{"id":23087,"date":"2010-01-17T23:10:09","date_gmt":"2010-01-17T22:10:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.european-cultural-news.com\/?p=23087"},"modified":"2017-05-21T23:29:45","modified_gmt":"2017-05-21T21:29:45","slug":"qui-a-encore-besoin-de-drogues-giselle-comme-projet-de-methadone-a-lopera-de-strasbourg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/qui-a-encore-besoin-de-drogues-giselle-comme-projet-de-methadone-a-lopera-de-strasbourg\/23087\/","title":{"rendered":"Qui a encore besoin de drogues ? Giselle comme \u00ab projet de M\u00e9thadone \u00bb \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Strasbourg"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_1700\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/giselle_stephanie-madec_-miao-zong-ballet_du_rhin.jpg?ssl=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1700\" class=\"size-medium wp-image-1700\" title=\"giselle_stephanie-madec_-miao-zong-ballet_du_rhin\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/giselle_stephanie-madec_-miao-zong-ballet_du_rhin.jpg?resize=300%2C199&#038;ssl=1\" alt=\"Giselle (Foto: Jl Tanghe)\" width=\"300\" height=\"199\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1700\" class=\"wp-caption-text\">Giselle (Foto: Jl Tanghe)<\/p><\/div>\n<p>Pour tous ceux qui aiment s\u2019\u00e9vader dans un monde parall\u00e8le mais qui malgr\u00e9 tout &#8211; et heureusement &#8211; ne touchent pas \u00e0 la drogue, voil\u00e0 une ordonnance \u00ab\u00a0sp\u00e9ciale\u00a0\u00bb\u00a0: Une soir\u00e9e avec Giselle \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra du Rhin \u00e0 Strasbourg.<\/p>\n<p>Les uns pourraient s\u2019\u00e9crier\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0C\u2019est du r\u00e9chauff\u00e9!\u00a0\u00bb ou alors \u00ab\u00a0Qui a encore envie de voir \u00e7a\u00a0\u00bb? Inutile de vouloir faire changer d\u2019avis aux \u00e9ternels m\u00e9contents. De toute fa\u00e7on, toutes les repr\u00e9sentations de Giselle se jouent \u00e0 guichets ferm\u00e9s \u2013 sans exception! Et c\u2019est plus que justifi\u00e9\u00a0: Ce que l\u2019on propose lors de ces soir\u00e9es ce n\u2019est pas seulement un ballet classique de top niveau mais il s\u2019agit aussi d\u2019une interpr\u00e9tation musicale sans \u00e9gal.<\/p>\n<p>Un personnage d\u2019exception dont on devrait retenir le nom dirige dans ce cas pr\u00e9cis la musique d\u2019Adolphe Adam\u00a0: C\u2019est une jeune femme, la fran\u00e7aise Ariane Matiakh qui est au pupitre. Une femme de c\u0153ur et chaleureuse qui de plus poss\u00e8de une oreille particuli\u00e8rement sensible aux finesses de cette musique. Mais on pourrait \u00e9ventuellement relativiser sa performance si on prenait en consid\u00e9ration le fait que ce sont des membres de l\u2019OPS, de l\u2019Orchestre Philharmonique de Strasbourg, qui jouent sous sa direction. Et tous ceux, qui ont d\u00e9j\u00e0 assist\u00e9 aux concerts de cette formation savent, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un orchestre qui n\u2019a rien \u00e0 envier aux meilleurs du monde. Mais quand m\u00eame\u00a0: les musiciennes et musiciens agissent sous la direction de \u00ab\u00a0cette\u00a0\u00bb chef d\u2019orchestre comme si elle agitait une tendre baguette\u2026..magique\u00a0!<br \/>\nAucun crescendo sans enfler en constante progression, pas de pianissimo qui ne soit comparable \u00e0 un souffle, pas de mancando qui ne se perd comme un foulard en soie qui glisse au sol dans un mouvement a\u00e9rien. J\u2019avoue que mes paroles sont tr\u00e8s fleuries\u00a0! Mais comment r\u00e9ussir autrement \u00e0 faire ressentir aux lecteurs, ne serait-ce que approximativement la qualit\u00e9 de cette repr\u00e9sentation musicale\u00a0?<\/p>\n<p>Les danseuses et danseurs sur la sc\u00e8ne ont propos\u00e9 une prestation dans les r\u00e8gles de l\u2019art du ballet classique\u00a0: Des arabesques, des jet\u00e9s, des entrechats. Tous les registres, toutes les positions, tous les mouvements du r\u00e9pertoire du ballet classique \u00e9taient montr\u00e9s ce soir-l\u00e0.