{"id":45685,"date":"2022-06-23T09:47:23","date_gmt":"2022-06-23T07:47:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.european-cultural-news.com\/dans-une-decharge-on-peut-trouver-toutes-sortes-de-choses\/45685\/"},"modified":"2022-06-23T09:47:23","modified_gmt":"2022-06-23T07:47:23","slug":"dans-une-decharge-on-peut-trouver-toutes-sortes-de-choses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/dans-une-decharge-on-peut-trouver-toutes-sortes-de-choses\/45685\/","title":{"rendered":"Dans une d\u00e9charge, on peut trouver toutes sortes de choses"},"content":{"rendered":"<p>Si vous vous \u00eates d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 qui \u00e9tait le narrateur qui, dans les romans policiers de Wolf Haas, regarde en permanence par-dessus l&rsquo;\u00e9paule de l&rsquo;antih\u00e9ros Brenner, nous vous recommandons vivement une lecture de l&rsquo;auteur lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>\u00c0 Graz, le lieu de la lecture a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 \u00e0 court terme des casemates du Schlossberg \u00e0 l&rsquo;Orpheum. En raison de travaux de maintenance, le lieu de repr\u00e9sentation sur le Schlossberg n&rsquo;\u00e9tait que difficilement accessible par le train \u00e0 cr\u00e9maill\u00e8re. Malgr\u00e9 le week-end prolong\u00e9 qui s&rsquo;ach\u00e8ve et la chaleur qui vient de s&rsquo;installer, la salle de l&rsquo;Orpheum n&rsquo;\u00e9tait pas mal remplie. Si les lectures ont normalement lieu dans des librairies, quelqu&rsquo;un comme Wolf Haas remplit effectivement de grandes salles. D&rsquo;une part, il a une communaut\u00e9 de lecteurs fid\u00e8les, d&rsquo;autre part, beaucoup le connaissent gr\u00e2ce aux adaptations cin\u00e9matographiques de certains de ses livres. Josef Hader y joue le r\u00f4le du commissaire Brenner, qui prend bient\u00f4t sa retraite de la police et doit ensuite r\u00e9soudre plus d&rsquo;une affaire de son propre chef.<\/p>\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;une part ce personnage particulier qui fascine le public. Cet homme bougon, solitaire et en m\u00eame temps attachant, se retrouve tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement impliqu\u00e9 dans des affaires criminelles, contre son gr\u00e9 et sans le vouloir.<\/p>\n<p>Comme la majorit\u00e9 du public, il est confront\u00e9 \u00e0 des d\u00e9sagr\u00e9ments quotidiens qu&rsquo;il tente d&rsquo;\u00e9viter de mani\u00e8re tr\u00e8s peu conventionnelle. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, c&rsquo;est aussi le langage l\u00e9ger qui interpelle beaucoup de monde. Malgr\u00e9 cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, des probl\u00e8mes mondiaux profonds sont abord\u00e9s en passant, comme s&rsquo;ils \u00e9taient marginaux. Ce m\u00e9lange particulier garantit un grand plaisir de lecture.<\/p>\n<p>Tous ces facteurs sont \u00e9galement pr\u00e9sents dans son nouveau roman \u00ab\u00a0M\u00fcll\u00a0\u00bb, dont Haas a fait la lecture \u00e0 Graz. Il n&rsquo;a pas seulement pr\u00eat\u00e9 sa voix au narrateur, mais on a eu l&rsquo;impression que celui-ci \u00e9tait une sorte d&rsquo;alter ego de Wolf Haas. Avec un paradoxe toutefois : si on lui donnait vie, cet alter ego n&rsquo;aurait pas grand-chose en commun avec l&rsquo;\u00e9crivain lui-m\u00eame. En effet, Haas laisse sur sc\u00e8ne l&rsquo;impression d&rsquo;un homme calme, r\u00e9fl\u00e9chi et intellectuel, dot\u00e9 d&rsquo;une grande capacit\u00e9 d&rsquo;expression linguistique. Son narrateur, en revanche, s&rsquo;exprime \u00e0 l&rsquo;aide de phrases toutes faites r\u00e9p\u00e9t\u00e9es x fois, telles que \u00ab\u00a0Tu n&rsquo;y crois pas\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Ne pose pas de question\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Tu ne dois pas oublier une chose\u00a0\u00bb, et aime faire des commentaires dans des phrases sans verbe. Dans \u00ab\u00a0M\u00fcll\u00a0\u00bb, cet argot s&rsquo;adapte comme une seconde peau aux personnages qui y apparaissent : Ce sont les \u00ab\u00a0Mistler\u00a0\u00bb d&rsquo;une d\u00e9charge viennoise, qui trouvent un corps d\u00e9membr\u00e9 dans leurs bacs \u00e0 ordures. Si Simon Brenner se trouve parmi eux, ce n&rsquo;est pas sans raison. Il y travaille lui-m\u00eame et consid\u00e8re son travail comme le meilleur qu&rsquo;il ait jamais eu. