatre mont\u00e9s dramatiquement leur apaisement dans des harmonies douces et claires. La technique respiratoire  d&rsquo;Emmanuel Pahud fait retenir au sens propre du terme le souffle  \u00e0 son public.  Le son velout\u00e9 et caressant de sa fl\u00fbte reste perceptible, m\u00eame dans des  passages quasi inaudibles, quand le fl\u00fbtiste durer ce son qui reste doux et net, presque ind\u00e9finiment, jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re fraction de seconde. Et ceci sans effort apparent, sans puiser dans ses r\u00e9serves.  Pahud joue de la  fl\u00fbte. Mais jouer de la fl\u00fbte n\u2019est aucunement l\u2019expression qui convient quand il s\u2019agit de parler de son art : Emmanuel Prahud est un \u00ab conteur de fl\u00fbte \u00bb. Un virtuose qui pousse la ma\u00eetrise jusqu\u2019\u00e0 faire croire qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un instrument qu\u2019il tient entre ses mains, mais d\u2019une sorte de voix extraordinaire.  Il semble donner vie \u00e0 son instrument, ses l\u00e8vres font de cette pi\u00e8ce en m\u00e9tal pr\u00e9cieusement form\u00e9e bien plus. Il jongle avec une  facilit\u00e9 d\u00e9concertante  entre des expressions fortes, sauvages et leur \u00e9cho, les m\u00e9lodies tendres et douces, deux octaves au dessus. On a du mal \u00e0 savoir si c\u2019est cette facilit\u00e9 de changement de registre ou si c\u2019est  l\u2019agilit\u00e9  sans \u00e9gal de ses doigts et  de sa langue qui impressionnent. Cette virtuosit\u00e9 sans pareil trouvait son expression particuli\u00e8rement dans le 3e  mouvement. Une v\u00e9ritable illustration du fait qu\u2019\u00e0 40 ans \u00e0 peine Emmanuel Pahud est sans aucun doute  au somment de son art. Sa performance se mue en prestation \u00ab solo \u00bb malgr\u00e9 le grand orchestre derri\u00e8re lui. Il se trouve si loin devant le chef d\u2019orchestre qu\u2019il doit se fier exclusivement \u00e0 son ou\u00efe. Et cela, il peut le faire sans aucun souci.  Dans la derni\u00e8re partie du concerto on a par moment l\u2019impression que Strawinsky aurait tenu la main d\u2019Ibert \u2013  ce qui cr\u00e9e des sensations inhabituelles et passionnantes. Les deux suppl\u00e9ments, que Pahud offrait \u00e0 son public enthousiaste  prouvaient encore, si besoin \u00e9tait,   quel fl\u00fbtiste exceptionnel s\u2019\u00e9tait produit  ce soir-l\u00e0 \u00e0 Strasbourg. Il avait r\u00e9ussi ce que l&rsquo;on peut lire dans l\u2019un des contes  des fr\u00e8res Grimm : tous ceux qui l&rsquo;\u00e9coutaient l&rsquo;auraient suivi sur-le-champ, comme  autrefois les petits enfants suivaient l&rsquo;enj\u00f4leur de Hamelin.<\/p>\n<p>Avec la 6\u00e8me symphonie d&rsquo;Anton Bruckner \u2013 un bon choix pour finir apr\u00e8s un moment aussi exceptionnel &#8211; John Stor\u00e5rds r\u00e9uss\u00eet une harmonieuse et tr\u00e8s consistante  interpr\u00e9tation en soi de cette \u0153uvre  que l\u2019on entend plut\u00f4t rarement. Il met cette  symphonie souvent sous-estim\u00e9e au m\u00eame niveau que tous ceux  qui font la gloire de Bruckner. Sa version \u00e9tait lyrique avec de la mesure et tr\u00e8s dramatique.  