{"id":49582,"date":"2023-08-23T21:41:01","date_gmt":"2023-08-23T19:41:01","guid":{"rendered":"https:\/\/european-cultural-news.com\/?p=49582"},"modified":"2023-08-24T10:01:18","modified_gmt":"2023-08-24T08:01:18","slug":"julius-buerger-rso-concert-vienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/julius-buerger-rso-concert-vienne\/49582\/","title":{"rendered":"Julius B\u00fcrger &#8211; chass\u00e9 et red\u00e9couvert I Un compositeur viennois de retour"},"content":{"rendered":"<p>Le RSO, sous la direction de <a href=\"https:\/\/musikprotokoll.orf.at\/bio\/gottfried-rabl\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Gottfried Rabl<\/a>, a donn\u00e9 la premi\u00e8re autrichienne d&rsquo;\u0153uvres de <a href=\"https:\/\/radiokulturhaus.orf.at\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">ORF RadioKulturhaus<\/a> le 18 ao\u00fbt 2023 dans la grande salle de diffusion de <a href=\"https:\/\/exilarte.org\/nachlaesse\/julius-buerger\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Julius B\u00fcrger<\/a> (1897-1995). Et cela 18 ans apr\u00e8s que le compositeur juif soit d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 New York \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 98 ans.<\/p>\n<div id=\"attachment_49572\" style=\"width: 395px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-49572\" class=\"wp-image-49570\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Portrait_Buerger-vor-Klavier_Brian-Coats.jpg?resize=385%2C500&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"385\" height=\"500\" title=\"\"><p id=\"caption-attachment-49572\" class=\"wp-caption-text\">Julius B\u00fcrger (photo : Brian Coats)<\/p><\/div>\n<p>Si les morceaux ont pu \u00eatre entendus, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;action intelligente de Ronald S. Pohl, un avocat new-yorkais sp\u00e9cialis\u00e9 dans les successions. Il avait \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 par B\u00fcrger en 1989 pour g\u00e9rer l&rsquo;h\u00e9ritage de sa femme Rose, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e peu de temps auparavant, et pour que la majeure partie de l&rsquo;argent soit vers\u00e9e \u00e0 de jeunes musiciens isra\u00e9liens. Ne sachant pas encore que Julius B\u00fcrger avait une \u0153uvre de composition remarquable \u00e0 son actif, Pohl lui a demand\u00e9 si, en raison de son \u00e2ge avanc\u00e9, il ne voulait pas \u00e9galement s&rsquo;occuper de sa succession \u00e0 temps, ce qui s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre une aubaine. B\u00fcrger, n\u00e9 et \u00e9lev\u00e9 \u00e0 Vienne, avait d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Berlin dans sa jeunesse avec des camarades d&rsquo;\u00e9tudes et son professeur de composition Franz Schreker, et a ensuite fait la navette entre Londres, Paris, Berlin et Vienne. Mais l&rsquo;invasion de l&rsquo;Autriche par Hitler l&rsquo;a tellement alarm\u00e9 qu&rsquo;il a pu \u00e9migrer en Am\u00e9rique avec sa femme \u00e0 temps. L\u00e0-bas, il obtint la nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine et travailla au Metropolitan Opera, mais aussi pour des stations de radio et de t\u00e9l\u00e9vision en tant que chef d&rsquo;orchestre, arrangeur et compositeur sur commande, sans pour autant renoncer compl\u00e8tement \u00e0 sa propre activit\u00e9 de composition ind\u00e9pendante. Heureusement, B\u00fcrger avait trouv\u00e9 en Pohl un homme d&rsquo;action. Il a fait tout ce qui \u00e9tait en son pouvoir pour que son client puisse entendre \u00e0 nouveau son concerto pour violoncelle de 1932, cr\u00e9\u00e9 en 1952 et qui n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 depuis 1991. Les efforts de Pohl ont \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9s de succ\u00e8s. