{"id":24688,"date":"2017-05-21T09:41:29","date_gmt":"2017-05-21T07:41:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.european-cultural-news.com\/?p=24688"},"modified":"2017-05-24T17:47:52","modified_gmt":"2017-05-24T15:47:52","slug":"lemi-ponfasio-st-poelten-standing-in-time","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/lemi-ponfasio-st-poelten-standing-in-time\/24688\/","title":{"rendered":"Le cycle \u00e9ternel de la vie"},"content":{"rendered":"<p>Est-ce de la danse, du th\u00e9\u00e2tre ou est-ce une performance ?<br \/>\n\u00ab Je ne fais pas de th\u00e9\u00e2tre et je ne suis pas non plus chor\u00e9graphe \u00bb explique Lemi Ponifasio \u00e0 chaque fois qu\u2019on lui pose la question. Et il ajoute, qu\u2019il aimerait amener bien plus de \u00ab c\u00e9r\u00e9monies \u00bb \u00e0 la sc\u00e8ne. Des c\u00e9r\u00e9monies sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es chaque fois que la soci\u00e9t\u00e9 subit un bouleversement, qu\u2019intervient un \u00e9v\u00e9nement : une naissance, le passage de l\u2019enfance vers la vie d\u2019adulte ou alors un d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>Les civilisations anciennes dans lesquelles l\u2019industrialisation s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e plus tardivement qu\u2019en Europe, sont rest\u00e9es plus attach\u00e9es aux traditions ancestrales et aux rites que ne l\u2019est le monde occidental. Aujourd\u2019hui elles essaient, du moins certaines d\u2019entre elles, de maintenir ces rites et ces coutumes ou bien de les faire revivre.<\/p>\n<div id=\"attachment_17089\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Lemi-Ponifasio_portr3E93A4_Copyright-MAU.jpeg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-17089\" class=\"size-medium wp-image-17089\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Lemi-Ponifasio_portr3E93A4_Copyright-MAU-640x427.jpeg?resize=640%2C427&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"427\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Lemi-Ponifasio_portr3E93A4_Copyright-MAU.jpeg?resize=640%2C427&amp;ssl=1 640w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Lemi-Ponifasio_portr3E93A4_Copyright-MAU.jpeg?resize=250%2C167&amp;ssl=1 250w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Lemi-Ponifasio_portr3E93A4_Copyright-MAU.jpeg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Lemi-Ponifasio_portr3E93A4_Copyright-MAU.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-17089\" class=\"wp-caption-text\">Lemi Ponifasio (c) MAU<\/p><\/div>\n<p>Lemi Ponifasio est n\u00e9 \u00e0 Samoa. A Auckland il a grandi, est all\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole et y habite depuis plusieurs dizaines d\u2019ann\u00e9es. Il est conscient de la force qui se d\u00e9gage des c\u00e9r\u00e9monies. Mais il est tout aussi conscient du pouvoir et de la force \u00e9vocatrice des images sur une sc\u00e8ne. De ce fait, il faut relativiser quand il affirme que ses cr\u00e9ations ne s\u2019apparentent ni au th\u00e9\u00e2tre ni \u00e0 la danse.<\/p>\n<p>En effet, ce \u00e0 quoi le public a assist\u00e9 le 20 mai au Festspielhaus de ST. P\u00f6lten fut un m\u00e9lange de tout ce qui est \u00e9voqu\u00e9 plus haut : en bref, la mise en sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale de \u00ab Standing in Time \u00bb, c\u00e9r\u00e9monie exclusivement interpr\u00e9t\u00e9e par des femmes.<\/p>\n<h3>On reconnait les travaux de Ponifasio au premier coup d\u2019\u0153il<\/h3>\n<p>L\u2019esth\u00e9tisme des \u0153uvres de Ponifasio est unique. Son \u0153il et sa perception sont ceux d\u2019un sculpteur : son \u00e9clairage clair-obscur tr\u00e8s contrast\u00e9 permet non seulement de faire apparaitre comme par enchantement les acteurs des endroits les plus sombres de la sc\u00e8ne, mais aussi de faire croire que le corps nu d\u2019une de ses actrices \u00e9tait comme taill\u00e9 dans la pierre, d\u2019une grande plasticit\u00e9, pas vraiment de ce monde.<\/p>\n<p>Une autre caract\u00e9ristiques de son travail est sa gestion du temps : Les \u00e9v\u00e9nements sur la sc\u00e8ne se d\u00e9composent en mouvements tr\u00e8s lents. On est hors du temps, tout semble appartenir \u00e0 un espace temps diff\u00e9rent. La lenteur gestuelle des actrices concentre la puissance de ce qu\u2019elles expriment, tel une loupe. Quand par exemple elles prennent une \u00e0 une les pierres sur un monticule pour les aligner et couper la sc\u00e8ne en deux, elles le font si sereinement et lentement que le spectateur a beaucoup de temps pour se laisser aller \u00e0 leur propre r\u00e9flexion. On pouvait deviner que ces pierres symbolisaient quelque chose de tr\u00e8s pr\u00e9cieux, des enfants peut-\u00eatre. Impeccablement align\u00e9es, elles marquent une fronti\u00e8re stricte. On verra plus tard que les deux approches ne s\u2019excluent pas. Mais il faut un peu de temps pour en prendre conscience.