Il commen\u00e7ait le premier mouvement telle une finale, vite et dynamique, tout en soulignant \u2013 et cela jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019\u0153uvre  &#8211;  l\u2019acuit\u00e9 de la partition. Dans les passages se chevauchant d\u2019un point de vue rythmique,  dans lesquelles s\u2019imbriquent les mesures accentu\u00e9es au 2e ou 3e temps, on pouvait distinctement entendre les instruments tr\u00e9bucher,  cahoter et se heurter ce qui fait avec l\u2019utilisation ostentatoire des cuivres l\u2019une des caract\u00e9ristiques de cette \u0153uvre. L\u2019 Adagio \u00e9tait l\u2019illustration de la raison pour laquelle  Storg\u00e5rds avait choisi justement ce morceau-l\u00e0 : Aucun autre que ce mouvement lent qui fait chanter les instruments \u00e0 cordes dans toutes leurs gammes aurait pu s\u2019appuyer de la sorte sur les deux pr\u00e9c\u00e9dents. Dans la partie qui se transforme en s\u00e9quence de marche funeste, l\u2019OPS  pouvait montrer toute sa force :   Les contrebasses ne faisaient qu\u2019un pour n\u2019\u00eatre qu\u2019un seul corps de r\u00e9sonnance, men\u00e9 par une seule main, id\u00e9alement servi par l\u2019acoustique de la salle Erasme. Malgr\u00e9 la surpuissance des cuivres dans les deux derniers mouvements, le chef d\u2019orchestre r\u00e9uss\u00eet \u00e0 leur opposer les instruments \u00e0 cordes \u00e0 un niveau d\u2019\u00e9galit\u00e9.  C\u2019est peut-\u00eatre son amour du violon qui lie  l\u2019oreille et le c\u0153ur de Storg\u00e5rds  sp\u00e9cialement \u00e0 ce groupe de l\u2019orchestre. Le mouvement final, \u00e9tait impressionnant de par la diff\u00e9renciation captivante du tempo que  Storg\u00e5rds a su faire na\u00eetre en quelques mesures. Diminution ralentie et  reprise rapide \u00e9taient les pendants  des changements fr\u00e9quents  entre des passages \u00ab piano \u00bb et \u00ab forte \u00bb, ponctu\u00e9 par le renflement et la retenue  de l\u2019orchestre tout entier. L&rsquo;interpr\u00e9tation de ces passages ainsi que celle du deuxi\u00e8me mouvement montrait tr\u00e8s clairement que le chef d&rsquo;orchestre lisait Bruckner de fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9renci\u00e9e ce qui lui permet de mettre en exergue la complexit\u00e9 de cette \u0153uvre.<br \/>\nEn plus d&rsquo;Emmanuel Pahud c\u2019\u00e9taient les instruments \u00e0 cordes, men\u00e9s par Vladen Chernomor,  qui faisaient de cette soir\u00e9e  un \u00e9v\u00e8nement musical absolument exceptionnel. Non seulement parce que l\u2019on leur donnait la possibilit\u00e9 de travailler des compositions sp\u00e9cialement d\u00e9di\u00e9es \u00e0 leurs instruments, mais parce qu\u2019ils savaient saisir l\u2019occasion  et montrer de fa\u00e7on magistrale que chacun d\u2019eux est un musicien accompli.<\/p>\n<p>Traduit de l&rsquo;allemand par Andrea Isker<\/p>\n<p>T\u00e9l\u00e9charger la pi\u00e8ce jointe d&rsquo;origine<br \/>\n<object classid=\"clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000\" width=\"480\" height=\"385\" codebase=\"https:\/\/download.macromedia.com\/pub\/shockwave\/cabs\/flash\/swflash.cab#version=6,0,40,0\"><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\" \/><param name=\"allowscriptaccess\" value=\"always\" \/><param name=\"src\" value=\"https:\/\/www.youtube.com\/v\/_RIU7LXpG2I&amp;hl=de&amp;fs=1&amp;\" \/><param name=\"allowfullscreen\" value=\"true\" \/><\/object><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le fl\u00fbtiste Emmanuel Pahud, le chef d&rsquo;orchestre finlandais John Storg\u00e5rds et l\u2019OPS \u00e9clairaient une sombre nuit d&rsquo;automne \u00e0 Strasbourg. 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