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 aux Etats-Unis, il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 en Isra\u00ebl par les musiciens qui avaient re\u00e7u des bourses de Rose B\u00fcrger. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s avoir \u00e9tabli le contact avec Gerold Gruber, le directeur du <a href=\"https:\/\/exilarte.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Centre Exilarte pour la musique pers\u00e9cut\u00e9e<\/a> du mdw et que l&rsquo;h\u00e9ritage musical de Julius B\u00fcrger a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Vienne, qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 possible d&rsquo;organiser un concert avec des \u0153uvres de ce dernier ici aussi. Si Pohl n&rsquo;avait pas rencontr\u00e9 le compositeur, on peut supposer avec beaucoup de certitude que ses \u0153uvres, rassembl\u00e9es dans un petit meuble, auraient \u00e9t\u00e9 jet\u00e9es apr\u00e8s sa mort lors de l&rsquo;\u00e9vacuation de son appartement.<\/p>\n<div id=\"attachment_49535\" style=\"width: 1290px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-49535\" class=\"wp-image-49533 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-4-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media.jpg?resize=1080%2C608&#038;ssl=1\" alt=\"Le RSO Wien joue Julius B\u00fcrger.\" width=\"1080\" height=\"608\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-4-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media.jpg 1280w, https:\/\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-4-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media-980x551.jpg 980w, https:\/\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-4-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media-480x270.jpg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1280px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-49535\" class=\"wp-caption-text\">Photo: Benjamin Pieber &#8211; Herzog Media<\/p><\/div>\n<h3 style=\"padding-top : 15px ;\">Adagio pour orchestre \u00e0 cordes<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9ventail des \u0153uvres qui ont r\u00e9sonn\u00e9 \u00e0 Vienne \u00e9tait riche. L&rsquo;ouverture \u00e9tait un Adagio pour orchestre \u00e0 cordes, datant de 1978. C&rsquo;\u00e9tait la seule \u0153uvre qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e en Autriche. Elle s&rsquo;\u00e9coule doucement, s&rsquo;assombrit bri\u00e8vement \u00e0 plusieurs reprises pour r\u00e9v\u00e9ler des \u00e9l\u00e9ments plus dramatiques. A certains endroits, les basses de violon poussent litt\u00e9ralement les cordes \u00e0 des moments de tension, mais elles sont toujours vaincues par celles-ci. Ils parviennent finalement \u00e0 laisser derri\u00e8re eux le c\u00f4t\u00e9 sauvage, le mal, presque inexprimable, qui se fait entendre \u00e0 plusieurs reprises, et \u00e0 terminer l&rsquo;\u0153uvre sur une note douce et agr\u00e9able. Le choix de <a href=\"https:\/\/www.annalitvinenko.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Anna Litvinenko<\/a> pour la partie solo du concerto pour violoncelle qui a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 ensuite \u00e9tait excellent. Ce qui \u00e9tait impressionnant, ce n&rsquo;\u00e9tait pas seulement les passages techniquement difficiles, ma\u00eetris\u00e9s avec brio, mais surtout l&rsquo;int\u00e9riorit\u00e9 et la sensibilit\u00e9 de son solo dans le dernier mouvement. La technique n&rsquo;est qu&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;une performance r\u00e9ussie, mais remplir l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;\u00e2me fait la diff\u00e9rence que Litvinenko a su montrer au public. Apr\u00e8s une introduction calme, les vents se forment et lib\u00e8rent un rythme vibrant que l&rsquo;orchestre et le violoncelle reprennent. Bient\u00f4t, l&rsquo;action musicale devient une danse l\u00e9g\u00e8re