<\/p>\n<p>Pour certaines personnes, ce ralenti est un v\u00e9ritable d\u00e9fi. D\u2019autres s\u2019en accommodent plus facilement. La complexit\u00e9 que v\u00e9hicule cette mise en sc\u00e8ne en une heure et demie, malgr\u00e9 sa lenteur, est fascinante.<\/p>\n<p>La distribution est exclusivement indig\u00e8ne, le message en revanche est universel et ais\u00e9ment compr\u00e9hensible, si on peut percevoir la succession fluide des diff\u00e9rentes sc\u00e8nes avec ouverture d\u2019esprit et sensibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019injustice. L\u2019injustice que font subir les hommes aux femmes. L\u2019une d\u2019elles est exclue de la soci\u00e9t\u00e9 et condamn\u00e9e \u00e0 mort, parce qu\u2019elle a eu le courage de protester ouvertement, non seulement contre son propre calvaire, mais aussi contre celui des autres. Peut-\u00eatre a-t-elle vraiment commis quelque m\u00e9fait\u2026\u2026 Le champ d\u2019interpr\u00e9tation lors de cette sc\u00e8ne o\u00f9 les pierres que les femmes tiennent au dessus de leurs t\u00eates causent leur perte, est tr\u00e8s grand. Dans les mouvements des femmes, on sent la violence. Une violence dont elles se d\u00e9barrassent finalement toutes sauf une.<\/p>\n<div id=\"attachment_17087\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Standing-In-Time-by-Lemi-Ponifasio-Photo-MAU-06.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-17087\" class=\"size-medium wp-image-17087\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Standing-In-Time-by-Lemi-Ponifasio-Photo-MAU-06-640x427.jpg?resize=640%2C427&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"427\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Standing-In-Time-by-Lemi-Ponifasio-Photo-MAU-06.jpg?resize=640%2C427&amp;ssl=1 640w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Standing-In-Time-by-Lemi-Ponifasio-Photo-MAU-06.jpg?resize=250%2C167&amp;ssl=1 250w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Standing-In-Time-by-Lemi-Ponifasio-Photo-MAU-06.jpg?resize=768%2C513&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Standing-In-Time-by-Lemi-Ponifasio-Photo-MAU-06.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-17087\" class=\"wp-caption-text\">Standing in Time von Lemi Ponifasio (c) MAU<\/p><\/div>\n<h3>La premi\u00e8re d\u00e9esse et l\u2019ange<\/h3>\n<p>Deux silhouettes sur la sc\u00e8ne se distinguent du groupe de femmes Maori sveltes et v\u00eatues de noir. L\u2019une habill\u00e9e en blanc incarne un \u00eatre qui fascine et accompagne Ponifasio depuis des ann\u00e9es. Il le nomme \u00ab angel of history \u00bb. C\u2019est cet \u00eatre qui chez Paul Klee (Angelus novus) d\u00e9ambule dans toutes les temporalit\u00e9s et a vu toutes les atrocit\u00e9s commises dans le pass\u00e9. Mais chez Ponifasio, c\u2019est aussi un porteur d\u2019espoir. On a d\u00e9j\u00e0 vu ce personnage mythique dans \u00ab <a href=\"https:\/\/www.european-cultural-news.com\/tempest-without-a-body\/18047\/?lang=fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Tempest \u2013 without a body<\/a> \u00bb : Silencieux et doux, debout au bord de la sc\u00e8ne, il accompagne la victime pendant le jugement, sa mise \u00e0 mort et au del\u00e0. Il danse aussi un Haka, une danse martiale, traditionnellement dans\u00e9e par les hommes Maori.<\/p>\n<p>Les yeux grands ouverts, un mince b\u00e2ton en aluminium \u00e0 la main, cet ange de l\u2019horreur s\u2019accompagne de sa voix forte, stridente. On y d\u00e9c\u00e8le col\u00e8re, d\u00e9fense et menace. Des attitudes qui sont per\u00e7ues par les femmes comme une protection, bien qu\u2019annonciateur en m\u00eame temps des malheurs \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Ponifasio d\u00e9finit le deuxi\u00e8me personnage \u00ab extraordinaire \u00bb au sens propre du terme, comme la m\u00e8re originelle. La premi\u00e8re d\u00e9esse, qui, selon les mythes polyn\u00e9siens, s\u2019est retir\u00e9e dans le monde d\u2019en bas pour y prendre soin des morts. Ce personnage \u00e9tait sur la sc\u00e8ne depuis le d\u00e9but de la pi\u00e8ce. Elisa Avandano Curaqueo, une repr\u00e9sentante de la tribu sud-am\u00e9ricaine des Mapuche, incarne ce personnage. Ses chants indiens plaintifs ne sont que deuil et m\u00e9lancolie.