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;Udo ou de Monsieur Nowak, du jeune stagiaire ou de Brenner lui-m\u00eame, Haas r\u00e9ussit de magnifiques \u00e9tudes de caract\u00e8res d&rsquo;hommes qui, en tant qu&#8217;employ\u00e9s non licenciables de la ville de Vienne, connaissent certes beaucoup de chefs sur eux. Pourtant, dans leur environnement de travail, ils sont les fiers ma\u00eetres de qui peut ou non d\u00e9poser gratuitement du fumier chez eux. Ils surveillent avec des yeux d&rsquo;Argus le d\u00e9p\u00f4t correct dans les bacs pr\u00e9vus \u00e0 cet effet et le fait qu&rsquo;un petit pourboire entra\u00eene g\u00e9n\u00e9ralement une serviabilit\u00e9 particuli\u00e8re &#8211; qui ne conna\u00eet pas ce proc\u00e9d\u00e9 en Autriche ? <\/p>\n<p>Brenner habite dans un appartement chic, sur les toits de la ville &#8211; mais seulement en tant que \u00ab\u00a0grabataire\u00a0\u00bb. En tant que tel, il utilise des appartements vides pour y passer la nuit, avec le noble objectif de ne pas laisser de traces. <\/p>\n<p>Le grand art de Wolf Haas est d&rsquo;associer des th\u00e8mes sociaux importants \u00e0 une histoire polici\u00e8re dans une langue qui, bien qu&rsquo;\u00e9labor\u00e9e, est aussi l\u00e9g\u00e8re que s&rsquo;il avait \u00e9crit chaque phrase dans des auberges pleines de bi\u00e8re ou lors de f\u00eates sous la tente. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du probl\u00e8me des d\u00e9chets ou de la mafia des organes, du stress des relations ou des formes de vie bourgeoises, il n&rsquo;y a apparemment rien que Haas ne puisse traiter \u00e0 la fois avec profondeur et humour. Parall\u00e8lement, l&rsquo;histoire tragique d&rsquo;un homme dont les morceaux de corps ont atterri dans une d\u00e9charge est servie en bouch\u00e9es faciles \u00e0 dig\u00e9rer. <\/p>\n<p>En surplus, Haas a offert au public de sa lecture une histoire tr\u00e8s amusante sur les difficult\u00e9s de traduction de ses textes en japonais. Dans le cas de \u00ab\u00a0M\u00fcll\u00a0\u00bb, les t\u00eates des traducteurs commenceront \u00e0 fumer au plus tard \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 le mot \u00ab\u00a0Spuckerl\u00a0\u00bb d\u00e9signe un petit chariot de nettoyage que Brenner met en service &#8211; clairement sans autorisation. La sc\u00e8ne dans laquelle il cire involontairement les chaussures de centaines de passants \u00e0 Vienne en raison d&rsquo;une d\u00e9faillance du syst\u00e8me d&rsquo;arrosage du v\u00e9hicule, qui ne peut pas \u00eatre arr\u00eat\u00e9, n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;une des plus humoristiques du livre. Elle montre \u00e9galement l&rsquo;habilet\u00e9 litt\u00e9raire de Haas, qui parvient \u00e0 faire d\u00e9filer une sc\u00e8ne de film compl\u00e8te dans l&rsquo;esprit de ses lecteurs en quelques phrases.<\/p>\n<p>Conclusion : les lectures de Wolf Haas valent la peine. La lecture de ses livres de toute fa\u00e7on.<\/p>\n<p>Ce texte a \u00e9t\u00e9 traduit automatiquement avec deepl.com.<br \/>\n&#038;nbsp ;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les lectures ne donnent pas seulement un aper\u00e7u d&rsquo;un nouveau livre. Avec un peu de chance, on en apprend aussi un peu plus sur la personnalit\u00e9 de l&rsquo;auteur. Wolf Haas a ouvert \u00e0 son public de l&rsquo;Orpheum de Graz une petite fen\u00eatre sur un \u00e9v\u00e9nement peu ordinaire concernant un \u00e9crivain.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":45629,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3925,3984],"tags":[],"class_list":["post-45685","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-2021-fr","category-litterature"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/2048px-Wolf_Haas_Frankfurter_Buchmesse_2018.jpg?fit=2048%2C1480&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NpeJ-bSR","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45685","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45685"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45685\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/45629"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45685"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45685"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45685"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}