{"id":54275,"date":"2009-10-15T17:30:39","date_gmt":"2009-10-15T15:30:39","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/das-kaputte-leben-der-schauspieler-la-vie-foutue-des-acteurs\/54275\/"},"modified":"2009-10-15T17:30:39","modified_gmt":"2009-10-15T16:30:39","slug":"das-kaputte-leben-der-schauspieler-la-vie-foutue-des-acteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/das-kaputte-leben-der-schauspieler-la-vie-foutue-des-acteurs\/54275\/","title":{"rendered":"Das kaputte Leben der Schauspieler &#8211; La  vie foutue des acteurs"},"content":{"rendered":"<p>Je hais le th\u00e9\u00e2tre, je hais le m\u00e9tier d\u2019acteur, je hais la souffrance qu\u2019il peut occasionner. Je vis d\u2019esp\u00e9rances qui ne se r\u00e9aliseront jamais, de petits r\u00f4les que l\u2019on me lance comme l\u2019aum\u00f4ne et le jour o\u00f9 j\u2019ai un grand rendez-vous sur sc\u00e8ne je donne tout. Je me nie et je joue jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9vanouissement. Je chante ou je danse et je montre tout. Au monde entier. Sauf qui je suis vraiment\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_739\" style=\"width: 586px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/venizke_phile-deprez_online_danse.jpg?ssl=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-739\" class=\"size-full wp-image-739\" title=\"venizke_phile deprez_online_danse\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/venizke_phile-deprez_online_danse.jpg?resize=576%2C391&#038;ssl=1\" alt=\"Sylvia Cmarda photo: Phile Deprez\" width=\"576\" height=\"391\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-739\" class=\"wp-caption-text\">Sylvia Camarda Foto: Phile Deprez<\/p><\/div>\n<p>La pi\u00e8ce Venizke, si on cherche simplement \u00e0 en r\u00e9sumer le contenu,  se pr\u00e9sente comme une \u0153uvre dramatique et plut\u00f4t repoussante pour un spectateur potentiel qui aurait envie de passer une soir\u00e9e divertissante au th\u00e9\u00e2tre. Mais gr\u00e2ce \u00e0 la danse et aux prestations des acteurs les apparences s\u2019av\u00e8rent trompeuses. On nous montre comment on peut et on devrait faire du th\u00e9\u00e2tre de nos jours.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de la pi\u00e8ce Benny Claessens, furieux, se met progressivement dans une rage telle qu\u2019il vomit litt\u00e9ralement le flot de paroles de sa col\u00e8re sur le public de l\u2019autre cot\u00e9 du foss\u00e9 de la sc\u00e8ne: Tout y passe\u00a0: Les promesses non tenues des producteurs, les comportements th\u00e9\u00e2traux pompeux et les acteurs menteurs n\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette apparition \u00ab\u00a0volumineuse\u00a0\u00bb en pantalon de jogging d\u00e9chir\u00e9,  engonc\u00e9e dans un tee-shirt bien trop \u00e9troit offre un contraste saisissant avec un autre personnage d\u2019une grande fragilit\u00e9, An Van den Eede, qui mime des poses pieuses en lingerie fine pour une s\u00e9ance de photos imaginaire.<\/p>\n<p>Tout le questionnement de la pi\u00e8ce est pos\u00e9 d\u2019embl\u00e9 dans ce monologue brillant. Oscillant entre drame et comique dans leurs extr\u00eames, le jeune homme montre la folie dramatique que peut provoquer le th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Dans cette pi\u00e8ce, Claessens avec ses cent kilos et des poussi\u00e8res symbolise le contrepoids &#8211; au sens propre du terme &#8211; face aux danseuses, leurs agissements superficiels et Fran\u00e7ois Brice, le seul danseur de la troupe. Il met dans le monde artificiel du spectacle un morceau de r\u00e9alit\u00e9\u00a0: Un homme que l\u2019on peut croiser tous les jours dans la rue, dans un bus, \u00e0 la caisse du supermarch\u00e9 du coin ou devant la baraque \u00e0 frittes. Et quand finalement tous les protagonistes sont r\u00e9unis sur la sc\u00e8ne, il les pr\u00e9sente sous leur vraie identit\u00e9 et dans leur contexte familial. Cela d\u00e9range, mais \u00e7a clarifie en m\u00eame temps la situation\u00a0: Ici on joue ce que l\u2019on vit et le concept fonctionne.