<\/p>\n<h3>Ceux qui sentent, comprennent<\/h3>\n<p>Elle chante dans sa propre langue. Tout comme les femmes Maori. Une langue que le public \u00e0 St. P\u00f6lten ne comprend pas. \u00ab Peu importe que l\u2019on comprenne ou pas \u00bb dit Lemi Ponifasio \u00ab ce qui est important, en revanche, c\u2019est de s\u2019abandonner \u00e0 la situation, de la ressentir et d\u2019avoir conscience qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un moment exceptionnel, ici et maintenant. \u00bb<\/p>\n<p>Un son sourd et continu enveloppe la pi\u00e8ce du d\u00e9but \u00e0 la fin. Pour reprendre les termes de l\u2019histoire de la musique, on pourrait dire qu\u2019une sorte de \u00ab basse g\u00e9n\u00e9rale \u00bb constitue une \u00e9toffe auditive pour tout ce qui se passe sur la sc\u00e8ne. Des bruits infimes, \u00e0 peine perceptibles y sont ajout\u00e9s de temps \u00e0 autre. A un endroit, des voix d\u2019abord \u00e0 peine audibles se transforment en une esp\u00e8ce de collectif sonore, puissant, domin\u00e9 par les hommes. A cet instant on comprend qu\u2019une jeune femme est inculp\u00e9e d\u2019un crime par une soci\u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par l\u2019homme qui sanctionne ce crime par la peine capitale.<br \/>\nPendant un court instant, elle agit elle m\u00eame en tant que Justizia. Son bras gauche devant ses yeux, elle baisse doucement son bras droit tendu au bout duquel balance une boule blanche. En m\u00eame temps, elle tire sur sa robe : Debout sur un cube noir, pos\u00e9 en biais, elle se retrouve nue, sans protection aucune, livr\u00e9e aux regards du public, soumise aux hurlements des hommes fous de rage.<\/p>\n<div id=\"attachment_17085\" style=\"width: 436px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017_05_20__Standing-In-Time_01-c-MAU.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-17085\" class=\"size-medium wp-image-17085\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017_05_20__Standing-In-Time_01-c-MAU-426x640.jpg?resize=426%2C640&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"426\" height=\"640\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017_05_20__Standing-In-Time_01-c-MAU.jpg?resize=426%2C640&amp;ssl=1 426w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017_05_20__Standing-In-Time_01-c-MAU.jpg?resize=167%2C250&amp;ssl=1 167w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017_05_20__Standing-In-Time_01-c-MAU.jpg?w=533&amp;ssl=1 533w\" sizes=\"(max-width: 426px) 100vw, 426px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-17085\" class=\"wp-caption-text\">Standing in Time von Lemi Ponifasio (c) MAU<\/p><\/div>\n<p>Sa mort, symbolis\u00e9e par le tas de cendres \u00e0 cot\u00e9 de ses pieds, pendant qu\u2019elle reste fig\u00e9e sur le bloc monolithique et le rite de l\u2019enterrement qui suit vous donnent la chair de poule. Sans l\u2019ange lumineux pr\u00e9sent au bord de la sc\u00e8ne, toute la salle ne serait emplie que d\u2019horreur et de chagrin.<br \/>\n\u00ab We have to bury our deads properly \u00bb &#8211; ce pr\u00e9cepte Maori est appliqu\u00e9 sur la d\u00e9pouille de la femme. Le public est t\u00e9moin de l\u2019immense tendresse avec laquelle le corps de la d\u00e9funte est lav\u00e9e et d\u00e9plac\u00e9e. Un ch\u0153ur merveilleux cl\u00f4t cette sc\u00e8ne. Ce sont les femmes qui entonnent ce premier chant polyphonique. Contrairement aux litanies monocordes qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, ce chant donne \u00e0 chacune d\u2019elle sa propre voix. L\u2019ange pousse le catafalque jusqu\u2019au bord de la sc\u00e8ne. A partir du cou, la jeune morte est couverte d\u2019un linceul en lin blanc. Avec cette vision on fait l\u2019ultime exp\u00e9rience de la condition humaine. Une exp\u00e9rience \u00e0 laquelle seulement la religion peut apporter un peu de consolation. La mani\u00e8re g\u00e9niale dont cette consolation est apport\u00e9e au public, coupe litt\u00e9ralement le souffle : Surprenant, sans faire de bruit et quelque part choquant. L\u2019ange tire sur le linceul pour couvrir le visage de la jeune femme, tout en d\u00e9couvrant ses pieds et ses jambes. Tout d\u2019un coup, tr\u00e8s doucement, ses pieds commencent \u00e0 bouger, elle