et se d\u00e9veloppe en un flux lent dans lequel les pulsations rythmiques se r\u00e9p\u00e8tent. Le petit th\u00e8me appara\u00eet \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 travers l&rsquo;orchestre, couvrant \u00e0 peine trois mesures. B\u00fcrger laisse le mouvement se terminer uniquement par les vents, soutenus par le violoncelle. Le compositeur a d\u00e9di\u00e9 le deuxi\u00e8me mouvement \u00e0 sa m\u00e8re, qui a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e par les nazis lors de la marche vers Auschwitz. D\u00e8s le d\u00e9but, une longue marche tra\u00eenante est entonn\u00e9e et le th\u00e8me du violoncelle est bient\u00f4t repris par le hautbois. Les cordes interviennent \u00e9l\u00e9gamment et sont port\u00e9es par l&rsquo;instrument solo qui poursuit le th\u00e8me. Le ductus tra\u00eenant se transforme peu \u00e0 peu en un scintillement g\u00e9n\u00e9ral et une transition du th\u00e8me vers un sc\u00e9nario \u00e9clairci avec un accompagnement de harpe. L&rsquo;attitude apaisante et charmante ne dure pas longtemps, bient\u00f4t le son s&rsquo;assombrit \u00e0 nouveau. Il subit une forte concentration et une longue s\u00e9quence de cuivres avec des disharmonies qui r\u00e9veillent l&rsquo;orchestre et l&rsquo;incitent \u00e0 une action sauvage et sombre. Le violoncelle obtient alors un solo que l&rsquo;on peut d\u00e9crire comme sans illusion. Il n&rsquo;y a plus aucune trace de ce passage apais\u00e9, affirmant la vie, avec accompagnement de harpe, on a plut\u00f4t l&rsquo;impression que le violoncelle a c\u00e9d\u00e9 aux voix de la violence sauvage. Logiquement, il s&rsquo;ensuit une conclusion dans laquelle l&rsquo;orchestre, comme au d\u00e9but, reproduit la marche tra\u00eenante. Connaissant le destin de la m\u00e8re de B\u00fcrger, on peut sentir quel dernier moment de sa vie il a captur\u00e9 ici musicalement. Dans le rapide troisi\u00e8me mouvement, le violoncelle r\u00e9agit de mani\u00e8re presque chambriste aux diff\u00e9rents solos instrumentaux. Des passages apaisants soutenus par les cordes, souvent \u00e0 l&rsquo;unisson, s&rsquo;opposent r\u00e9guli\u00e8rement aux passages anim\u00e9s pr\u00e9c\u00e9dents, qui reprennent ensuite de la vitesse avec l&rsquo;aide des vents en alternance avec le violoncelle. La fin est un solo de violoncelle avec de belles colorations dynamiques diff\u00e9renci\u00e9es, suivi d&rsquo;une finale furieuse des cuivres et des timbales. A juste titre, l&rsquo;orchestre et la soliste ont \u00e9t\u00e9 longuement applaudis pour leur performance.<\/p>\n<h3 style=\"padding-top : 15px ;\">Chansons avec accompagnement symphonique<\/h3>\n<p>Les deux chansons suivantes avec accompagnement symphonique ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9es par <a href=\"https:\/\/www.gaertnerplatztheater.de\/de\/personen\/matija-meic.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Matija Mei\u0107<\/a>. \u00ab\u00a0L\u00e9gende\u00a0\u00bb d&rsquo;apr\u00e8s un texte de Christian Morgenstern et \u00ab\u00a0Silence de la nuit\u00a0\u00bb d&rsquo;apr\u00e8s Gottfried Keller, ont permis des comparaisons musicales avec Gustav Mahler. Presque chaque ligne, chaque humeur, chaque description d&rsquo;un paysage, d&rsquo;un \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me ou d&rsquo;une action re\u00e7oit sa propre expression musicale chez B\u00fcrger. Que J\u00e9sus, avant d&rsquo;entrer dans le jardin de Geths\u00e9mani, se mette \u00e0 danser avec une jeune femme de mani\u00e8re inattendue et que ces pas exub\u00e9rants deviennent audibles, que le ressac d&rsquo;une mer chez Gottfried Keller d\u00e9clenche des remous musicaux dans le corps sonore, la musique et les mots se soutiennent mutuellement de mani\u00e8re tr\u00e8s artistique. Le baryton de Mei\u0107 sonnait plein, chaud et tr\u00e8s m\u00fbr, sans