<\/p>\n<p>Comme un fil conducteur de l\u2019action, sans action, des chansons ou alors pophits s\u2019intercalent entre les textes, illustr\u00e9s par des chor\u00e9graphies qui pourraient \u00eatre de la m\u00eame \u00e9poque que la musique, qui les accompagne. \u04aaa commence avec \u00ab\u00a0Paris s\u2019\u00e9veille\u00a0\u00bb de Jacques Dutronc, un  grand classique de la chanson fran\u00e7aise. Vient ensuite \u00ab\u00a0Mourir sur sc\u00e8ne\u00a0\u00bb de Dalida, dans\u00e9 avec beaucoup d\u2019\u00e9nergie par Sylvia Camarda, qui devait montrer \u00e0 plusieurs reprises sa ma\u00eetrise de la danse au cours de la soir\u00e9e. Apr\u00e8s plusieurs autres morceaux, le triste personnage d\u2019Amy Winhouse met fin au spectacle: On lui met subitement quelques mesures des chansons que l\u2019on avait pu entendre pr\u00e9c\u00e9demment sur les l\u00e8vres, qui articulent les textes \u00e9trangers sagement. Seule l\u2019expression d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de son visage montre que sa prestation n\u2019est rien d\u2019autre que le r\u00e9sultat d\u2019un acte de dressage auquel elle s\u2019est soumise sans opposer de r\u00e9sistance.<\/p>\n<div id=\"attachment_738\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/venizke_phile-deprez_online.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-738\" class=\"size-medium wp-image-738\" title=\"venizke_phile deprez_online\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/venizke_phile-deprez_online.jpg?resize=200%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"Lara Barsacq photo: Phile Deprez\" width=\"200\" height=\"300\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-738\" class=\"wp-caption-text\">Lara Barsacq photo: Phile Deprez<\/p><\/div>\n<p>Tout n\u2019est que dressage, tout est violence, tout est drame. Si l\u2019on croit les acteurs\/danseurs\u00a0qui racontent les uns apr\u00e8s les autres leurs mauvaises exp\u00e9riences et leur immense solitude\u00a0: Tout, absolument tout sur une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre serait l\u2019horreur absolue.  Et \u00e0 force, on commence \u00e0 la d\u00e9tester, cette \u00ab\u00a0sc\u00e8ne pour voyeurs\u00a0\u00bb car on finit par avoir l\u2019impression que tout n\u2019est que l\u2019expression de la volont\u00e9 des producteurs et directeurs, des r\u00e9gisseurs et intendants qui dictent tout ce qui se passe sur une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre &#8211; jusqu\u2019au plus petit battement de cils.<\/p>\n<p>Lara Barsacq en fait la d\u00e9monstration dans le passage o\u00f9 Benny Claessens lui impose en cadence infernale les instructions pour son jeu d\u2019actrice qu\u2019elle ex\u00e9cute sans protester comme elle l\u2019a d\u00e9j\u00e0 fait des centaines de fois auparavant. Son humeur gaie se transforme brutalement en tristesse infinie, toute enjou\u00e9e elle est au volant de sa voiture o\u00f9 elle se tue au cours d\u2019un horrible accident.  Elle fait tout, jusqu\u2019\u00e0 s\u2019abandonner elle-m\u00eame pour r\u00e9colter le succ\u00e8s escompt\u00e9 sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne de danse extatique de Fran\u00e7ois Brice, ponctu\u00e9e par les accusations port\u00e9es contre lui qui mettent en cause son comportement lors d\u2019une f\u00eate, montre clairement quel genre d\u2019\u00e9tiquette on \u00ab\u00a0colle\u00a0\u00bb sur un acteur jeune et beau. Le monstre obs\u00e9d\u00e9 sexuel qui \u00ab\u00a0saute sur tout ce qui porte une jupe\u00a0\u00bb s\u2019effondre en soubresauts et convulsions sous les fl\u00e8ches pointues des reproches sans avoir la possibilit\u00e9 de se d\u00e9fendre. D\u00e8s qu\u2019il se remet sur ses jambes, il s\u2019\u00e9croule \u00e0 nouveau. Les autres actrices l\u2019observent sans \u00e9motion, sans compassion et sans regret. Bien au contraire\u00a0: elles semblent se d\u00e9lecter du pouvoir destructeur de leurs diffamations.