<\/p>\n<div id=\"attachment_1701\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/giselle-photo-jl-tanghe-03lf2512537102241.jpg?ssl=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1701\" class=\"size-medium wp-image-1701\" title=\"giselle-photo-jl-tanghe-03lf251253710224\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/giselle-photo-jl-tanghe-03lf2512537102241-300x150.jpg?resize=300%2C150&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-1701\" class=\"wp-caption-text\">Giselle (Foto: Jl Tanghe)<\/p><\/div>\n<p>Maina Gielgud a rajout\u00e9 \u00e0 cette \u0153uvre qu\u2019elle a cr\u00e9\u00e9e en 2003 en collaboration avec l\u2019ensemble strasbourgeois encore d\u2019autres formes d\u2019expression, plus subtiles. Comme par exemple l\u2019apparition des Wilis\u00a0: Quand les esprits f\u00e9minin traversent la sc\u00e8ne en formation de blocs, comme s\u2019ils appartenaient effectivement \u00e0 un autre monde, la sensibilit\u00e9 de l\u2019intervention contemporaine de la chor\u00e9graphe, qui s\u2019appuie sur les chor\u00e9graphies de Jules Perrot, de Jean Coralli et de Marius Petipa (tous des figures du 19e si\u00e8cle), est parfaitement visible. Le conte raconte l\u2019histoire d\u2019une jeune fille de la campagne qui tombe amoureuse d\u2019un noble pour finalement mourir de cet amour. Son esprit reviendra de l\u2019autre monde pour errer avec d\u2019autres malheureuses d\u00e9c\u00e9d\u00e9es avant le mariage pour effrayer les vivants. Ce sujet n\u2019\u00e9meut habituellement que les petites ballerines. Le fait que pendant la repr\u00e9sentation \u00e0 Strasbourg m\u00eame le public d\u2019\u00e2ge un peu plus mur \u00ab\u00a0ne l\u00e2che pas la barre\u00a0\u00bb pendant une heure et demie prouve que m\u00eame au-del\u00e0 de l\u2019\u00e2ge tendre la fascination autour de ce sujet est rest\u00e9e intacte. Ce qui rend la chose possible, c\u2019est l\u2019approche de Maine Gielgud. Elle fait en sorte que l\u2019interpr\u00e9tation de cette histoire qui parle d\u2019amour, de la mort, du pardon et du don de soi-m\u00eame par chaque danseuse et chaque danseur soit tellement intense que les \u00e9motions qu\u2019ils font na\u00eetre deviennent les \u00e9l\u00e9ments qui portent la repr\u00e9sentation au m\u00eame titre que la danse.<\/p>\n<p>Sybile Obr\u00e9, la Giselle du 16 janvier dansait comme une toute jeune fille avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 incroyable. La dramaturgie lui dicte une attitude protectrice vis-\u00e0-vis de son amoureux qui serait perdu sans elle. Elle s\u2019est acquitt\u00e9e de cette t\u00e2che de fa\u00e7on extr\u00eamement touchante.<br \/>\nQuand elle traversait la sc\u00e8ne sur la pointe d\u2019une jambe ce que l\u2019on appelle en langage de ballet un \u00ab\u00a0temps lev\u00e9 sur pointe\u00a0\u00bb c\u2019\u00e9tait aussi fascinant que le fabuleux \u00ab\u00a0pas de deux\u00a0\u00bb qu\u2019elle dansait avec Alexandre Van Hoorde qui incarnait son Albrecht ador\u00e9. D\u2019une grande pr\u00e9sence sur la sc\u00e8ne, il dansait depuis le d\u00e9but avec une \u00e9nergie d\u00e9bordante et ma\u00eetrisait ses nombreux entrechats (sauts debout avec de nombreux croisements de jambes) de son grand solo sans effort apparent. Mais ce que cela signifie en r\u00e9alit\u00e9, seulement ceux qui ont fait de la danse classique peuvent le savoir, ou alors, pour avoir une vague id\u00e9e, il suffit d\u2019essayer de sauter en l\u2019air trois fois de suite tout en essayant de croiser les jambes plusieurs fois en m\u00eame temps. Les applaudissements spontan\u00e9s du public pendant sa prestation ont montr\u00e9 que le public de Strasbourg est fin connaisseur et sait appr\u00e9cier de tels exploits \u00e0 leur juste valeur. Ce qui para\u00eet tr\u00e8s d\u00e9contract\u00e9 est en v\u00e9rit\u00e9 la tr\u00e8s grande \u00e9cole de la danse classique. Sandy Delasalle, comme Myrtha, la reine des Wilis dansait au tout d\u00e9but un passage sur les pointes \u00e9poustouflant qui paraissait ne pas vouloir prendre fin. La ma\u00eetrise de son corps est en accord parfait avec son apparence. Elle est \u00e9lanc\u00e9e et pleine de gr\u00e2ce, faite pour ce r\u00f4le. Mais aussi les autres r\u00f4les ont \u00e9t\u00e9 id\u00e9alement distribu\u00e9s ce soir-l\u00e0. Le public \u00e9tait emport\u00e9 dans un r\u00eave de danse qui \u00e9tait gr\u00e2ce aux d\u00e9cors et aux costumes de Jean-Marc Puissant d\u2019une harmonie totale.