toutefois manquer d&rsquo;une prononciation claire. Il a facilement r\u00e9ussi \u00e0 laisser le large soutien symphonique, un d\u00e9fi pour le chanteur dans ces \u0153uvres, en tant que tel et \u00e0 s&rsquo;impliquer vocalement comme un instrument solo. Les deux morceaux peuvent \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9s comme de petits po\u00e8mes symphoniques, mais dot\u00e9s d&rsquo;une force \u00e9pique, utilisant un grand instrumentarium, ce qui les rend extraordinairement passionnants. On aimerait en entendre davantage. <\/p>\n<div id=\"attachment_49527\" style=\"width: 1290px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-49527\" class=\"wp-image-49525 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-6-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media.jpg?resize=1080%2C608&#038;ssl=1\" alt=\"Le RSO Wien joue Julius B\u00fcrger. Ici sur la photo le baryton Matija Mei\u0107\" width=\"1080\" height=\"608\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-6-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media.jpg 1280w, https:\/\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-6-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media-980x551.jpg 980w, https:\/\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-6-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media-480x270.jpg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1280px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-49527\" class=\"wp-caption-text\">Photo : Benjamin Pieber &#8211; Herzog Media<\/p><\/div>\n<h3 style=\"padding-top : 15px ;\">\u00ab\u00a0Symphonie de l&rsquo;Est\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Le concert s&rsquo;est termin\u00e9 par la \u00ab\u00a0Eastern Symphony\u00a0\u00bb de 1931. Con\u00e7ue en 3 mouvements, elle s&rsquo;ouvre sur un th\u00e8me alerte aux vents auquel r\u00e9pondent les cordes. Des souvenirs de Gershwin, son a\u00een\u00e9 d&rsquo;un an, sont \u00e9voqu\u00e9s, principalement par les rythmes tr\u00e8s accentu\u00e9s qui changent souvent. Ce qui est frappant, comme dans les chansons pr\u00e9c\u00e9dentes, c&rsquo;est que B\u00fcrger maintient presque constamment l&rsquo;ensemble des instruments de l&rsquo;orchestre en mouvement. Il n&rsquo;y a gu\u00e8re de passage o\u00f9 les musiciens ne sont pas sollicit\u00e9s en m\u00eame temps, ce qui s&rsquo;av\u00e8re extr\u00eamement attrayant. Les cymbales, les timbales et les tambours, tout comme les vents, donnent le ton dominant et permettent au mouvement d&rsquo;\u00eatre v\u00e9cu comme hymnique et progressif. Le deuxi\u00e8me mouvement commence avec le hautbois, largement soutenu par l&rsquo;orchestre. Les violons et les violoncelles lui r\u00e9pondent de telle sorte qu&rsquo;une fluidit\u00e9 s&#8217;empare de l&rsquo;ensemble du corps sonore et qu&rsquo;un vaste paysage s&rsquo;ouvrant peut \u00eatre facilement imagin\u00e9. C&rsquo;est \u00e0 nouveau la harpe qui fait la transition avec la clarinette, le basson et les cordes, ainsi que les bois l\u00e9gers. C&rsquo;est cette migration instrumentale du th\u00e8me et en m\u00eame temps la continuation de celui-ci qui rend ce mouvement si int\u00e9ressant. Le ductus calme est maintenu et la fin s&rsquo;ach\u00e8ve en cons\u00e9quence. Comme il pourrait en \u00eatre autrement, le mouvement final commence furieusement dans tout l&rsquo;orchestre avec une course effr\u00e9n\u00e9e. Les trompettes et les tambours donnent un rythme rapide qui ne s&rsquo;apaise qu&rsquo;avec la harpe et le hautbois et le th\u00e8me chant\u00e9 par les cordes. Maintenant, ce sont les fl\u00fbtes qui compl\u00e8tent cette description du paysage. Comme si l&rsquo;on suivait une rivi\u00e8re avec de petits tourbillons d&rsquo;eau, les violons, tenus par la clarinette, continuent \u00e0 se vriller de mani\u00e8re vivante et