<\/p>\n<p>Ilse de Koe a h\u00e9rit\u00e9 du r\u00f4le de l\u2019actrice de la plus d\u00e9pressive. Elle se lamente de son sort et pleure plus d\u2019une fois dans le micro, comme quoi elle est incapable de mettre  un terme \u00e0 sa vie, tant et si bien que l\u2019on a envie de lui dire\u00a0: \u00ab\u00a0\u04aaa va aller, ma fille,  cherche-toi un psy\u00a0!\u00a0\u00bb Mais \u2013 tout arrive autrement que pr\u00e9vu\u00a0: Le psychiatre  arrive bel et bien, \u00e0 nouveau en la personne de l\u2019\u00e9norme monstre Claessen, qui essaie de calmer la crise de sa coll\u00e8gue actrice en lui parlant calmement et en maintenant un contact corporel. Et en effet, il r\u00e9ussit, mais pour ensuite, accompagn\u00e9 par des rythmes musicaux qui tels des fouets \u00ab\u00a0l\u2019aident\u00a0\u00bb \u00e0 la tuer en l\u2019\u00e9touffant. C\u2019est un moment d\u2019une intensit\u00e9 dramatique majeure, mais l\u2019\u00e9motion qu\u2019il provoque n\u2019est que de courte dur\u00e9e, car Claessen r\u00e9ussit un tour de force\u00a0: Il encha\u00eene imm\u00e9diatement avec un discours de d\u00e9fense qui non seulement cherche \u00e0 le disculper,  mais qui finit par le faire passer pour la victime\u00a0lui-m\u00eame!<\/p>\n<p>Son effondrement \u2013 il finit \u00e0 plat ventre sur la sc\u00e8ne \u2013 est suivi de la plus belle prestation de danse de la soir\u00e9e. A nouveau c\u2019est l\u2019athl\u00e9tique Sylvia Camarda qui danse comme si elle \u00e9tait en \u00e9tat d\u2019apesanteur, comme si son corps n\u2019avait pas de compte \u00e0 rendre aux lois de la nature ou aux contraintes physiques. En tutu noir, adoptant des poses de danse classique, elle agit assise, debout, sur la masse corporelle de Claessen, qui reste \u00e9gar\u00e9, impassible, tel un rocher d\u2019une falaise au bord du pr\u00e9cipice de la sc\u00e8ne. Et c\u2019est \u00e0 ce moment pr\u00e9cis que l\u2019on comprend que le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est pas quelque chose de surann\u00e9, de d\u00e9pass\u00e9. C\u2019est l\u2019\u00e9vidence m\u00eame que ces moments emplis de po\u00e9sie et tendresse sont des images jusqu\u2019ici in\u00e9gal\u00e9es et jamais vues qui \u00e0 elles seules justifient le th\u00e9\u00e2tre et la danse.<\/p>\n<p>Pole sud \u2013 un centre culturel au sud de Strasbourg, comme son nom l\u2019indique, est all\u00e9 chercher avec \u00ab\u00a0Venizke\u00a0\u00bb, une production Campo\/Victoria, dirig\u00e9e par Ben Benaouisse et Lies Pauwels une \u0153uvre contemporaine, qui prouve par \u00ab\u00a0a plus b\u00a0\u00bb que la danse et le th\u00e9\u00e2tre peuvent \u00eatre des spectacles captivants, m\u00eame aujourd\u2019hui. Une chor\u00e9graphie et une mise en sc\u00e8ne sensibles, ainsi, bien sur, qu\u2019un texte intelligent et par endroit tr\u00e8s dr\u00f4le, contribuent au succ\u00e8s de la pi\u00e8ce. M\u00eame si, par-ci, par-l\u00e0, on pouvait apercevoir des visages dans le public, comment dire, quelque peu d\u00e9sempar\u00e9s.<\/p>\n<p>Traduit de l\u00b4allemand par Andrea Isker<\/p>\n<p>Voil\u00e0 le \u00ab\u00a0reflet\u00a0\u00bb de la pi\u00e8ce sur Youtube<\/p>\n<p><code><object classid=\"clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000\" width=\"480\" height=\"385\" codebase=\"https:\/\/download.macromedia.com\/pub\/shockwave\/cabs\/flash\/swflash.cab#version=6,0,40,0\"><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\" \/><param name=\"allowscriptaccess\" value=\"always\" \/><param name=\"src\" value=\"https:\/\/www.youtube.com\/v\/ucbhFpBOOkk&amp;hl=de&amp;fs=1&amp;\" \/><param name=\"allowfullscreen\" value=\"true\" \/><\/object><\/code><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je hais le th\u00e9\u00e2tre, je hais le m\u00e9tier d\u2019acteur, je hais la souffrance qu\u2019il peut occasionner. 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