<\/p>\n<p>Je recommande \u00e0 chaque visiteuse et \u00e0 chaque visiteur de l\u2019Op\u00e9ra du Rhin d\u2019acheter le programme. On y trouve de nombreux renseignements pr\u00e9cieux, compl\u00e9mentaires \u00e0 la repr\u00e9sentation. Comme une tr\u00e8s bonne contribution concernant l\u2019historique des diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations autour du monde par exemple ou alors de la litt\u00e9rature autour de cette \u0153uvre ainsi que des r\u00e9f\u00e9rences aux diff\u00e9rents m\u00e9dias. L\u2019Op\u00e9ra de Rhin tient \u00e0 parfaire le savoir de son public au-del\u00e0 des repr\u00e9sentations sur place.<\/p>\n<p>Une sorte d\u2019introduction \u00e9tait la chor\u00e9graphie \u00ab\u00a0papillons\u00a0\u00bb de Bertrand d\u2019At. Il est le chef du ballet de l\u2019Op\u00e9ra \u00e0 Strasbourg et a cr\u00e9\u00e9 cette pi\u00e8ce \u00e0 la demande du ballet de Shanghai. Superbement accompagn\u00e9 au piano par Inga Kazantseva qui a remplac\u00e9 Maxime Georges, malade, au pied lev\u00e9, D`At a montr\u00e9 une ronde autour du sentiment amoureux. Mais aussi l\u2019incompr\u00e9hension de l\u2019art par la classe moyenne contemporaine et leur incompatibilit\u00e9 \u00e9taient exprim\u00e9es d\u2019apr\u00e8s la musique pour piano de Schumann, Schubert et Mendelssohn-Bartholdy. Autant les danseuses et danseurs dans leurs costumes et vestes l\u00e9g\u00e8res de toutes les couleurs s\u2019amusaient, s\u2019adonnaient \u00e0 la musique et \u00e9taient plein de vie, autant les hommes et femmes en tailleurs et costumes noires et strictes s\u2019ennuyaient et s\u2019int\u00e9ressaient \u00e0 rien.<br \/>\nEncore une fois, Elle Sandy Delasalle comme \u00ab\u00a0Diva\u00a0\u00bb d\u00e9chir\u00e9e entre les deux mondes se distinguait. Tout autant que son partenaire, Miao Zong, qui n\u2019a jamais r\u00e9ussi, m\u00eame en transgressant les fronti\u00e8res des deux mondes de conqu\u00e9rir le c\u0153ur de son \u00e9lue pour de bon.<br \/>\nUne id\u00e9e int\u00e9ressante qui est sans dout\u00e9 n\u00e9e d\u2019un sentiment personnel de la vie d\u2019artiste qui est bien \u00e0 part.<\/p>\n<p>D\u2019autres repr\u00e9sentations sont pr\u00e9vues \u00e0 Colmar et \u00e0 Mulhouse.<\/p>\n<p>Texte traduit de l\u2019Allemand par Andrea Isker<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour tous ceux qui aiment s\u2019\u00e9vader dans un monde parall\u00e8le mais qui malgr\u00e9 tout &#8211; et heureusement &#8211; ne touchent pas \u00e0 la drogue, voil\u00e0 une ordonnance \u00ab sp\u00e9ciale \u00bb : Une soir\u00e9e avec Giselle \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra du Rhin \u00e0 Strasbourg.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":24445,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3417],"tags":[],"class_list":["post-23087","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classifiee"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/european-cultural-news.com\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/giselle_stephanie-madec_-miao-zong-ballet_du_rhin-1.jpg?fit=705%2C469&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NpeJ-60n","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23087","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23087"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23087\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24445"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23087"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23087"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/european-cultural-news.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23087"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}