passent le relais aux fl\u00fbtes. Avec une derni\u00e8re intervention massive de l&rsquo;orchestre, le th\u00e8me, pr\u00e9sent\u00e9 une fois de plus, termine la belle \u0153uvre. La caract\u00e9ristique de la musique de B\u00fcrger est claire et peut \u00eatre clairement nomm\u00e9e. En tant que compositeur, il se situe esth\u00e9tiquement entre le 19\u00e8me et le 20\u00e8me si\u00e8cle, auquel il a emprunt\u00e9 non seulement le courage de cr\u00e9er des flous sonores, mais aussi des rythmes jusqu&rsquo;alors inhabituels et une instrumentation parfois nouvelle. Mais sa technique de composition est toujours claire, les structures sont bien reconnaissables et &#8211; c&rsquo;est ce qui caract\u00e9rise le plus les \u0153uvres symphoniques de B\u00fcrger &#8211; il s\u00e9duit par une richesse de couleurs musicales par excellence. L&rsquo;Autriche, et plus particuli\u00e8rement Vienne, n&rsquo;a pas fait amende honorable avec ce concert. Il n&rsquo;y en a pas. Mais la d\u00e9claration qui a \u00e9t\u00e9 faite est claire et \u00e9tait plus que n\u00e9cessaire. S&rsquo;occuper de l&rsquo;h\u00e9ritage des compositeurs et compositrices expuls\u00e9s est une n\u00e9cessit\u00e9 absolue. Le travail du centre Exilarte de mdw devrait \u00eatre beaucoup plus connu du public. Une prise de conscience plus large de ce chapitre peu glorieux dans le cadre de l&rsquo;histoire de la musique peut au moins contribuer \u00e0 ce que le travail des exil\u00e9s ne soit pas expos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;oubli. Nous, qui avons la chance d&rsquo;\u00eatre des enfants de la post\u00e9rit\u00e9, pouvons soit participer activement \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement, soit &#8211; et cela ne doit pas \u00eatre sous-estim\u00e9 &#8211; prendre d&rsquo;assaut des concerts comme celui-ci et remplir les salles jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re place. Nous manifestons ainsi notre int\u00e9r\u00eat et donnons \u00e0 la musique ce qui la maintient en vie et lui revient de droit : notre attention sans partage.<\/p>\n<div id=\"attachment_49555\" style=\"width: 1090px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-49555\" class=\"wp-image-49553 size-medium\" src=\"https:\/\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Gruber-Hausknecht-Pohl-Rabl-c-Ronald-Pohl-1080x624. jpg\" alt=\"de gauche \u00e0 droite professeur Gerold Gruber, Anna Litvinenko, Ronald S. Pohl, Gottfried Rabl\" width=\"1080\" height=\"624\" title=\"\"><p id=\"caption-attachment-49555\" class=\"wp-caption-text\">de gauche \u00e0 droite professeur Gerold Gruber, Josipa Bainac Hausknecht, Ronald S. Pohl, Gottfried Rabl (photo : Ronald Pohl)<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les histoires les plus incroyables, c&rsquo;est la vie qui les \u00e9crit. Cette phrase, souvent entendue ou lue, s&rsquo;applique tout particuli\u00e8rement \u00e0 un concert sp\u00e9cial. <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":49515,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3925,3720],"tags":[],"class_list":["post-49582","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-2021-fr","category-konzert"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Exilarte-Buerger-Still-3-c-Benjamin-Pieber-Herzog-Media.jpg?fit=1280%2C720&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NpeJ-cTI","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49582","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=49582"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49582\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/49515"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=49582"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=49582"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=49582"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}