ram\u00e8ne ses genoux en arri\u00e8re. Avec une lenteur extr\u00eame, la jeune femme commence \u00e0 ouvrir ses cuisses et offre son sexe au regard du public. \u00ab L\u2019origine du monde \u00bb est le titre de l\u2019\u0153uvre de Gustave Courbet. Cette \u0153uvre date de 1866 et repr\u00e9sente exactement cette vision. Elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e pendant des dizaines d\u2019ann\u00e9es et n\u2019a fait son entr\u00e9e dans l\u2019histoire de l\u2019art que tardivement. L\u2019origine du monde, c\u2019est ici qu\u2019elle se trouve, dans le sexe des femmes qui donnent naissance \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. Sans cesse, toujours et encore, une g\u00e9n\u00e9ration apr\u00e8s l\u2019autre.<\/p>\n<div id=\"attachment_17133\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Applaus-c-Lena-Berger.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-17133\" class=\"size-medium wp-image-17133\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Applaus-c-Lena-Berger-640x427.jpg?resize=640%2C427&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"427\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Applaus-c-Lena-Berger.jpg?resize=640%2C427&amp;ssl=1 640w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Applaus-c-Lena-Berger.jpg?resize=250%2C167&amp;ssl=1 250w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Applaus-c-Lena-Berger.jpg?resize=768%2C513&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Applaus-c-Lena-Berger.jpg?resize=1800%2C1202&amp;ssl=1 1800w, https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/Applaus-c-Lena-Berger.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-17133\" class=\"wp-caption-text\">Standing in Time (c) Lena Berger<\/p><\/div>\n<h3>L\u2019espoir dans la mort<\/h3>\n<p>Dans la culture des Maori, la vie et la mort ne sont pas s\u00e9par\u00e9es. Le monde des vivants et l\u2019au del\u00e0 ne font qu\u2019un, puisqu\u2019on continue \u00e0 s\u2019occuper des morts. C\u2019est au public d\u2019interpr\u00e9ter cette derni\u00e8re image, l\u2019image la plus forte. Si on peut y voir la vie apr\u00e8s la mort ou le cycle \u00e9ternel, la question reste pos\u00e9e. Quel que soit le regard que l\u2019on porte sur \u00ab Standing in Time \u00bb :<br \/>\nQuelle que soit la sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre dans le monde, la vie et la mort, la justice et l\u2019injustice ou alors l\u2019\u00e9ternel recommencement du cycle de la vie, ont rarement \u00e9t\u00e9 montr\u00e9s de mani\u00e8re plus discr\u00e8te et en m\u00eame temps plus perturbante et charg\u00e9e d\u2019\u00e9motions que ce soir-l\u00e0. C\u2019est une c\u00e9r\u00e9monie sur les planches d\u2019un th\u00e9\u00e2tre qui transmet sa force au public, si le public est ouvert \u00e0 ce transfert d\u2019\u00e9nergie. Cette force se nourrit d\u2019une vision profond\u00e9ment humaine du monde. Un monde qui conna\u00eet des combats autour du droit et de la justice, mais qui honore ses morts, qui leur t\u00e9moigne du respect.<br \/>\nUne pi\u00e8ce perturbante, charg\u00e9e d\u2019\u00e9motions qui ne laisse personne indiff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Cette pi\u00e8ce sera pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre du festival d\u2019Avignon.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec sa troupe MAU Wahine, Lemi Ponifasio a pr\u00e9sent\u00e9 \u00ab Standing in Time \u00bb. Au Festspielhaus de St. P\u00f6lten, la premi\u00e8re mondiale charg\u00e9e d\u2019\u00e9motions  a fait voler en \u00e9clats toutes les limites th\u00e9\u00e2trales.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":17090,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3417],"tags":[],"class_list":["post-24688","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classifiee"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017_05_20_Standing-In-Time_02-c-MAU.jpg?fit=1800%2C1200&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NpeJ-6qc","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24688","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24688"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24688\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17090"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24688"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24688"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24688"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}